<p>1 Pierre 4.7 : <em>“[…] soyez […] sobres afin de vous livrer à la prière.”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202ae7b07d64d200b-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Priorités” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202ae7b07d64d200b img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202ae7b07d64d200b-600wi” style=”width: 600px;” title=”Priorités” /></a></p>
<p>Pourquoi prions-nous si peu, quand nous prions encore ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>C’est la question que je posais dans mon dernier billet.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Oui, pourquoi ?</p>
<p>Pierre proposait une première réponse : parce que nous manquons de sagesse.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Il en suggère maintenant une seconde : parce que <strong>nous ne sommes pas assez sobres</strong>.</p>
<p>Après nous avoir conviés à bien ordonner notre vie de manière que nous respections les priorités que Dieu nous indique en attendant <em>“la fin de toutes choses”,</em> Pierre souhaite nous inviter à “<strong>désencombrer</strong>” <strong>nos</strong> <strong>journées</strong> de sorte que nous puissions consacrer à notre relation avec Dieu le temps qu’elle réclame pour porter tout son fruit.</p>
<p>Il va donc un peu plus loin, laissant clairement entendre cette fois que si nous ne prions pas suffisamment, ce n’est pas seulement parce que nous sommes “trop” occupés, c’est aussi parce que nous sommes pour la plupart “<strong>inutilement</strong>” <strong>surchargés</strong>.</p>
<p>Et l’apôtre ici de mettre le doigt sur un problème bien concret que, plus encore que ses premiers lecteurs, nous connaissons aujourd’hui : celui d’<strong>un emploi du temps encombré d’occupations vaines</strong>.</p>
<p>Quand je pense qu’il est des “retraités” qui n’ont pas le temps de prier !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Mais loin de moi l’intention de leur jeter la pierre : nous avons tous plus ou moins laissé s’introduire dans notre vie <strong>des activités</strong> “<strong>parasites</strong>” qui “mangent” indûment nos journées, au point que nous n’avons <strong>plus de temps pour réjouir le cœur de Dieu et nous faire du bien</strong>, nous restaurer au sens le plus fort du terme en nous présentant simplement devant lui afin de goûter tranquillement et dans la reconnaissance aux joies de sa compagnie.</p>
<p>L’appel, ici, est donc à <strong>une vie plus simple</strong>, plus dépouillée que celle que nous vivons.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Une fois encore, soyons honnêtes : tout ce qui fait nos jours et entrave notre vie de prière est-il bien utile ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Bienfaisant ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Édifiant ?</p>
<p>La société de consommation dans laquelle nous vivons rend difficile le choix d’une vie sobre.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Tout y est conçu pour nous persuader que le bonheur est dans le “plus”, jamais dans le “moins”.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et parce que nous aussi nous laissons leurrer, nous accumulons les gadgets, dont nous usons jusqu’à nous laisser parfois asservir par eux.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Qui osera prétendre qu’aucun outil —à commencer par le téléphone, la télévision ou l’ordinateur—, aucun loisir —sport, lecture, cinéma, voyage…— ne l’a jamais “distrait” de l’essentiel, savoir… la conversation avec Dieu ?</p>
<p>L’invitation de l’apôtre, on le voit, est à <strong>une certaine forme d’ascèse</strong>, de dépouillement.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>De sacrifice, donc.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Non pour ôter ses couleurs à notre vie —ce que certains penseront peut-être—, mais pour l’éclairer, au contraire, l’enrichir, l’embellir.</p>
<p><strong>L’</strong>“<strong>ivresse</strong>”, dans la Bible, représente ce qui fait oublier jusqu’aux réalités les plus profondes ; <strong>ce qui</strong> “<strong>distrait</strong>” —nous y revenons— <strong>de l’essentiel, savoir Dieu</strong>, sa personne et ses commandements, et sa communion, dans l’espérance de son apparition en Jésus-Christ au moment, tout proche désormais, de la “fin”* .</p>
<p>Saurons-nous répondre à cette autre invitation du Seigneur ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et <strong>nous défaire énergiquement d’assez d’œuvres parasites</strong> pour rendre à notre vie la “simplicité” qui n’aurait jamais dû cesser de la caractériser ?</p>
<hr />
<p>*  <span style=”font-size: 8pt;”>Voir Paul Beauchamp, “Ivresse”, et Marcel Didier, “Veiller”, <em>Vocabulaire de Théologie Biblique </em>(Éditions du Cerf : Paris, 1970), 580-581 et 1321-1324.</span></p>
Catégorie : Méditation
-
Assez sobres pour prier
-
Assez sages pour prier
<p>1 Pierre 4.7 : <em>“Soyez donc sages […] afin de vous livrer à la prière.”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202a308e45d0d200c-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Agenda prière” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202a308e45d0d200c img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202a308e45d0d200c-600wi” style=”width: 600px;” title=”Agenda prière” /></a></p>
<p>Pourquoi prions-nous si peu, quand nous prions encore ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>C’est la question que je posais récemment à un groupe de chrétiens bien sous tous rapports, sauf peut-être celui, précisément, de la prière.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Réponse : “<strong>Manque de temps</strong>”.</p>
<p>Nous aimerions bien fréquenter plus régulièrement le Seigneur, mais <strong>où trouver le temps</strong> ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Avec la maison —les enfants à habiller, le repas à mettre sur le feu, la vaisselle à faire, le repassage qui attend, le ménage qui n’avance pas et les amis qui ne vont pas tarder ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Avec le travail —ce train à ne pas manquer, cette dissertation à terminer, ce rendez-vous à préparer, ce dossier à boucler, cette livraison à faire, ce courrier à rédiger ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Avec la détente —c’est qu’il ne faut pas jouer avec elle si l’on veut vivre longtemps !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Ces vacances qui approchent et qui restent à préparer, cette partie de <em>Scrabble</em> que l’on a imprudemment promise à Belle-Maman, ce roman pas-sion-nant que l’on aimerait terminer avant la fin de l’année !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et je ne vous ne parle pas de la saison 5 de cette magnifique série, meilleure encore, paraît-il, que toutes les précédentes ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>…<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Paul, dites-moi —Paul, dis-moi : <strong>où trouver le temps </strong>?</p>
<p>L’expérience montre que le temps, on ne le trouve jamais “comme ça”, par hasard.<span class=”Apple-converted-space”>  </span><strong>Le temps ne se trouve pas, il se prend </strong>!<span class=”Apple-converted-space”>  </span>On l’arrache !</p>
<p>Ainsi, ne vivront jamais dans la présence de Dieu, en communion avec lui, que ceux parmi nous qui feront montre d’assez de sagesse pour “<strong>ordonner</strong>”, “<strong>planifier</strong>” leur vie de manière qu’ils aient toujours du temps de qualité pour le Seigneur.</p>
<p>Luther disait paraît-il que plus il avait à faire et plus il consacrait de temps à la prière.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Bien avant lui, les apôtres, pour ne pas passer moins de temps dans la présence du Seigneur et négliger le service de sa Parole, avaient délégué à d’autres certaines de leurs responsabilités*.</p>
<p><strong>Se peut-il que nous ayons un jour cette sagesse </strong>?</p>
<p>Une sagesse <strong>dont le modèle nous est offert par Christ lui-même</strong>, que les évangélistes font apparaître comme non seulement respectueux des “temps de prière rituels”, mais aussi prêt à repousser les limites de ses journées, pourtant bien longues déjà, pour “soigner” sa propre relation avec son Dieu et Père.</p>
<p>Deux exemples.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Marc 1, d’abord, verset 35 :<em> “Vers le matin, alors qu’il faisait encore très sombre, il [Jésus] se leva et sortit pour aller dans un lieu désert où il pria” </em>; Marc 6, ensuite, verset 46 : après avoir congédié la foule, Jésus, rapporte l’évangéliste, <em>“s’en alla sur la montagne pour prier”.<span class=”Apple-converted-space”>  </span></em>La nuit tomba, et, tandis que les disciples étaient en mer, ramant à contre-courant, il priait toujours…<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Preuves que pour lui, <strong>le dialogue avec son Père avait trop de prix</strong> pour qu’il ne taillât pas dans un emploi du temps surchargé déjà, avant l’aube ou bien après le crépuscule, une longue “tranche de vie avec lui”.</p>
<p>Saurons-nous, nous, faire montre d’assez de raison pour accorder un tel prix à notre communion avec Dieu ?</p>
<p><em>“Si l’un de vous manque de sagesse, </em>rappelle Jacques**, <em>qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans faire de reproche, et elle lui sera donnée.”</em></p>
<p>L’offre est là, à notre portée.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Ne la négligeons pas !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Saisissons-la, au contraire, et réorganisons nos journées.<span class=”Apple-converted-space”>  </span><strong>Notre Père a beaucoup à nous dire</strong> ; <strong>et il aime à nous entendre</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span><strong>Réservons-lui donc de beaux moments</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Croyez-moi : nous ne le regretterons pas !</p>
<hr />
<p>*  <span style=”font-size: 8pt;”>Voir Actes 6.4.  </span>   **  <span style=”font-size: 8pt;”>Voir Jacques 1.5-6a.</span></p> -
Un héritage qui fait rêver
<p>Ézéchiel 44.28a : <em>“Ils auront un héritage : c’est moi qui serai leur héritage.”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202acc60fad14200b-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Héritage” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202acc60fad14200b img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202acc60fad14200b-600wi” style=”width: 600px;” title=”Héritage” /></a></p>
<p>Je sais, c’est grotesque !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Mais il me faut avouer que j’ai longtemps caressé l’espoir d’apprendre un jour qu’un parent lointain récemment décédé m’avait légué une part suffisante de sa fortune pour que je puisse assurer la sécurité matérielle de ceux que j’aime !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Inutile de vous dire que ce rêve d’héritage ne s’est jamais matérialisé…</p>
<p>Et pourquoi Dieu, dans sa providence, l’aurait-il réalisé ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Lui qui m’a déjà assuré le plus bel héritage qui soit ?</p>
<p>Nous ne sommes probablement pas très nombreux à lire et relire le livre d’Ézéchiel juste pour le plaisir !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Il contient pourtant quelques pages de grand prix.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Comme le chapitre 44 par exemple.</p>
<p>C’est l’histoire, racontée par Dieu lui-même à l’intention de son peuple, de deux communautés de prêtres.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>D’un côté les “faux”, de l’autre les “vrais”, descendants de Tsadok.</p>
<p>Les “faux” ont versé dans l’idolâtrie, introduit dans le temple des <em>“incirconcis de cœur et de corps”</em>, négligé leur ministère et, <em>last but not least</em>, fini par sous-traiter leur charge à des étrangers. Eux seront punis.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Sévèrement.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Leur peine ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Leur privilège leur sera ôté : de prêtres qu’ils étaient, ils deviendront de simples lampistes dans le temple.</p>
<p>Les “vrais” ont persévéré dans le service du temple.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Eux seront honorés.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Infiniment.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Leur récompense ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span><strong>Ils pourront s’approcher au plus près de Dieu</strong>.</p>
<p><strong>À condition toutefois d’accepter la discipline qui leur sera imposée</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Une discipline stricte, qui concerne aussi bien le vêtement, que l’apparence, la boisson, le mariage, les fêtes ou le deuil.</p>
<p>Contraignant ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>À l’évidence.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Mais pour quelle contrepartie !<span class=”Apple-converted-space”> </span><em> “Ils auront,</em> déclare l’Éternel, <em>un héritage”</em>.<em><span class=”Apple-converted-space”>  </span></em>Quel héritage ?<em><span class=”Apple-converted-space”> </span></em> <em>“Moi” </em>!</p>
<p>Ainsi, à ceux qui ne refuseront pas de se soumettre à sa loi, Dieu promet <strong>l’héritage le plus précieux qui se puisse concevoir </strong>:<strong> lui-même</strong>.</p>
<p>Les temps ont changé depuis Ézéchiel.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Les prêtres, aujourd’hui, sont tous ceux qui ont rendu à Dieu <em>“un culte raisonnable”</em> en s’offrant joyeusement à lui comme <em>“un sacrifice vivant” </em>*.<span class=”Apple-converted-space”> </span>Vous et moi, donc, si nous nous reconnaissons parmi ceux qui lui sont définitivement attachés et le servent fidèlement.</p>
<p>Partant, notre vie est soumise à des règles qu’il nous arrive de trouver rudes.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et qui finissent parfois par nous assombrir.</p>
<p>Rappelons-nous alors <strong>la récompense qui nous attend </strong>!<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Le fabuleux héritage qui nous a été promis !<span class=”Apple-converted-space”>  </span><strong>Dieu lui-même </strong>!<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Sa faveur, son amitié, son amour incomparables… à déguster pleinement et sans fin !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Comment un tel destin pourrait-il ne pas consoler notre âme, un tel avenir réchauffer notre cœur, un tel horizon éclairer notre visage ?</p>
<p>C’est Paul qui écrit** : <em>“J’estime que les souffrances du moment présent ne sont pas dignes d’être comparées à la gloire qui va être révélée pour nous.”</em><span class=”Apple-converted-space”>  </span>Car, rappelle-t-il, nous sommes <em>“<strong>héritiers de Dieu</strong>”</em>.</p>
<p>Alors… tant pis si aucune bonne nouvelle ne me vient d’Amérique !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Parce que Dieu tient en réserve pour moi le plus beau des trésors, je suis, aujourd’hui déjà, le plus heureux des hommes.</p>
<hr />
<p>* <span style=”font-size: 8pt;”>Voir Romains 12.1.</span>     ** <span style=”font-size: 8pt;”>Voir Romains 8.18, 17b.   </span></p> -
S’inquiéter de l’autre
<p>Genèse 40.7b : <em>“Pourquoi avez-vous mauvaise mine aujourd’hui ?”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202ae6fb2486d200c-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Sollicitude” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202ae6fb2486d200c img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202ae6fb2486d200c-600wi” style=”width: 600px;” title=”Sollicitude” /></a></p>
<p>Sortie de culte.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Serrements de main, saints baisers.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Une paroissienne s’approche ; je l’interroge :<span class=”Apple-converted-space”>  </span>“<strong>Comment allez-vous ?</strong>”<span class=”Apple-converted-space”>  “</span>Et vous ?” me répond-elle.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Souriant, j’insiste : “Comment allez-vous ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Vous ne m’avez pas répondu.”<span class=”Apple-converted-space”>  “</span>C’est vrai, me dit-elle alors.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et je vais vous dire pourquoi : parce que ça ne sert à rien !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Les gens vous posent cette question pour la forme, parce qu’ils sont polis, mais dans le fond, ils n’en ont rien à faire de notre vie.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et ils n’ont qu’une peur : qu’en leur répondant, vous ajoutiez vos problèmes aux leurs…”</p>
<p>Au moment où nous retrouvons <strong>Joseph</strong>, le moins qu’on puisse dire est qu’il est dans une situation délicate.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Les soucis, il connaît !</p>
<p>Victime innocente d’une dame de la haute dont il a eu l’audace de refuser les avances, il est <strong>en prison</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Grâce à Dieu, c’est vrai, il jouit d’un traitement de faveur.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Reste qu’il croupit dans ce triste lieu depuis un certain temps déjà sans qu’aucun espoir de libération ne lui soit offert.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et les geôles de l’époque, fussent-elles royales, n’étaient pas réputées pour leur confort !</p>
<p>Joseph, on le voit, a <strong>des raisons d’être préoccupé</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Trahi et vendu comme esclave par ses propres frères, il a, à force d’excellence, réussi à gagner la confiance de son maître au point d’être établi responsable de sa maison et de tous ses biens.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>L’histoire édifiante d’un retournement de situation étonnant.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et puis, tout a basculé.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Parce qu’il s’est voulu intègre jusqu’au bout.</p>
<p>Si mal récompensé de s’être montré inaccessible à la tentation, Joseph pourrait s’apitoyer sur lui-même, broyer du noir et se replier sur lui-même ; on le comprendrait.</p>
<p>Il <strong>s’inquiète des autres</strong>, au contraire.</p>
<p>De ses deux compagnons de cellule en particulier, respectivement échanson et boulanger du roi, tombés en disgrâce et condamnés eux aussi pour une durée indéfinie.</p>
<p><em>“Pourquoi avez-vous mauvaise mine aujourd’hui ?”</em> leur demande-t-il un matin.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Admirable sollicitude que celle-ci ! <span class=”Apple-converted-space”>  </span>Celle d’<strong>un homme qui, bien que surchargé lui-même de soucis, s’enquiert délicatement de l’état de ses deux frères d’infortune</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et prend ainsi le risque d’avoir à ajouter bientôt d’autres fardeaux aux siens.</p>
<p>Mais <strong>n’est-ce pas cela aussi</strong> “<strong>aimer notre prochain comme nous-mêmes</strong>” ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Nous offrir en temps utile pour porter, en plus de nos propres charges, les siennes ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Celles aux moins dont il se sera ouvert en réponse à une marque discrète d’intérêt réel et sincère.</p>
<p><em>“Portez les fardeaux les uns des autres</em>, écrit Paul*, <em>et accomplissez ainsi la loi de Christ”</em>, lui qui nous livre <strong>l’exemple parfait et définitif de la sollicitude selon Dieu</strong> lorsque, s’adressant à ses disciples, il déclare avec douceur** : <em>“Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et courbés sous un fardeau, et je vous donnerai du repos”</em>.</p>
<p>Je ne doute pas qu’il en est parmi nous qui ont leur lot de soucis.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Ma prière est que la charge qu’ils portent ne les empêche pas de s’inquiéter encore et toujours de la “mine” des autres.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Surtout si, comme celle des deux colocataires de Joseph, elle est mauvaise !</p>
<p>“<strong>Comment allez-vous ?</strong>” : une marque de sollicitude d’autant plus belle qu’elle émane d’un cœur prêt à tout entendre, tout recevoir.</p>
<p>Et qui mérite à coup sûr une réponse pudique, peut-être, mais sincère…</p>
<hr />
<p>*<span style=”font-size: 8pt;”>  Voir Galates 6.2.    </span> **<span style=”font-size: 8pt;”>  Voir Matthieu 11.28.</span></p> -
“Si tu gardes le silence…”
<p>Esther 4.14a : <em>“[…] si tu gardes le silence maintenant, le secours et la délivrance surgiront d’autre part […].”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202a308e07a47200c-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Esther” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202a308e07a47200c img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202a308e07a47200c-600wi” style=”width: 600px;” title=”Esther” /></a></p>
<p>Esther !<span class=”Apple-converted-space”>  </span><em>“Son allure, </em>nous dit-on*,<em> était splendide et sa beauté remarquable</em>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Difficile de ne pas tomber sous le charme d’une jeune fille aussi éblouissante !</p>
<p>Pourtant, à Mardochée, son cousin, qui la prie de se rendre chez le roi pour plaider la cause du peuple juif menacé d’extermination par un édit abject, Esther oppose un refus courtois, mais net.</p>
<p>Disons à sa décharge que ses craintes ne sont pas sans fondement.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Le fait qu’Assuérus ne l’a pas appelée depuis trente jours peut être le signe qu’elle a perdu la faveur du souverain.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Dans ce contexte, on comprend qu’elle considère comme trop risqué de pénétrer chez lui sans y avoir été dûment invitée.</p>
<p>Un argument que refuse Mardochée.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>D’abord, parce que si Esther se dérobe, elle et ses proches finiront eux aussi par être massacrés.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Ensuite, parce qu’il est tout proche de croire que si la providence a fait d’Esther une reine, c’est afin, précisément, qu’au moment opportun, elle puisse intercéder efficacement en faveur de son peuple.</p>
<p>Cela dit, Mardochée n’exclut pas que sa cousine manque à sa vocation.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Dans ce cas, malheureux à ses yeux, il en est persuadé, <em>“<strong>le secours et la délivrance surgiront d’autre part</strong>”</em>.</p>
<p>C’est sur cette déclaration de foi que j’aimerais que nous nous arrêtions maintenant.</p>
<p>Mardochée ne mentionne pas le nom de Dieu, mais de qui d’autre que lui, l’Éternel, attendrait-il ce secours et cette délivrance ?</p>
<p>Pour moi, aucun doute : <strong>Mardochée croit en la providence divine</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>C’est elle qui a placé Esther à la cour d’Assuérus pour obtenir de lui la grâce des Juifs de Médo-Perse, et c’est encore elle qui, si Esther manquait à son appel, sauverait son peuple.</p>
<p>Une bien belle assurance, que je suis profondément reconnaissant de partager avec lui !</p>
<p>Si nous sommes là où nous sommes et vivons ce que nous vivons aujourd’hui, ce n’est pas au hasard que nous le devons, mais à la providence divine.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et <strong>la volonté de Dieu est que, dans le contexte qui nous a été assigné, nous répondions à l’appel reçu </strong>: <strong>rendre compte de notre foi</strong>, avec l’espoir qu’en recevant notre témoignage beaucoup l’embrassent à leur tour et passent ainsi, comme nous jadis, de la mort à la vie, la vraie.</p>
<p>Je songe alors à ceux avec qui nous avons été et à qui nous n’avons rien donné…<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Par timidité, crainte, paresse, lassitude, négligence…<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Se peut-il qu’ils soient <strong>perdus à cause de nous ?</strong></p>
<p><strong>Non</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Parce qu’avec Mardochée, nous sommes convaincus que si nous avons gardé le silence, <strong>le secours et la délivrance surgiront d’autre part</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Nos manquements ne sauraient limiter la providence.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Tous ceux que Dieu a connus et aimés d’avance seront appelés en leur temps, et justifiés et glorifiés.<span class=”Apple-converted-space”>  </span><strong>Aucun ne manquera à l’appel</strong> !</p>
<p>Seulement, nous aurons failli à notre devoir.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et ce faisant, nous serons passés à côté d’un immense bonheur : celui d’avoir obéi à notre vocation.<span class=”Apple-converted-space”>  </span><strong>Dieu aura secouru et délivré, mais sans nous</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et peut-être même malgré nous.<span class=”Apple-converted-space”> </span></p>
<p>Mes amis, comme Esther, nous sommes aujourd’hui à l’endroit précis où la providence nous voulait pour que nous contribuions à notre manière au progrès de l’Évangile et au salut du plus grand nombre.<span class=”Apple-converted-space”>  </span><strong>Ne faillissons pas à notre mission </strong>!<span class=”Apple-converted-space”>  </span><strong>N’obligeons pas Dieu à se passer de nous</strong> !<span class=”Apple-converted-space”>  </span><strong>Soyons, ici et maintenant, une lumière pour les nations </strong>!</p>
<hr />
<p>*  <span style=”font-size: 8pt;”>Voir Esther 2.7 (NFC).</span></p> -
Au son de la harpe
<p>Psaume 43.3 : <em>“Envoie ta lumière et ta vérité !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Qu’elles me guident et me conduisent à ta montagne sainte et à ta demeure !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>J’irai vers l’autel de Dieu, vers Dieu, ma joie et mon allégresse, et je te célébrerai sur ma harpe, ô Dieu, mon Dieu !”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202a30d4b5fd9200b-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Harpe ” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202a30d4b5fd9200b img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202a30d4b5fd9200b-600wi” style=”width: 600px;” title=”Harpe ” /></a></p>
<p>Se peut-il que l’épouse de ma jeunesse ait raison de s’exercer à la harpe ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Que c’est l’instrument dont nous disposerons sous peu, dans “la maison de notre Père”, pour célébrer notre hôte ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Je ne sais pas.</p>
<p>Mais ce que je sais est que le psalmiste, lui, l’imagine.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et, surtout, qu’il lui tarde d’exercer son talent dans la demeure éternelle de son Dieu.</p>
<p>Son désir le plus vif est de rejoindre bientôt la terre promise ; et plus encore, à l’évidence, celui qui la remplit depuis toujours de sa gloire étincelante.</p>
<p>Pourquoi cette aspiration, aussi profonde qu’irrépressible ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Pour une raison simple : parce que <strong>Dieu est sa joie et son allégresse</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et qu’il brûle d’être admis enfin en sa présence pour lui offrir le témoignage de son <strong>admiration</strong> sans bornes en même temps que de sa <strong>reconnaissance</strong> éperdue.</p>
<p>Ah ! qu’il serait beau que nous partagions tous cette <strong>soif de Dieu</strong> !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Au point qu’il nous arriverait, de temps en temps au moins, de soupirer après le jour de notre rencontre avec lui, face à face !</p>
<p>Mais sans doute faudrait-il pour cela qu’il ait déjà commencé d’être pour nous aussi la <strong>source toujours plus abondante de notre joie</strong> et la <strong>raison toujours plus évidente de notre allégresse</strong>…</p>
<p>Nul doute qu’il nous plairait alors de penser que le jour est proche où, introduits dans son intimité, nous pourrons <strong>le célébrer comme il le mérite</strong>, chantant à tue-tête —et juste !— sur une harpe enfin domptée.</p>
<p>Cela dit, il est possible que le chemin qui conduit à son autel et donc à lui-même soit encore long.</p>
<p>Et c’est parce que le psalmiste en est conscient qu’il prie <em>“Envoie ta lumière et ta vérité !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Qu’elles me guident et me conduisent à ta montagne sainte et à ta demeure !”</em></p>
<p>Admirable pétition, qui nous rappelle fort utilement <strong>notre besoin de son secours</strong> pour, au terme de notre pèlerinage, entrer dans ses parvis.</p>
<p>Un secours que le poète ramène à deux mots : “lumière” et “vérité”.</p>
<p>“<strong>Lumière</strong>” d’abord.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Lumière, parce qu’il ne nous est pas toujours aisé de discerner le chemin que Dieu a en vue pour nous.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Mais lumière, surtout, parce que la nuit dans laquelle nous avançons aurait tôt fait de nous accabler si l’éblouissante clarté de la <strong>grâce surabondante</strong> de Dieu ne la trouait pas régulièrement.</p>
<p>“<strong>Vérité</strong>” ensuite.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Ou “<strong>fidélité</strong> ”.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Car telle est à coup sûr l’autre ressource dont, voyageurs que nous sommes, en route vers la patrie céleste, nous ne pouvons nous passer : le rappel, jamais inutile, de cette <strong>fidélité absolue</strong> d’un Dieu qui s’est personnellement engagé à pallier toutes nos carences, tous nos manquements, toutes nos défaillances, et qui n’est jamais revenu sur une promesse.</p>
<p>Avec le psalmiste, prions donc “Fais resplendir sur nous la lumière réconfortante de ta grâce et redis-nous ta détermination sans faille à nous conduire jusqu’à toi.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Car nous voulons pouvoir t’offrir bientôt l’expression de notre gratitude infinie pour tout ce que tu es et fais depuis toujours.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Au son de la harpe, peut-être, ou de tout autre instrument que tu auras agréé…”</p> -
Éloge de la sensibilité
<p>Philippiens 2.26 : <em>“Il désirait vous revoir tous et se tourmentait parce que vous aviez appris sa maladie.”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202a308dc100f200c-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Sensibilité” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202a308dc100f200c img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202a308dc100f200c-600wi” style=”width: 600px;” title=”Sensibilité” /></a></p>
<p>Mais de qui donc est-il question ici ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>D’un homme dont on ne parle pas souvent, cependant qu’il fut l’un des plus précieux collaborateurs de l’apôtre Paul : <strong>Épaphrodite</strong>.</p>
<p>Épaphrodite, un nom si beau –il signifie “aimable”, “charmant”– qu’on se demande pourquoi nos parents ne l’attribuent plus à leurs bambins !</p>
<p>Épaphrodite, le nom d’un évangéliste dont l’une des plus grandes qualités était à l’évidence la <strong>sensibilité</strong>.<span class=”Apple-converted-space”> </span></p>
<p>Ah ! la sensibilité !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Un handicap parfois, un atout le plus souvent.</p>
<p> </p>
<p><strong>Un handicap</strong></p>
<p>Plus fidèle, plus zélé, plus généreux dans le service du Seigneur qu’Épaphrodite, tu meurs !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>L’homme, pourtant, n’est pas sans faille.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Éloigné des siens, il a <strong>le mal du pays</strong>.</p>
<p>Comme quoi l’on peut être un immense serviteur et, parce que l’on est de nature particulièrement sensible, connaître des moments de spleen douloureux.</p>
<p>Question : faut-il s’en vouloir alors ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Pas sûr.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Considérons un instant la réaction de Paul.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Reproche-t-il à son Épaphrodite son vague à l’âme ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Non.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Du tout.</p>
<p>Que fait-il ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Gentiment, doucement, il le renvoie chez lui.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Il aurait aimé le garder près de lui, mais l’affection qu’il a pour lui lui dicte –il parle d’un sacrifice “nécessaire”*– de libérer son ami.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Il s’empresse donc de le renvoyer**  et conclut avec cette recommandation*** : <em>“Accueillez-le dans le Seigneur avec une joie sans réserve et ayez de l’estime pour de tels hommes”</em>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>C’est dire la générosité de l’apôtre !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Mais <strong>n’est-ce pas cela aussi, aimer : sentir, comprendre, ressentir et… couvrir ?</strong></p>
<p> </p>
<p><strong>Un atout</strong></p>
<p><em>“Il désirait vous revoir et se tourmentait,</em> écrit Paul,<em> parce que vous aviez appris sa maladie”</em>.</p>
<p>La raison de son tracas ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Les Philippiens doivent se faire du souci à cause de lui !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>La nouvelle de sa maladie doit les perturber, les chagriner, les affliger !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Or, s’il est une chose qu’il ne voulait pas, c’était bien celle-ci : que son Église s’inquiétât au sujet de sa santé !</p>
<p>D’autres, à sa place, auraient, dès les premiers symptômes, alerté tous leurs proches et cherché auprès d’eux sympathie, réconfort, et soutien.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Pas lui,<span class=”Apple-converted-space”> </span>qui <strong>ne supporte pas l’idée d’être un poids</strong> pour les Philippiens.</p>
<p>On comprend mieux alors sa hâte : il faut qu’il gagne au plus vite la Macédoine pour <strong>rassurer ses amis</strong> en leur annonçant l’heureuse nouvelle : “Dieu a eu pitié de moi : j’étais tout près de mourir, mais maintenant, je vais bien !”</p>
<p>Pour moi, je ne puis qu’admirer Épaphrodite, dont l’<strong>étonnante délicatesse</strong> procède nécessairement d’une<strong> sensibilité aux autres proprement surnaturelle</strong>.</p>
<p>Et je prie le Seigneur de nous donner de <strong>nous distinguer à notre tour par nos scrupules à peser sur les autres</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et notre empressement à les décharger sitôt qu’une délivrance nous a été accordée.</p>
<hr />
<p>*<span style=”font-size: 8pt;”>  Philippiens 3.25.    </span> **<span style=”font-size: 8pt;”>  Philippiens 3.28.    </span> ***<span style=”font-size: 8pt;”>  Philippiens 3.29.</span></p> -
La parabole de l’érable
<p>Psaume 1.1a, 2-3a : <em>“Heureux l’homme […] qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel et la médite jour et nuit !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Il ressemble à un arbre planté près d’un cours d’eau : il donne son fruit en sa saison, et son feuillage ne se flétrit pas.”</em></p>
<p><em> <a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202a308db3979200c-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Érable” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202a308db3979200c img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202a308db3979200c-600wi” style=”width: 600px;” title=”Érable” /></a><br /></em></p>
<p>C’est triste un arbre dont les feuilles se flétrissent au cœur de l’été !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Surtout quand il est jeune !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et que c’est un érable !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et qu’il est à vous !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et qu’il vous a coûté cher !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et que vous l’avez planté vous-même !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et que vous n’avez cessé depuis de le choyer !</p>
<p>Désespéré, vous finissez par craquer et décidez de faire appel à votre pépiniériste préféré, résolu que vous êtes à lui faire sentir votre amertume.</p>
<p>Et là, surprise !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Vous attendiez un minimum de sympathie, et c’est une leçon que vous recevez !<span class=”Apple-converted-space”>  “</span>Le problème, monsieur, c’est vous !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Oui, vous !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Votre arbre se porterait très bien si vous ne l’aviez pas tant arrosé.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Il aurait été contraint alors d’aller chercher lui-même, dans les profondeurs du sol, l’eau dont il a besoin.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Il se serait donc pressé d'enfoncer ses racines, et son feuillage, aujourd’hui, serait resplendissant.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Mais… vous avez fait de lui un <strong>paresseux</strong> comptant sur vous et vos apports pour faire face aux coups de chaud.”</p>
<p>Nous voilà donc avertis : c’est en plongeant toujours plus profondément ses racines dans la terre que l’arbre se met tout seul à l’abri des fortes chaleurs.</p>
<p>Et ce qui vaut pour l’arbre vaut à coup sûr pour nous, chrétiens.</p>
<p><strong>Comment nous préparer au mieux aux saisons difficiles qui jalonnent toute vie </strong>?</p>
<p><strong>En trouvant notre plaisir dans la Parole de Dieu</strong>, répond le psalmiste.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et en la méditant “jour et nuit”.</p>
<p>Nous sommes encore trop nombreux à compter sur les autres, pasteur, frère, sœur, ami, que sais-je ? pour nous apporter le secours dont nous avons besoin pour continuer de donner notre fruit et garder notre feuillage intact dans les temps d’épreuve que nous connaissons.</p>
<p>Comprenons une bonne fois qu’<strong>il n’est pas de meilleure manière de nous préparer aux intempéries de la vie que celle qui consiste à nous nourrir nous-mêmes du message divin</strong>.</p>
<p>C’est vrai : nous ne trouverons pas tous, d’emblée, le même plaisir que le psalmiste dans ce “régime” exigeant.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Cependant, je ne doute pas que, si nous nous astreignons –au sens fort– à lire, sonder, méditer et prier l’Écriture sainte, nous commencerons bientôt d’en savourer l’extraordinaire beauté en même temps que l’éclatante vérité.</p>
<p>Et que cette saine discipline ne manquera pas de nous transformer au point de nous rendre <strong>méconnaissables</strong>.</p>
<p>Parce que nos racines auront enfin pénétré largement la glèbe et poussé jusqu’aux eaux qui donnent et entretiennent la vie, <strong>notre fruit sera abondant</strong> et <strong>notre feuillage à l’abri de toute flétrissure</strong>.</p>
<p>Nous serons devenus des <strong>adultes</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Des adultes <strong>résistants</strong>.</p>
<p>Et qui sait si nous ne servirons pas alors à notre tour d’exemples pour nos amis qui, faute d’avoir pris le temps de s’enraciner eux-mêmes dans la Parole divine, éprouvent toujours les pires difficultés à continuer de prospérer sans assistance dans l’adversité ?</p> -
Comme une biche
<p>Psaume 42.2 : <em>“Comme une biche soupire après des cours d’eau, ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu !”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202a2eed11367200d-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Biche” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202a2eed11367200d img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202a2eed11367200d-600wi” style=”width: 600px;” title=”Biche” /></a></p>
<p>Ces vers du psalmiste font partie de ceux que nous chantions souvent dans ma jeunesse.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>L’image qui me venait alors à l’esprit, immanquablement, était celle d’une tapisserie naïve qu’une amie de mes parents avait accrochée au mur de son salon et qui représentait, sur fond de bois luxuriant, un cerf et sa biche se désaltérant paisiblement dans le courant d’une eau pure.</p>
<p>Rapprochement malheureux s’il en est !</p>
<p>Car <strong>la biche de notre psaume est tout sauf apaisée</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span><strong>Elle</strong> “<strong>soupire</strong>”.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et le verbe utilisé ici suggère une forme d’angoisse chez elle.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>La sécheresse a sévi ; les oueds sont taris ; trouver un point d’eau est donc devenu pour elle <strong>une question de vie ou de mort</strong>.</p>
<p>Mais au fait, <strong>que représente ici la biche assoiffée</strong> ?</p>
<p><strong>David</strong> lui-même, bien sûr.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Qui souffre de se trouver loin de Sion et de celui qui y réside, l’Éternel, la source de sa vie.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Il se souvient avec nostalgie du temps où il marchait vers la maison de Dieu à la tête d’une foule en fête, comme porté par ses cris de joie et de reconnaissance.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Il n’entend plus aujourd’hui que ses ennemis se moquer : <em>“Où est ton Dieu ?”</em></p>
<p>C’est donc ce David, abattu, gémissant, qui exprime ici sa <strong>soif intense de Dieu</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Son besoin vital de retrouver le bonheur de sa compagnie.</p>
<p>Et nous ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Nous arrive-t-il de connaître pareil manque ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et d’en souffrir jusqu’à en être abattus ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Ou nous sommes-nous peu à peu accoutumés aux périodes de sécheresse spirituelle que nous connaissons ?</p>
<p>Il n’est hélas ! pas rare que nous nous “coupions” de Dieu.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Brutalement, à la suite, par exemple, d’une déception, ou insensiblement, par simple négligence.</p>
<p><strong>Un chrétien authentique ne saurait s’accommoder d’une telle séparation d’avec Dieu</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Se retrouver seul, loin de celui qui est la source même de la vie, lui est vite insupportable.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Incapable, donc, d’endurer davantage son désert, il soupire et, sous l’impulsion de l’Esprit, se remet bientôt en route à la recherche de l’oued aux eaux bondissantes qui étanchera sa soif.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Parce que son “âme” ne peut se passer de lui, ce flot bienfaisant qu'est l'amitié de Dieu.</p>
<p>Ma prière, donc, est <strong>que nous connaissions tous cette soif brûlante</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et qu’elle nous reconduise toujours au même point d’eau : <strong>Dieu</strong> lui-même, en tant que <strong>source intarissable d’une grâce jamais épuisée</strong>, seule apte à nous guérir de tous les maux.</p>
<p>Il arrive fréquemment que brocards et chevrettes surgissent, se figent et s’enfuient dans les champs d’alentour ; j’aime à croire qu’elles trouveront l’eau dont elles ont besoin, mais je crains que leurs sources ne soient taries et qu’elles ne soupirent en vain en cette fin de saison aride…</p>
<p>Pour nous, au contraire, point de souci : <strong>notre</strong> “<strong>fontaine</strong>” <strong>à nous est à jamais abondante</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Retournons donc vers elle sans tarder et laissons son eau limpide nous régénérer, nous vivifier, nous tonifier.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Nul doute que nous pourrons faire face alors au défi, quel qu’il soit, qui nous est proposé ce jour.</p>
<p><em>“Pourquoi être abattue mon âme, et pourquoi gémir en moi ?Espère en Dieu, car je le louerai encore !Il est mon salut et mon Dieu.” </em>*</p>
<hr />
<p>*  <span style=”font-size: 8pt;”>Psaume 42.6, 12.</span></p> -
Signes extérieurs de richesse intérieure
<p>Romains 12.12 : <em>“Soyez joyeux en espérance, patients dans l’affliction et persévérants dans la prière”</em>.</p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202a2eed0a285200d-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Signes extérieurs” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202a2eed0a285200d img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202a2eed0a285200d-600wi” style=”width: 600px;” title=”Signes extérieurs” /></a></p>
<p>Les plus anciens s’en souviennent peut-être : le fisc, jadis, demandait à chaque contribuable non seulement de déclarer ses revenus, mais encore d’indiquer ses “signes extérieurs de richesse”.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>C’est ainsi que nous devions chaque année le renseigner nous-mêmes sur la surface de nos résidences, la puissance de nos véhicules, le nombre de nos chevaux de course, la longueur de nos yachts…<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Il n’a pas cessé de lorgner ces marques d’embonpoint économique ; il le fait juste un peu plus discrètement aujourd’hui.</p>
<p>L’intérêt de Dieu, lui, se porte plutôt sur <strong>d’autres marques, moins ostentatoire</strong>s, mais tellement plus importantes : ce que j’ai choisi d’appeler les “<strong>signes extérieurs de richesse intérieure</strong>”.</p>
<p>Ils sont nombreux.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Je ne retiendrai ici que les trois cités par l’apôtre Paul dans notre texte : la joie, la patience et la persévérance.</p>
<p> </p>
<p>La <strong>joie</strong> d’abord.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Non en raison d’une inclination naturelle au bonheur ou d’un traitement de faveur dont nous serions les heureux bénéficiaires, mais à cause de l’espérance qui est la nôtre.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>D’où notre enjouement, que rien ni personne ne peut nous ravir.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Un enjouement qui, lorsqu’il n’affleure pas, mais reste souterrain, n’en est pas moins réel, profond, tenace.</p>
<p>Sommes-nous joyeux, là, maintenant, de cette joie qui se nourrit d’un regard appuyé vers l’avenir infiniment glorieux que nous a ouvert la grâce divine ?</p>
<p> </p>
<p>La <strong>patience</strong> ensuite.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Il n’y a pas de raison que nous n’ayons pas notre lot de souffrances ici-bas.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Comme les autres.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et que nous ne connaissions pas, nous aussi, affliction, détresse, abattement.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Notre différence, c’est dans notre manière de faire face à l’adversité qu’elle apparaîtra le plus nettement.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Déterminés que nous sommes à ne pas laisser les épreuves, quelles qu’elles soient, nous détacher de Dieu, nous nous accrocherons ; et avec les forces qu’il nous donne, nous tiendrons bon.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Jusqu’à l’heure, toute proche désormais, de la délivrance.</p>
<p>Sommes-nous aujourd’hui de ceux qui sont connus pour leur étonnante endurance dans les situations douloureuses qu’il leur arrive de connaître ?</p>
<p> </p>
<p>La <strong>persévérance</strong>, enfin.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Dans la prière en particulier.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Parce que, de tous les exercices spirituels, la prière est sans doute le plus difficile.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Or, s’il en est un dont nous ne saurions nous passer, c’est bien celui-là.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Qui nous assure l’ensemble des grâces dont notre communion avec Dieu est la source unique.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>D’où l’appel d’un certain Pierre, expert en matière de faiblesse humaine, à vivre d’une manière raisonnable et sobre, de telle sorte que nous puissions consacrer au dialogue avec Dieu le temps qu’il mérite.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Dans notre intérêt.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Mais pour notre bonheur aussi, et celui de notre Père.</p>
<p>Sommes-nous ce matin, cet après-midi, ce soir, de ceux qui font de la prière une priorité dans leur vie ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et qui sont tout près de goûter ce temps d’échange avec Dieu comme aucun autre ?</p>
<p> </p>
<p>Puissent la joie, la patience et la persévérance compter parmi les premiers signes extérieurs de notre richesse intérieure !</p>