<p>Genèse 40.7b : <em>“Pourquoi avez-vous mauvaise mine aujourd’hui ?”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202ae6fb2486d200c-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Sollicitude” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202ae6fb2486d200c img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202ae6fb2486d200c-600wi” style=”width: 600px;” title=”Sollicitude” /></a></p>
<p>Sortie de culte.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Serrements de main, saints baisers.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Une paroissienne s’approche ; je l’interroge :<span class=”Apple-converted-space”>  </span>“<strong>Comment allez-vous ?</strong>”<span class=”Apple-converted-space”>  “</span>Et vous ?” me répond-elle.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Souriant, j’insiste : “Comment allez-vous ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Vous ne m’avez pas répondu.”<span class=”Apple-converted-space”>  “</span>C’est vrai, me dit-elle alors.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et je vais vous dire pourquoi : parce que ça ne sert à rien !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Les gens vous posent cette question pour la forme, parce qu’ils sont polis, mais dans le fond, ils n’en ont rien à faire de notre vie.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et ils n’ont qu’une peur : qu’en leur répondant, vous ajoutiez vos problèmes aux leurs…”</p>
<p>Au moment où nous retrouvons <strong>Joseph</strong>, le moins qu’on puisse dire est qu’il est dans une situation délicate.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Les soucis, il connaît !</p>
<p>Victime innocente d’une dame de la haute dont il a eu l’audace de refuser les avances, il est <strong>en prison</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Grâce à Dieu, c’est vrai, il jouit d’un traitement de faveur.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Reste qu’il croupit dans ce triste lieu depuis un certain temps déjà sans qu’aucun espoir de libération ne lui soit offert.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et les geôles de l’époque, fussent-elles royales, n’étaient pas réputées pour leur confort !</p>
<p>Joseph, on le voit, a <strong>des raisons d’être préoccupé</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Trahi et vendu comme esclave par ses propres frères, il a, à force d’excellence, réussi à gagner la confiance de son maître au point d’être établi responsable de sa maison et de tous ses biens.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>L’histoire édifiante d’un retournement de situation étonnant.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et puis, tout a basculé.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Parce qu’il s’est voulu intègre jusqu’au bout.</p>
<p>Si mal récompensé de s’être montré inaccessible à la tentation, Joseph pourrait s’apitoyer sur lui-même, broyer du noir et se replier sur lui-même ; on le comprendrait.</p>
<p>Il <strong>s’inquiète des autres</strong>, au contraire.</p>
<p>De ses deux compagnons de cellule en particulier, respectivement échanson et boulanger du roi, tombés en disgrâce et condamnés eux aussi pour une durée indéfinie.</p>
<p><em>“Pourquoi avez-vous mauvaise mine aujourd’hui ?”</em> leur demande-t-il un matin.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Admirable sollicitude que celle-ci ! <span class=”Apple-converted-space”>  </span>Celle d’<strong>un homme qui, bien que surchargé lui-même de soucis, s’enquiert délicatement de l’état de ses deux frères d’infortune</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et prend ainsi le risque d’avoir à ajouter bientôt d’autres fardeaux aux siens.</p>
<p>Mais <strong>n’est-ce pas cela aussi</strong> “<strong>aimer notre prochain comme nous-mêmes</strong>” ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Nous offrir en temps utile pour porter, en plus de nos propres charges, les siennes ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Celles aux moins dont il se sera ouvert en réponse à une marque discrète d’intérêt réel et sincère.</p>
<p><em>“Portez les fardeaux les uns des autres</em>, écrit Paul*, <em>et accomplissez ainsi la loi de Christ”</em>, lui qui nous livre <strong>l’exemple parfait et définitif de la sollicitude selon Dieu</strong> lorsque, s’adressant à ses disciples, il déclare avec douceur** : <em>“Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et courbés sous un fardeau, et je vous donnerai du repos”</em>.</p>
<p>Je ne doute pas qu’il en est parmi nous qui ont leur lot de soucis.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Ma prière est que la charge qu’ils portent ne les empêche pas de s’inquiéter encore et toujours de la “mine” des autres.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Surtout si, comme celle des deux colocataires de Joseph, elle est mauvaise !</p>
<p>“<strong>Comment allez-vous ?</strong>” : une marque de sollicitude d’autant plus belle qu’elle émane d’un cœur prêt à tout entendre, tout recevoir.</p>
<p>Et qui mérite à coup sûr une réponse pudique, peut-être, mais sincère…</p>
<hr />
<p>*<span style=”font-size: 8pt;”>  Voir Galates 6.2.    </span> **<span style=”font-size: 8pt;”>  Voir Matthieu 11.28.</span></p>