Catégorie : Réflexion

  • “Non pas ce que je veux”

    Matthieu 26.39b: “Mon Père, si cela est possible, que cette coupe s’éloigne de moi! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.”

    Il m’étonnerait fort que vous n’ayez jamais prié Dieu de vous épargner une épreuve. Parce qu’elle vous semblait injuste. Ou parce que vous craigniez qu’elle ne dépasse vos forces. Ou encore parce qu’elle nous paraissait tomber au plus mauvais moment.
    Je confesse volontiers m’être plus d’une fois écroulé devant “le trône de la grâce”, suppliant le Seigneur d’avoir pitié de moi et d’éloigner de mes lèvres “la coupe” amère.

    Et il ne me surprendrait pas qu’en cet instant même, il en soit parmi nous qui crient grâce, demandant à notre Père d’avoir pitié d’eux.

    Rien de plus naturel. À moins de nous prendre pour des super héros ou d’appartenir à je ne sais quelle société masochiste.

    Cela dit, m’adressant à ceux d’entre nous qui sont passés par l’un au moins de ces moments d’agonie, je demande: quelle réponse avez-vous reçue du ciel?

    Une intervention miraculeuse? J’ose espérer que vous avez su célébrer comme il se devait l’auteur de votre salut.

    Aucune? Vous êtes-vous dit alors que c’était peut-être parce que vous aviez manqué de foi? Ou vous êtes-vous demandé si Dieu entendait vraiment les prières que nous lui adressons? Ou en êtes-vous venus peu à peu à douter de son pouvoir?

    L’exemple de Jésus me semble propre à vous rassurer.

    L’épreuve qui l’attend est infiniment plus cruelle que toutes celles que nous ne pourrons jamais vivre. Encore un peu, et l’heure adviendra du pire des supplices: celui pour le Fils d’être frappé par la colère de son Père bien-aimé… Pas étonnant que “tristesse” et “angoisse” le saisissent et qu’il implore: “Mon Père, […] que cette coupe s’éloigne de moi!”

    S’il en est un dont la foi en Dieu est sans partage, s’il en est un qui sait chacune de ses prières entendue par le ciel, s’il en est un enfin qui ne saurait douter un instant et de l’amour et du pouvoir de son Père, c’est lui!

    Sa supplique, pourtant, ne sera pas entendue. Il le sait. Parce que la volonté divine n’est pas, ce jour-là, de l’épargner.

    Aussi finit-il sa prière par ces mots qui ne laissent pas de nous bouleverser: “Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux”. Parce que rien, non rien, pas même sa préservation, ne lui importe davantage que la pleine réalisation d’un vouloir divin qu’il sait nous être favorable.

    De cet exemple parfait, il me paraît que nous pouvons tirer au moins deux enseignements.

    Le premier est qu’un silence divin pour toute réponse à notre appel au secours ne doit pas nous précipiter dans un état de profonde consternation. Même lorsqu’il semble sourd, lointain, absent, notre Père est là, qui entend et voit; qui prend part à notre détresse et, dans le même temps, forme pour nous un projet de délivrance.

    Le second est qu’il nous faut apprendre à accueillir une prière instante non exaucée comme une invitation à démontrer notre confiance absolue en la perfection des desseins de Dieu. “Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux, parce que je sais que toi, Seigneur, ne désireras jamais pour moi autre chose que le meilleur. Je ne comprends pas, mais j’ai confiance en ton amour et me fie à ta sagesse.”

    La foi, décidément, est une écoleEt quelle école!

  • Vie éternelle

    <p>Jean 3.16: <em>“[…] Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle.”</em></p>
    <p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3da9681200c-pi” style=”display: inline;”><img alt=”278-Eternal Life” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202c8d3da9681200c img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3da9681200c-600wi” style=”width: 600px;” title=”278-Eternal Life” /></a></p>
    <p>Parmi les obsessions à la mode dans certains cercles huppés, il en est une qui laisse songeur: celle, pour l’être humain, de <strong>parvenir à terme à l’immortalité</strong>.</p>
    <p>Un projet vertigineux, qui s’est donné comme première étape de <strong>faire reculer la vieillesse</strong>. Parce que celle-là n’est plus considérée que “comme une anomalie”, “une faille à corriger”, “un bug dans le système”*. Et qu’une anomalie, une faille, <strong>un bug</strong>… <strong>ça se corrige</strong>!</p>
    <p>Les investissements bondissent, les recherches s’accélèrent, les tests se multiplient et les offres foisonnent. Comme celle-ci: des transfusions de plasma jeune à neuf ou dix mille euros!</p>
    <p>L’idée est de s’offrir une vraie cure de jouvence. Et, grâce au progrès technique, d’en prolonger les effets jusqu’à ce que s’efface enfin toute perspective de déchéance et que la mort finisse par se perdre dans l’horizon.</p>
    <p><strong>L’hubris des hommes</strong>, décidément, ne connaît aucune limite!</p>
    <p>Il ne fait pourtant aucun doute que <strong>tous mourront un jour</strong>. <strong>Les milliardaires compris</strong>! La mort est une réalité à laquelle aucune avancée scientifique, aucune manipulation savante, aucun rite magique ne leur permettra jamais de se dérober.</p>
    <p>À moins que… <strong>À moins que</strong>, <strong>comme nous le croyons</strong>, <strong>Jésus ait dit vrai</strong>. Et que tout espoir d’accéder un jour à la vie éternelle ne soit pas chimérique.</p>
    <p><strong>Pour Jésus</strong>, <strong>l’immortalité n’est pas un fantasme</strong>; c’est une réalité. Mais son chemin ne passe pas par je ne sais quel progrès technique; <strong>elle se reçoit comme une grâce venant du ciel</strong>. Ainsi, les nantis ne sont pas les seuls à pouvoir en caresser l’espoir; parce qu’elle est <strong>un don gratuit</strong>, tous, à commencer par les plus pauvres, peuvent l’espérer et se l’assurer.</p>
    <p>Comment? En plaçant leur confiance en Jésus, et en lui seul, pour les sauver.</p>
    <p>C’est<strong> afin que nul ne meure</strong>, mais que tous, au contraire, vivent, et vivent à jamais que <strong>Dieu</strong>, qui aimait passionnément le monde, <em>“<strong>a donné son Fils</strong> unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle”</em>.</p>
    <p>Ce<strong> Fils a donc péri pour que nul ne périsse</strong>.</p>
    <p>Mais là ne s’est pas arrêté son chef-d’œuvre. <strong>Il est revenu à la vie</strong>. <strong>Et à tous ceux</strong>,<strong> sans distinction</strong>,<strong> qui croiraient en lui</strong>,<strong> il a promis une bonne fois rien de moins que… l’immortalité</strong>. Mieux: la vie éternelle. La vie, la vraie. Sa vie. Vie d’abondance. Vie de surabondance. Vie sans fin.</p>
    <p>À Marthe qui pleure la mort de son frère, Jésus dit**: <em>“[… je] suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s’il meurt; et toute personne qui vit et croit en moi ne mourra jamais”</em>. Et il ajoute: <em>“<strong>Crois-tu cela</strong>?”</em></p>
    <p>Le croyons-nous, nous, aujourd’hui?</p>
    <p>Je l’espère. Car <strong>il n’est</strong>, <strong>ni ne sera jamais d’autre moyen d’accéder à l’immortalité que la foi</strong>. La foi en tant que confiance simple, mais absolue en Jésus pour nous arracher à la mort et nous ouvrir les portes de la vie. <em>“Mes brebis </em>[entendons ici ceux qui se veulent en tout dépendant du Berger]<em> […] je les connais et elles me suivent, </em>affirme-t-il***<em>. Je leur donne la vie éternelle. Elles ne périront jamais […].”</em></p>
    <hr />
    <p>* <span style=”font-size: 8pt;”>Voir article de Victoria Hidoussi paru dans <em>Le Figaro</em> en date du 1<sup>er</sup> juillet 2025.</span> &#0160; &#0160;** <span style=”font-size: 8pt;”>Jean 11.25-26.</span> &#0160; &#0160; *** <span style=”font-size: 8pt;”>Jean 10.27-28a.</span></p>

  • Habiter dans sa maison

    <p>Psaume 27.4*: <em>“J’ai présenté à l’Éternel un seul souhait,/ </em><em>mais qui me tient vraiment à cœur:/ </em><em>je voudrais habiter dans la maison de l’Éternel tous les jours de ma vie/ </em><em>afin d’admirer l’Éternel dans sa beauté,/ </em><em>et de chercher à la connaître dans sa demeure.”</em></p>
    <p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3da27ad200c-pi” style=”display: inline;”><img alt=”015-Habiter le ciel” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202c8d3da27ad200c img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3da27ad200c-600wi” style=”width: 600px;” title=”015-Habiter le ciel” /></a></p>
    <p><strong>Est-ce notre souhait à tous</strong>? <strong>Habiter toute notre vie chez lui</strong> pour nous laisser éblouir par sa beauté et le connaître chaque jour un peu mieux?</p>
    <p>Si oui, alors <strong>j’ai une bonne nouvelle pour vous</strong>: votre prière, comme la mienne, a été exaucée!</p>
    <p>Quand? <strong>Le jour même où nous avons mis notre foi en Jésus-Christ</strong>, reconnaissant en lui notre Sauveur personnel et le confessant comme le Seigneur de notre vie. Alors, nous dit l’Écriture, nous avons été introduits dans la maison de son Père avec le titre insigne de “fils” et de “filles”! <strong>Son</strong> “<strong>chez lu</strong>i” <strong>est devenu notre</strong> “<strong>chez</strong> <strong>nous</strong>”. Dans l’instant. Et pour toujours.</p>
    <p>C’est pourquoi, avec le psalmiste, nous pouvons proclamer chacun**: <em>“Seigneur, je reviendrai dans ta maison/&#0160;</em><em>aussi longtemps que je vivrai”</em>.</p>
    <p>Parce que <strong>sa maison est désormais la nôtre</strong>, et que personne ne pourra jamais nous en déloger! Il n’est plus personne dans tout l’univers qui puisse contester notre droit nouvellement acquis d’y habiter!</p>
    <p>Ah! la richesse de la grâce du Seigneur, qui nous a ainsi introduits dans sa maisonnée!</p>
    <p><strong>Nous voici à l’abri</strong>. Définitivement. D’où notre bonheur de pouvoir chanter avec David***: <em>“Quand tout ira mal,/ </em><em>il m’abritera sous son toit,/ </em><em>il me cachera dans sa tente,/ </em><em>il me mettra sur un roc, hors d’atteinte./ </em><em>Alors, je regarderai de haut les ennemis qui m’entourent./ </em><em>Dans sa maison, je l’acclamerai en lui offrant des sacrifices,/ </em><em>je chanterai et célébrerai le Seigneur.”</em></p>
    <p>Puisse cette belle assurance être le partage de chacun, aujourd’hui!</p>
    <p>Mais il y a plus. <strong>Nous voici assurés d’aller désormais de belles surprises en émerveillements</strong>, à mesure qu’il nous sera donné de connaître mieux celui qui nous a accueillis.</p>
    <p>Introduits une fois pour toutes dans sa présence immédiate, nous découvrirons peu à peu l’indicible beauté de sa personne. Et nous <strong>n’aurons pas trop de l’éternité pour compter et célébrer toutes ses perfections</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160;</span></p>
    <p>Puisse cette lumineuse espérance être dès ce jour le partage de chacun! Et nous encourager tous sur le chemin restant à parcourir avant qu’il nous soit donné de le voir enfin, non plus comme dans un miroir, mais directement, et que nous puissions goûter alors, pleinement, aux délices de sa présence!</p>
    <hr />
    <p>* <span style=”font-size: 8pt;”>Traduction de <em>La Semeur</em>.</span> &#0160; &#0160; ** <span style=”font-size: 8pt;”>Psaume 23.6b (traduction NFC).</span> &#0160; &#0160; *** <span style=”font-size: 8pt;”>Psaume 27 toujours, versets 5 et 6 (traduction NFC).</span></p>

  • Quand Dieu souffre

    <p>Ésaïe 63.9: <em>“Dans toutes leurs détresses, il a souffert avec eux […].”</em></p>
    <p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202e861071089200d-pi” style=”display: inline;”><img alt=”277-Dieu souffrant” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202e861071089200d img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202e861071089200d-600wi” style=”width: 600px;” title=”277-Dieu souffrant” /></a></p>
    <p>Je me souviens encore de ce jour avec émotion. J’avais été insupportable. Je méritais une correction. C’est ma mère qui me l’infligea.</p>
    <p>Mais à peine avait-elle exécuté la sentence qu’elle me prit dans ses bras en pleurant. Je compris alors que, des deux, <strong>c’était elle qui avait le plus souffert</strong> du châtiment appliqué. <strong>Parce qu’elle m’aimait</strong>.</p>
    <p>À la manière de Dieu.</p>
    <p>C’est un chrétien irakien qui dit un jour: “Quand j’ai lu la Bible pour la première fois, j’ai pleuré à cause de la beauté de ses paroles.”</p>
    <p>Notre texte est l’un de ceux qui devraient nous arracher au moins une larme.</p>
    <p>&#0160;</p>
    <p><strong>Le contexte</strong> d’abord. Le prophète Ésaïe intercède en faveur de son peuple. Pourquoi? Parce qu’<strong>il sait les siens visés par la rancœur de son Dieu</strong>. L’Éternel s’était voulu leur sauveur; ils se sont révoltés contre lui. Il avait rêvé de les choyer; ils ont <em>“attristé son Esprit saint”</em>. De sorte, lisons-nous au verset 10, qu’<em>“il s’est transformé pour eux en ennemi, il a lui-même combattu contre eux”</em>.</p>
    <p>Ésaïe ouvre donc sa supplique en rappelant la manière dont l’Éternel est intervenu par le passé. Il récapitule les paroles et les actes par lesquels son Dieu a manifesté jadis la profondeur de sa tendresse et la richesse de sa bonté à l’égard de ses enfants alors même qu’ils le défiaient. Histoire d’apaiser sa colère. Histoire d’obtenir leur grâce.</p>
    <p>&#0160;</p>
    <p><strong>La perle</strong> maintenant.</p>
    <p>En pleine remémoration des faveurs divines dont a bénéficié son peuple retors, le prophète insère ce trait divin, proprement bouleversant: dans toutes les détresses que les siens ont connues pour s’être révélés désespérément rétifs, <strong>l’Éternel souffrait avec eux</strong>!</p>
    <p>Étonnant, non? Un Dieu, notre Dieu, dont la compassion est telle qu’<strong>il lui est impossible d’affliger sans être lui-même affligé</strong>! Comme s’il ressentait lui-même les souffrances que sa justice lui interdisait de nous épargner! Comme si nos douleurs ne pouvaient pas ne pas être les siennes aussi!</p>
    <p><strong>Infiniment</strong> “<strong>miséricordieux</strong>”, tel est celui que nous adorons! Dont le cœur ne peut rester insensible à notre détresse, pas même lorsque notre malheur est mérité.</p>
    <p><strong>Intimement touché</strong> par notre souffrance, il ne saurait nous y abandonner. Pas même un instant. Mystérieusement proche de nous dans les épreuves quelles qu’elles soient que nous traversons, il n’a point de repos qu’il ne nous ait soit convaincus de revenir à lui, soit assurés de son soutien indéfectible, soit égayés en nous rappelant le fabuleux héritage qui nous est promis.</p>
    <p>Nous figurer, au motif que nous sommes durement malmenés, que Dieu nous a abandonnés serait donc le méconnaître gravement.</p>
    <p><strong>Célébrons-le </strong>plutô<strong>t</strong>, comme Ésaïe, <strong>pour l’infinie richesse de sa grâce</strong>! Lui qui, alors même que nous l’accablions par nos fautes, choisit d’en payer lui-même, à <strong>la Croix</strong>, l’effroyable prix! Lui qui, après qu’il se fut laissé toucher par nos souffrances, nous a rejoints pour les porter avec nous! Lui enfin qui, bouleversé par nos larmes d’aujourd’hui, nous promet pour demain un nouvel Éden où plus une larme, si ce n’est de joie, ne coulera!</p>

  • Heureux les affamés !

    <p>Matthieu 5.6: <em>“Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés!”</em></p>
    <p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202e861069beb200d-pi” style=”display: inline;”><img alt=”276-Faim” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202e861069beb200d img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202e861069beb200d-600wi” style=”width: 600px;” title=”276-Faim” /></a></p>
    <p>Étonnante, non? cette annonce de Jésus: <em>“Heureux ceux qui ont faim et soif […]”</em>! Autant dire “Heureux ceux qui souffrent!.” Car la faim dont il parle ici est une vraie faim: <strong>une faim qui vous tenaille</strong>, vous torture. Et la soif, une vraie soif: <strong>une soif qui vous dessèche</strong>, vous brûle.</p>
    <p>Ainsi, pour Jésus, <strong>le</strong> “<strong>veinard</strong>” n’est pas celui pour qui tout n’est que confort et bonheur; il est, au contraire, celui qui peine parce qu’il a mal. <strong>Il</strong> <strong>a faim et soif</strong>; toujours faim, toujours soif.</p>
    <p>Mais faim et soif de quoi?</p>
    <p><strong>De</strong> <em>“<strong>justice</strong>”</em>, dit Jésus. Autrement dit, de “conformité à la volonté de Dieu”. Car être “juste ”, dans la Bible, c’est répondre à l’attente divine; c’est entretenir une relation étroite avec Dieu et se comporter de manière irréprochable à ses yeux; c’est porter tant sur les êtres que sur les choses le même regard que lui.</p>
    <p>En bref, <strong>être</strong> “<strong>juste</strong>”, <strong>c’est vivre comme Jésus a vécu</strong>.</p>
    <p>Mais qui donc, parmi nous, reproduit déjà son parfait exemple? Personne.</p>
    <p>D’où, je l’espère, notre profonde “in-satisfaction”. Notre “faim”. Notre “soif”. <strong>Notre faim inassouvie de complaire à Dieu</strong>. <strong>Notre soif intarissable de paraître</strong> “<strong>justes</strong>” <strong>à ses yeux</strong>. L’estomac toujours creux, la bouche toujours sèche, nous sommes de perpétuels insatisfaits, des frustrés chroniques, autant dire des hommes et des femmes de douleur.</p>
    <p>Triste condition!</p>
    <p>Mais à première vue seulement. Car c’est à nous, qui souffrons d’échouer régulièrement dans notre quête d’une justice parfaite, et à nous seuls, que Jésus promet d’être bientôt rassasiés! Pleinement et durablement rassasiés!</p>
    <p>Ainsi, notre douleur présente apparaît-elle soudain comme le plus heureux des présages: <strong>c’est à nous</strong>, <strong>incapables que nous sommes de nous accepter simplement, tranquillement</strong> “<strong>in-justes</strong>”, <strong>qu’est réservée la plus belle des surprises</strong>: un jour, tout proche désormais, où toutes nos faims seront apaisées et toutes nos soifs étanchées.</p>
    <p>Ce jour-là, en effet, Dieu lui-même nous rendra saints comme il est saint, parfaits comme il est parfait. Et notre bonheur, alors, sera sans limite.</p>
    <p>Des “veinards”, voilà donc bien ce que nous sommes dès à présent si, refusant aujourd’hui le confort trompeur de l’“auto-satisfaction”, nous continuons de consentir aux tourments d’une quête douloureuse de justice. Car <strong>la promesse d’un salut parfait nous appartient</strong>.</p>
    <p>Quand Jésus reparaîtra, mais dans toute la splendeur de sa gloire cette fois, nous serons instantanément transfigurés et, nous dit Paul*, présentés devant Dieu et la création tout entière <em>“splendides”</em>, <em>“sans tache, ni ride, ni rien de semblable”</em>, “<em>purs et irréprochables”</em>; autant dire parfaitement et définitivement “justes”.</p>
    <p><strong>Et s’ouvrira alors devant nous un monde nouveau</strong>, fait de cieux et d’une terre renouvelés, où il n’y a plus ni mort, ni deuil, ni cri, ni souffrance, mais où la justice, elle, habite à jamais.</p>
    <p>Pour n’avoir pas cherché ici-bas à nous épargner la torture d’un ventre creux et d’une gorge sèche, nous serons comblés, heureux, rayonnants.</p>
    <hr />
    <p>* <span style=”font-size: 8pt;”>Voir Éphésiens 5.27 et Philippiens 1.10.</span></p>

  • Le salut appartient aux humbles

    2 Rois 5.13b: “[…] si le prophète t’avait demandé quelque chose de difficile, ne l’aurais-tu pas fait?”

    Après avoir honoré la petite esclave israélite, intéressons-nous à son maître araméen. Naaman. “Chef de l’armée du roi de Syrie”, il jouit de la faveur et de l’estime royales. Las! si son nom, Naaman, “le plaisant”, a pu lui convenir, il ne lui sied plus depuis qu’il a contracté une maladie de peau gênante assimilée par le chroniqueur à la lèpre.

    C’est pourquoi “le plus-plaisant-du-tout” se laisse convaincre par son épouse de suivre l’aimable suggestion de leur humble servante et s’en va, porteur d’une lettre de recommandation et accompagné d’un véritable trésor, à la recherche de ce prophète-thaumaturge israélite censé lui rendre sa beauté en même temps que sa santé.

    L’accueil que lui réserve le roi d’Israël est détestable. Fort heureusement, le fameux prophète —Élisée de son nom— en est averti et fait dire au souverain mal léché qu’il peut lui envoyer l’Araméen afin qu’il sache qu’on ne l’a pas trompé: il y a bien un prophète en Israël !

    Et nous voici au cœur de notre histoire.

    Désopilante pour commencer. Imaginez le fier général “avec ses chevaux et son char”, son argent, son or et ses habits, frappant à la porte d’Élisée… Et le prophète qui ne bouge pas. Le temps qui passe. La porte qui s’ouvre enfin! Sauf que ce n’est pas Élisée, mais un simple messager qui s’avance et intime à notre généralissime l’ordre d’aller se laver sept fois dans l’eau du Jourdain et de vérifier l’état de sa peau!

    Mais la suite a vite fait d’effacer notre sourire. Naaman s’indigne. “Ce prophète sait-il qui je suis? Qui est-il pour vouloir m’humilier? J’attendais de lui qu’il sortît, s’émerveillât devant la fortune que je lui destinais, invoquât son Dieu, m’imposât les mains et me guérît. Et voilà qu’il me demande d’aller me tremper sept fois dans une misérable rivière! Un si long voyage pour se soumettre à un ordre aussi incongru et faire la risée de tous! Son courroux est tel qu’il décide de rentrer chez lui.

    C’est alors que, prenant leur courage à deux mains, ses serviteurs osent ce reproche: “si le prophète t’avait demandé quelque chose de difficile, ne l’aurais-tu pas fait? Tu dois d’autant plus volontiers faire ce qu’il t’a dit.” Et vous connaissez la suite. Naaman qui s’exécute, plonge sept fois dans le Jourdain et, la septième fois, sort guéri. Sa chair a retrouvé sa fraîcheur! Mais il y a mieux encore: son cœur s’est purifié. Converti au Dieu d’Israël, il ne se soucie plus que de lui rendre le culte qui lui est dû.

    L’histoire est riche en enseignements. La place qui me reste m’oblige à n’en retenir qu’un seul: il n’est de salut que pour les humbles.

    Dieu s’oppose aux orgueilleux, nous dit la Bible*, mais il fait grâce aux humbles.”

    Naaman avait une idée précise sur non seulement ce que lui coûterait son salut —une fortune—, mais encore les gestes qu’il exigerait. Mais ses pensées n’étaient pas celles de Dieu. Naaman a dû s’abaisser pour connaître la guérison; se soumettre à la parole du prophète pour être « blanchi » ; faire fi de sa réputation pour entrer au bénéfice de la grâce divine.

    Une leçon pour nous. Nous voulons, nous aussi, être sauvés? Soumettons-nous humblement à Dieu, qui hait les jougs pesants et nous demande seulement de placer notre foi en son Fils pour effacer à jamais lalèpre” —notre péché— qui faisait de nous des “pas-plaisants du toutà ses yeux.


    * Voir Jacques 4.6; 1 Pierre 5.5.

  • Dieu aime les “petites choses”

    <p>2 Rois 5.2b: <em>“[…] une petite fille du pays d’Israël.”</em></p>
    <p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3d7bf85200c-pi” style=”display: inline;”><img alt=”274-Jeune servante” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202c8d3d7bf85200c img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3d7bf85200c-600wi” style=”width: 600px;” title=”274-Jeune servante” /></a></p>
    <p>S’il est une histoire que j’ai aimé raconter, c’est bien celle de <strong>la</strong> <em>“<strong>petite fille</strong>”</em> choisie par l’Éternel pour guérir le cœur autant que le corps d’un “grand de ce monde”.</p>
    <p>Nous connaissons le nom de l’heureux élu, <strong>Naaman</strong>, mais pas celui de la fillette.</p>
    <p>Du premier, il nous est dit qu’il est<em> “le chef de l’armée du roi de Syrie”</em> et que, <em>“fort et vaillant”</em>, il jouit<em> “de la faveur et de l’estime de son seigneur”</em>. De la seconde, nous savons seulement qu’on l’a capturée en Israël et qu’elle est maintenant<em> “au service de la femme de Naaman”</em>.</p>
    <p>Un monde sépare celui qu’un peuple tout entier a couvert d’honneurs et celle qu’un ennemi redoutable a condamnée à n’être plus qu’une humble suivante.</p>
    <p><strong>Des deux</strong>, pourtant, <strong>la gamine est la plus heureuse</strong>. Et de loin! Naaman est malade; elle, pas. Surtout, lui ne sait rien du Dieu d’Abraham, Joseph et Jacob; elle, si.</p>
    <p>Et notamment, qu’il est <strong>un Dieu de grâce brûlant de transformer des vies bien au-delà des frontières d’Israël</strong>.</p>
    <p>D’où son intervention auprès de sa maîtresse. <em>“Si seulement mon seigneur pouvait voir le prophète qui se trouve en Samarie, il le guérirait de sa lèpre.”</em></p>
    <p><strong>Une initiative qui en dit long sur son</strong> “<strong>cœur</strong>”. L’homme dont elle souhaite la guérison est celui-là même qui, tandis qu’il razziait son pays, l’a brutalement arrachée à ceux qui lui étaient chers. <strong>Elle aurait des raisons de lui vouloir du mal</strong>; elle éprouve pour lui une telle compassion qu’<strong>elle ne souhaite que son bien</strong>.</p>
    <p><em>“Ne te laisse pas vaincre par le mal,</em> écrira bien plus tard l’apôtre Paul*, <em>mais sois vainqueur du mal par le bien.”</em>&#0160;La fillette, elle, est déjà habitée par ce projet admirable. L’Esprit de Dieu le lui a soufflé.</p>
    <p>C’est pourquoi celui qui l’aimait depuis toujours et n’avait cessé de l’accompagner dans son malheur l’élut, elle, pour être <strong>l’instrument de ses desseins bienveillants</strong> à l’égard non seulement de Naaman, mais encore de son peuple.</p>
    <p><strong>C’est son témoignage à elle</strong>, captive insignifiante aux yeux des hommes, mais petite merveille de sensibilité aux yeux de l’Éternel, <strong>qui permettra à la fois la guérison de l’officier syrien et l’introduction du seul vrai culte au cœur d’une nation païenne</strong>.</p>
    <p>C’est à sa confiance à elle, la petite sans nom dont personne ne se soucie, à la fois dans le pouvoir de son Dieu, tel que manifesté dans les prodiges réalisés en son nom par Élisée le prophète, et dans son immense miséricorde qu’un homme d’abord, puis une multitude feront l’heureuse expérience de sa grâce infiniment variée.</p>
    <p><strong>Quel encouragement pour nous</strong>! Pour nous qui nous sentons si petits dans un monde si vaste! Pour nous qui nous demandons quoi faire pour que ceux si nombreux qui nous entourent fassent eux aussi l’expérience de la guérison et du salut!</p>
    <p><strong>Et si</strong>, <strong>prenant exemple sur notre jeune captive</strong>, <strong>nous commencions simplement par</strong> “<strong>traduire</strong>” <strong>Dieu</strong>: sa bonté, sa patience, sa générosité, sa grâce! Par un mot, un silence; une accolade, un service; un sourire, une larme; un appel, une lettre; un verre d’eau, un bouquet de fleurs!</p>
    <p><strong>Qui sait si nous ne participerons pas</strong>, <strong>nous aussi</strong>,<strong> à son œuvre insigne de guérison</strong>?</p>
    <hr />
    <p>* <span style=”font-size: 8pt;”>Romains 12.21.</span></p>

  • Une leçon apprise

    <p>Ésaïe 29.13b: <em>“[…] la crainte qu’il a de moi n’est qu’un commandement humain, une leçon apprise.”</em></p>
    <p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202e860ee4153200b-pi” style=”display: inline;”><img alt=”273-Leçon apprise” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202e860ee4153200b img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202e860ee4153200b-600wi” style=”width: 600px;” title=”273-Leçon apprise” /></a></p>
    <p><strong>Il arrive que Dieu aussi soit dépité</strong>. Comme cette fois, du vivant du prophète Ésaïe. Jérusalem, qu’il chérit, l’insupporte. <em>“Ce peuple”</em>, dit-il, une pointe de dégoût dans la voix. <em>“Ce peuple”</em>…</p>
    <p><strong>Mais que fait-il donc</strong>, “<strong>ce peuple</strong>”, qui expliquerait pareil désappointement, pareil dépit, pareille amertume chez son bienfaiteur de toujours?</p>
    <p>La parole est à l’Éternel. Il <em>“s’approche de moi”</em>, mais <em>“<strong>il m’honore de la bouche et des lèvres</strong>”</em>&#0160;seulement. Il se rend au sanctuaire, offre ses sacrifices, chante mes louanges, mais uniquement par habitude, machinalement.</p>
    <p>&#0160;<em>“[…] son cœur est éloigné de moi”</em>. <strong>Son culte est un culte froid</strong>. Aucun sentiment, aucun enthousiasme. Pas la moindre trace de vraie reconnaissance et d’amour sincère.</p>
    <p>Quant à <em>“la crainte qu’il a de moi”</em>, elle<em> “n’est qu’un commandement humain, <strong>une leçon apprise</strong>.”</em> Cela fait longtemps que son hommage sonne faux. Longtemps qu’il n’est que l’insupportable répétition de gestes et de mots vides. Longtemps qu’il n’est plus que l’ennuyeuse récitation d’<em>“une leçon apprise”</em> et qu’il faut bien resservir.</p>
    <p><strong>On comprend la lassitude de l’Éternel</strong>.</p>
    <p><strong>Et, pour finir, sa colère</strong>. <em>“[…] je continuerai à étonner ce peuple par des merveilles et des miracles,</em> annonce-t-il, <em>de sorte que la sagesse de ses sages disparaîtra et l’intelligence de ses hommes intelligents devra se cacher.” </em>Comprenons: “je veillerai à ce que les élites en qui il se confie se fourvoient et le conduisent au désastre en le pressant de compter sur Égypte pour le sauver de l’envahisseur assyrien”.</p>
    <p>Et <strong>voici venu le moment de nous interroger sur notre propre culte</strong>. Le culte que le Seigneur est seul à pouvoir apprécier à sa juste valeur. <strong>Est-il de ceux qui font sa joie</strong>?</p>
    <p>C’est peu probable si, comme Jérusalem, nous ne l’adorons que du bout des lèvres. Avec des mots justes peut-être, mais si souvent ressassés qu’ils ne signifient plus rien.</p>
    <p>Ou si, comme celui de Jérusalem, notre hommage ne jaillit pas librement d’un cœur authentiquement ému. D’un cœur bouleversé par la grâce divine. D’un cœur éperdu de reconnaissance. D’un cœur qui brûle. D’un cœur qui aime. <strong>Dieu n’a que faire d’une révérence sans flamme</strong>.</p>
    <p>Ou encore si, comme Jérusalem toujours, nous nous contentons de répéter <em>“une leçon apprise”</em>, plus préoccupés que nous sommes de rassurer les autres sur notre compte que de réjouir le cœur de Dieu. Gestes contraints, formules attendues, voire prières convenues ne sont d’aucune valeur à ses yeux.</p>
    <p>À l’inverse, il ne fait aucun de doute qu’<strong>il ne restera pas insensible au culte que nous lui rendons s’il perçoit en lui l’expression spontanée et personnelle d’une gratitude</strong>,<strong> d’une vénération et d’un attachement sincères</strong>.</p>
    <p><strong>Il est donc temps pour nous d’évaluer honnêtement ce que nous offrons au Seigneur</strong> en réponse à l’appel qui nous est adressé à le louer, lui, l’infiniment grand et généreux.</p>
    <p>Pour ne pas encourir à notre tour son juste courroux.</p>
    <p>Mais, surtout, <strong>pour pouvoir nous le représenter souriant</strong>. Souriant parce que célébré par des êtres anxieux de lui témoigner leur amour grandissant par des mots et des gestes spontanés, libres et, pourquoi pas? inédits.</p>

  • Une “abeille” exemplaire

    <p>Juges 4.9b: <em>“‘[…] c’est entre les mains d’une femme que l’Éternel livrera Sisera.’”</em></p>
    <p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3d710e3200c-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Débora” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202c8d3d710e3200c img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3d710e3200c-600wi” style=”width: 600px;” title=”Débora” /></a></p>
    <p>Sitôt Ehud disparu, Israël récidive, faisant une nouvelle fois <em>“ce qui déplaît à l’Éternel”</em>. Résultat: le voici vendu à Jabin, l’ennemi cananéen, et à son chef d’état-major, Sisera et ses <em>“neuf cents chars de fer”</em>. On imagine l’atterrement du peuple! Et l’on comprend son retour précipité sur son divin protecteur.</p>
    <p>—Nous sommes ainsi faits, hélas! qu’<strong>il nous faut souvent être durement secoués pour retrouver le chemin du trône de la grâce</strong> et nous en remettre à la miséricorde divine.</p>
    <p>Revenons à Israël. Le texte nous dit que, dans sa détresse, il “crie” à l’Éternel. Bien lui en prend! Son protecteur entend sa supplique et, magnanime, répond à sa prière. Sans lui faire de reproche. Mais en lui réservant une surprise… <strong>Une femme pour le tirer d’affaire</strong>! Débora.</p>
    <p><strong>Débora</strong>, un nom charmant: “<strong>abeille</strong>”. Mais surtout un personnage hors norme. Passons sur le fait qu’elle éclipse son mari pour relever qu’elle exerce en Israël les fonctions les plus hautes: “<strong>prophétesse</strong>” et “<strong>juge</strong> ”.</p>
    <p>Deux titres qui l’autorisent à convoquer Barak, chef de guerre au nom prédestiné, “éclair”, et à le sommer de se soumettre à l’ordre divin de lever une armée de dix mille hommes pour se rendre du côté du mon Thabor et, là, défaire une bonne fois Sisera avec ses chars et ses troupes.</p>
    <p><strong>L’abeille commandant à l’éclair</strong>! Il faut dire qu’en fait d’éclair, Barak est plutôt terne. Témoin, sa réponse à l’abeille, qui frise le baroque: “Je ne partirai, proteste-t-il, que si tu m’accompagnes”. <strong>Un général qui ne se risquera au combat qu’accompagné d’une femme</strong>!</p>
    <p>À moins que, comme le suggèrent quelques âmes bienveillantes, il ait seulement souhaité aller au front avec une compagne susceptible de l’instruire tout au long de la volonté de Dieu! Mais alors, pourquoi Débora ne le félicite-t-elle pas? Pourquoi semble-t-elle lui reprocher plutôt une inquiétante pusillanimité?</p>
    <p>Bref, passons! Le fait est que l’expédition sera couronnée de succès. Aiguillonné par l’abeille, l’éclair finira par livrer bataille et, écrit le compilateur du livre*, <em>“l’Éternel mit en déroute Sisera, tous ses chars et tout le camp et les livra à l’épée de Barak”</em>.</p>
    <p>Ah! mais voici que j’entends la question: “Pourquoi vous être intéressé aujourd’hui à Débora en ce moment précis de son histoire?” Pourquoi?</p>
    <p>D’abord, en raison de <strong>l’exemple qu’elle nous donne</strong>. <strong>Un exemple de foi</strong>: elle ne doute pas un instant de la parole de son Dieu. <strong>Un exemple de déférence</strong>: elle craint que sa présence au côté de Barak ne fasse de l’ombre à son capitaine. Et <strong>un exemple de courage</strong>: l’homme hésite, la femme non!**</p>
    <p>Ensuite, parce qu’<strong>elle est la preuve que la force ne se trouve pas toujours là où on l’attend</strong>. Dieu est à jamais libre d’utiliser qui il veut pour mener à bien ses projets. Et il lui plaît particulièrement de confondre les sages et les puissants en se servant de ceux que nous considérons comme plus faibles pour réaliser ses desseins les plus élevés.</p>
    <p><strong>Un encouragement pour ceux d’entre nous qui ne se sentent pas à la hauteur de la tâche</strong>. <em>“Je peux tout par celui qui me fortifie”</em>, ose Paul***. Osons donc maintenant prier: “Seigneur, s’il te plaît, multiplie les abeilles dans l’Église!”</p>
    <hr />
    <p>* <span style=”font-size: 8pt;”>Juges 4.15.</span> &#0160; &#0160; ** <span style=”font-size: 8pt;”>Familièrement, nous pourrions dire que lorsque Barak a les foies, Débora, elle, a la foi!</span> &#0160; &#0160; *** <span style=”font-size: 8pt;”>Philippiens 4.13.</span></p>

  • “Fais-tu bien de t’irriter ?”

    <p>Jonas 4.4b, 9b: <em>“[…] Fais-tu bien de t’irriter […]?”</em></p>
    <p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202e86104038a200d-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Jonas 1″ class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202e86104038a200d img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202e86104038a200d-600wi” style=”width: 600px;” title=”Jonas 1″ /></a></p>
    <p><strong>Le problème avec Jonas est que c’est un homme juste</strong>. Et parce que c’est un homme juste, il aime que justice soit faite.</p>
    <p>C’est pourquoi la grâce divine accordée aux Ninivites l’insupporte. Au point qu’il s’enflamme contre l’Éternel, lui reprochant amèrement d’être <em>“un Dieu de grâce et de compassion, lent à la colère et riche en bonté”</em>, et qui regrette le mal qu’il envoie!</p>
    <p><strong>Une colère incontrôlable</strong>. Que Dieu fasse miséricorde aux justes, c’est heureux, mais qu’il pardonne aux pécheurs… c’est intolérable! Et pour tout dire, révoltant ! <strong>Jonas en a simplement assez de la clémence divine à l’égard des méchants</strong>. Il préfère mourir plutôt que de prendre part à cette compassion mal orientée.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160;</span></p>
    <p>C’est alors que l’Éternel lui pose une première fois la question: <em>“<strong>Fais-tu bien de t’irriter</strong>?”</em></p>
    <p>Jonas ne répond pas. Il trop remonté pour parler. Il préfère s’éloigner. Et d’une cabane improvisée, observer Ninive. Des fois que Dieu aurait la bonne idée de se raviser et de frapper comme il se doit la cité rebelle…</p>
    <p>La suite? C’est l’Éternel qui prend son serviteur récalcitrant en pitié et lui offre une ombre bienfaisante. Preuve, soit dit en passant, que <strong>Dieu ne reproche jamais à ses enfants de lui ouvrir librement leur cœur</strong>.</p>
    <p>Et puis, c’est un ver qui ronge la plante protectrice, raison d’un nouveau coup de sang duprophète. Et pour finir, cette question qui revient: <em>“<strong>Fais-tu bien de t’irriter?</strong>”</em></p>
    <p>Le moment choisi par l’Éternel pour s’expliquer.</p>
    <p>Ce n’est pas que la justice ne doit pas être rendue ou ne le sera pas un jour. C’est seulement qu’il préfère pardonner, quitte à laisser le mal persister un temps dans le monde. Le temps qu’il faut pour que l’humanité rebelle ait l’occasion de se reprendre et connaisse le bonheur de se savoir graciée.</p>
    <p>Une leçon pour Jonas. Et pour nous aussi, qui peinons parfois à nous réjouir de ce que Dieu ne demande pas immédiatement son dû au pécheur.</p>
    <p>Nous aussi savons qu’il est <em>“un Dieu de grâce et de compassion, lent à la colère et riche en bonté”</em>, et qu’il lui arrive bien souvent de repousser le moment de la juste rétribution, mais, plutôt que de nous réjouir, <strong>nous déplorons secrètement qu’il tarde à sévir</strong>.</p>
    <p><strong>Comme si nous n’avions pas nous-mêmes bénéficié de cette miséricorde insondable à laquelle nous les premiers devons tout</strong>!</p>
    <p>Quelle serait aujourd’hui notre espérance, à nous les justes, si l’Éternel n’avait pas fait preuve d’une infinie patience à notre égard? S’il n’avait pas été qui il est: un Dieu d’amour? Un Dieu qui brûle de pouvoir envelopper de sa grâce jusqu’aux plus fieffés vauriens de ce monde?</p>
    <p><strong>L’histoire ne nous dit pas si Jonas a compris la leçon</strong>. <strong>Mais il serait heureux que nous</strong>, <strong>nous en tirions profit</strong>. Et que plutôt que de nous offusquer de la générosité divine, nous nous en félicitions. Et qu’après nous en être félicités, nous aspirions de tout notre cœur à <strong>en être les témoins vivants</strong>.</p>
    <p>D’abord, <strong>en rendant cette bienveillance visible en nous</strong>. Notre manière à nous de glorifier l’Éternel.</p>
    <p>Et ensuite, <strong>en communiquant à notre génération la bonne nouvelle d’un Dieu si magnanime qu’il veut que&#0160;</strong><em>“</em><strong><em>tous les hommes soient sauvés </em></strong><em>et </em><em>parviennent à la connaissance de la vérité” </em>*. Et de bon gré, si possible!</p>
    <hr />
    <p>* <span style=”font-size: 8pt;”>Voir 1 Timothée 2.4.</span></p>