<p>Matthieu 5.6: <em>“Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés!”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202e861069beb200d-pi” style=”display: inline;”><img alt=”276-Faim” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202e861069beb200d img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202e861069beb200d-600wi” style=”width: 600px;” title=”276-Faim” /></a></p>
<p>Étonnante, non? cette annonce de Jésus: <em>“Heureux ceux qui ont faim et soif […]”</em>! Autant dire “Heureux ceux qui souffrent!.” Car la faim dont il parle ici est une vraie faim: <strong>une faim qui vous tenaille</strong>, vous torture. Et la soif, une vraie soif: <strong>une soif qui vous dessèche</strong>, vous brûle.</p>
<p>Ainsi, pour Jésus, <strong>le</strong> “<strong>veinard</strong>” n’est pas celui pour qui tout n’est que confort et bonheur; il est, au contraire, celui qui peine parce qu’il a mal. <strong>Il</strong> <strong>a faim et soif</strong>; toujours faim, toujours soif.</p>
<p>Mais faim et soif de quoi?</p>
<p><strong>De</strong> <em>“<strong>justice</strong>”</em>, dit Jésus. Autrement dit, de “conformité à la volonté de Dieu”. Car être “juste ”, dans la Bible, c’est répondre à l’attente divine; c’est entretenir une relation étroite avec Dieu et se comporter de manière irréprochable à ses yeux; c’est porter tant sur les êtres que sur les choses le même regard que lui.</p>
<p>En bref, <strong>être</strong> “<strong>juste</strong>”, <strong>c’est vivre comme Jésus a vécu</strong>.</p>
<p>Mais qui donc, parmi nous, reproduit déjà son parfait exemple? Personne.</p>
<p>D’où, je l’espère, notre profonde “in-satisfaction”. Notre “faim”. Notre “soif”. <strong>Notre faim inassouvie de complaire à Dieu</strong>. <strong>Notre soif intarissable de paraître</strong> “<strong>justes</strong>” <strong>à ses yeux</strong>. L’estomac toujours creux, la bouche toujours sèche, nous sommes de perpétuels insatisfaits, des frustrés chroniques, autant dire des hommes et des femmes de douleur.</p>
<p>Triste condition!</p>
<p>Mais à première vue seulement. Car c’est à nous, qui souffrons d’échouer régulièrement dans notre quête d’une justice parfaite, et à nous seuls, que Jésus promet d’être bientôt rassasiés! Pleinement et durablement rassasiés!</p>
<p>Ainsi, notre douleur présente apparaît-elle soudain comme le plus heureux des présages: <strong>c’est à nous</strong>, <strong>incapables que nous sommes de nous accepter simplement, tranquillement</strong> “<strong>in-justes</strong>”, <strong>qu’est réservée la plus belle des surprises</strong>: un jour, tout proche désormais, où toutes nos faims seront apaisées et toutes nos soifs étanchées.</p>
<p>Ce jour-là, en effet, Dieu lui-même nous rendra saints comme il est saint, parfaits comme il est parfait. Et notre bonheur, alors, sera sans limite.</p>
<p>Des “veinards”, voilà donc bien ce que nous sommes dès à présent si, refusant aujourd’hui le confort trompeur de l’“auto-satisfaction”, nous continuons de consentir aux tourments d’une quête douloureuse de justice. Car <strong>la promesse d’un salut parfait nous appartient</strong>.</p>
<p>Quand Jésus reparaîtra, mais dans toute la splendeur de sa gloire cette fois, nous serons instantanément transfigurés et, nous dit Paul*, présentés devant Dieu et la création tout entière <em>“splendides”</em>, <em>“sans tache, ni ride, ni rien de semblable”</em>, “<em>purs et irréprochables”</em>; autant dire parfaitement et définitivement “justes”.</p>
<p><strong>Et s’ouvrira alors devant nous un monde nouveau</strong>, fait de cieux et d’une terre renouvelés, où il n’y a plus ni mort, ni deuil, ni cri, ni souffrance, mais où la justice, elle, habite à jamais.</p>
<p>Pour n’avoir pas cherché ici-bas à nous épargner la torture d’un ventre creux et d’une gorge sèche, nous serons comblés, heureux, rayonnants.</p>
<hr />
<p>* <span style=”font-size: 8pt;”>Voir Éphésiens 5.27 et Philippiens 1.10.</span></p>