La parabole du phalaenopsis *

<p>Ésaïe 43.4a: “<em>[…] tu as de la valeur à mes yeux […].”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e2026bdec06257200c-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Phalaenopsis” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e2026bdec06257200c img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e2026bdec06257200c-600wi” style=”width: 600px;” title=”Phalaenopsis” /></a></p>
<p>Il n’est pas beau, mon phalaenopsis?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Vous en avez vu d’autres, dites-vous, et de plus impressionnants encore?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Certainement.</p>
<p>Qu’est-ce qui fait donc que cette orchidée-là, pour moi, n’a pas de prix?</p>
<p>C’est simple: trente-six mois de soins attentifs.</p>
<p>Au commencement, un cadeau généreux, mais somme toute assez banal: des orchidées comme la mienne, on en trouve chez tous les fleuristes et l’on s’en offre à la moindre occasion.</p>
<p>Puis, les mois passant, le triste spectacle d’une merveille qui s’étiole: des fleurs qui se flétrissent et tombent, une hampe qui jaunit et sèche, des feuilles qui s’amollissent et se tordent.</p>
<p>La plante aimée est alors donnée pour morte.</p>
<p>Ne pouvant me faire à l’idée de l’éliminer, je décide de la conserver. J’ignore tout de sa culture. Qu’importe?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Je la soignerai à ma façon.</p>
<p>Les mois s’écoulent: douze, dix-huit, vingt-quatre.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Rien.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Rien sinon deux feuilles qui retrouvent leur vigueur.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Mais c’est tout.</p>
<p>Une année encore.</p>
<p>Et c’est le miracle d’une renaissance que nul n’attendait plus.</p>
<p>Une nouvelle hampe, des boutons et, bientôt, une première fleur.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Puis une deuxième, une troisième…<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Neuf en tout! pour un éblouissement inespéré.</p>
<p>Vous comprenez maintenant pourquoi ce phalaenospis, à mes yeux, n’a pas de prix…</p>
<p><strong>Et si la raison pour laquelle nous avons, nous, du prix aux yeux de Dieu était que, nous aussi, nous lui avons donné du fil à retordre&#0160;pour nous faire naître nous-mêmes à une vie nouvelle?</strong></p>
<p>Nous étions morts; il pouvait nous oublier.&#0160;Le prix de notre retour à la vie était exorbitant; il l’a payé à la croix.&#0160;Nous l’importunons depuis par nos péchés, nous le fatiguons par nos fautes; il efface nos transgressions, oublie nos péchés.&#0160;D’autres renonceraient; il persévère.</p>
<p>Et si, j’y reviens, c’étaient les sacrifices consentis pour que notre vie recouvrée soit une fleur au parfum flatteur qui lui inspirent aujourd’hui cette stupéfiante déclaration d’amour: “Vous avez du prix à mes yeux et je vous aime”?&#0160;</p>
<p>C’est juste une idée, comme ça…</p>
<hr />
<p>* <span style=”font-size: 8pt;”>Billet publié une première fois en septembre 2018 sur <em>Paul&#39;s Café</em>.</span></p>