“Heureux ceux qui pleurent !”

<p>Matthieu 5.4 : <em>“Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés !”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202b68536ed49200d-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Larmes” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202b68536ed49200d img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202b68536ed49200d-600wi” style=”width: 600px;” title=”Larmes” /></a></p>
<p>Si notre ambition est de rayonner en société, il vaut mieux que notre bouche soit pleine de rires.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Heureux les boute-en-train, car ceux-là ont la faveur des hommes&#0160;!</p>
<p>La faveur des hommes peut-être, mais pas forcément celle du Maître.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Qui, si l’on en croit notre texte, réserve sa consolation à ceux qui ont appris, eux, à pleurer.</p>
<p>Mais <strong>pleurer sur quoi</strong> au juste&#0160;?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Réponse&#0160;: <strong>le péché des hommes et ses funestes conséquences</strong>.</p>
<p>Pour Jésus, les disciples, les vrais, ne peuvent tout simplement pas se faire au mal qui les environne.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>C’est Dietrich Bonhœffer qui écrit fort justement à leur propos&#0160;:<span class=”Apple-converted-space”>&#0160;</span></p>
<p style=”padding-left: 40px;”><span style=”font-size: 10pt;”>“[…] ils portent le deuil du monde, de sa culpabilité, de son destin et de sa joie.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Le monde est en fête et ils se tiennent à l’écart ; le monde s’écrie : “Profitez de la vie&#0160;!” et ils sont en deuil.</span></p>
<p style=”padding-left: 40px;”><span style=”font-size: 10pt;”>”Ils voient que le bateau sur lequel des festivités grandioses sont données fait déjà eau.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Le monde se livre à une débauche d’imagination à propos du progrès, de la force, de l’avenir, les disciples [eux] sont au fait de la fin, du jugement et de la venue du Royaume des cieux, ce royaume auquel le monde est si peu apte.”&#0160;*</span></p>
<p>C’est pourquoi, avec tous nos frères et sœurs, <strong>nous devrions pleurer aujourd’hui</strong> plus souvent qu’à notre tour.</p>
<p><strong>Comme ont pleuré avant nous</strong> les plus éminents de nos prédécesseurs dès lors qu’ils découvraient, effarés, la misère absolue d’un peuple dont ils se voulaient étroitement solidaires.</p>
<p>Ainsi, <strong>David&#0160;</strong>: <em>“Mes yeux versent des torrents de larmes parce qu’on ne respecte pas ta loi.”<span class=”Apple-converted-space”>&#0160;&#0160;</span></em>Ou <strong>Jérémie&#0160;</strong>: <em>“Si vous n’écoutez pas […], je pleurerai en secret à cause de votre orgueil.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Mes yeux pleureront abondamment, ils verseront des larmes […].”<span class=”Apple-converted-space”>&#0160;&#0160;</span></em>Ou <strong>Paul&#0160;</strong>: <em>“[…] beaucoup se conduisent en ennemis de la croix de Christ ; je vous ai souvent parlé d’eux, et le fais maintenant encore en pleurant.”</em> ** &#0160;Et <strong>Jésus</strong>, bien sûr, l’homme de douleur qui, à trente ans à peine, en paraissait cinquante*** &#0160;tant le malheur du monde avait déjà mouillé son visage et creusé ses traits.</p>
<p>Mais c’est qu’ils l’aimaient, eux, cette foule vouée à la mort&#0160;!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et vous&#0160;?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et moi&#0160;?</p>
<p>Pour pouvoir être de ceux qui, avec Jésus, pleurent aujourd’hui, <strong>peut-être faut-il que nous commencions par lui demander de nous apprendre à aimer</strong> ceux qui nous entourent comme lui les aime depuis toujours.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Les larmes, alors, secrètes le plus souvent, nous viendront naturellement.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Parce que nous serons devenus <strong>inconsolables</strong> de voir un monde chéri s’abîmer et se perdre.</p>
<p>Inconsolables, oui.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>Mais appelés à être consolés</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>En ce jour à venir bientôt où seront remis à tous les hommes de larmes un diadème au lieu de la cendre, une huile de joie au lieu du deuil, un vêtement de louange au lieu d’un esprit abattu****.</p>
<p>Heureux, nous le serons alors&#0160;!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Enfin&#0160;!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et pour toujours, dans un monde définitivement restauré.</p>
<hr />
<p>* <span style=”font-size: 8pt;”><em>Vivre en disciple. &#0160;Le Prix de la grâce</em> (Labor et Fides : Genève, 2009), 86. &#0160; &#0160;</span> ** <span style=”font-size: 8pt;”>Psaume 119.136 ; Jérémie 13.17 ; Philippiens 3.18. &#0160; &#0160;</span> *** <span style=”font-size: 8pt;”>Voir Jean 8.57. &#0160; &#0160; </span>**** <span style=”font-size: 8pt;”>Ésaïe 61.3.</span></p>