Tranquillisants

<p>Philémon 7 : <em>“Nous éprouvons en effet beaucoup de reconnaissance et de réconfort au sujet de ton amour, car grâce à toi, frère, le cœur des saints a été tranquillisé.”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202b751a4f227200c-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Tranquillisants” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202b751a4f227200c img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202b751a4f227200c-600wi” style=”width: 600px;” title=”Tranquillisants” /></a></p>
<p>Jamais, nous dit-on, le marché des “tranquillisants” n’a été plus prospère dans notre société qu’aujourd’hui.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Ce ne sont plus les seniors seulement qui demandent à être chimiquement soutenus, mais toutes les générations, jusqu’aux plus jeunes.</p>
<p>Et parmi nous&#0160;?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Dans l’Église&#0160;?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Savons-nous combien sont dépendants de ces petites pilules pour ne pas sombrer, tenir et, qui sait ? retrouver peut-être, demain, le sourire&#0160;?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Sans doute bien plus que nous ne le soupçonnons.</p>
<p>Mon propos, ici, n’est pas de dénigrer les psychotropes.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Encore moins de chercher à culpabiliser ceux qui n’ont plus qu’eux pour les maintenir à flot.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Non, mais plutôt de suggérer à notre communauté chrétienne de <strong>s’inquiéter davantage de la présence en son sein d’autres sources d’apaisement</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>De “tranquillisants” différents.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Addictifs peut-être, eux aussi, mais certainement moins nocifs.</p>
<p>Des “tranquillisants” <strong>comme Philémon</strong>, par exemple.</p>
<p>Philémon, un maître chrétien que Paul, son père spirituel, voudrait convaincre de juger Onésime, un esclave en fuite devenu son frère en la foi, digne de le servir à nouveau.</p>
<p>Dans son plaidoyer, l’apôtre ne ménage pas ses éloges.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Chaque fois, dit-il, qu’il se souvient de Philémon, il se félicite et rend grâces à Dieu de ce qu’il sait de lui, de <strong>sa foi</strong> <em>“dans le Seigneur Jésus” »</em> bien sûr, mais aussi, et peut-être surtout, de <strong>son amour</strong> <em>“pour tous les saints”</em>*.</p>
<p>Et ce qui le touche particulièrement dans l’amour fraternel de son disciple est qu’il a <strong>un effet</strong> “<strong>tranquillisant</strong>” sur le cœur des frères et sœurs.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><em>“[…] grâce à toi, frère, le cœur des saints a été tranquillisé.”</em></p>
<p>Deux mots méritent ici que l’on en saisisse bien le sens.</p>
<p><em>“<strong>Cœur</strong>”</em>&#0160;déjà.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Dans la pensée biblique, le terme renvoie d’abord aux “entrailles”, aux “tripes”, donc&#0160;; puis, à la partie la plus profonde, la plus intime de l’être sensible, au <strong>cœur en tant que siège des émotions</strong>, aux sentiments.</p>
<p><em>“<strong>Tranquillisé</strong>”</em> ensuite. Le verbe grec exprimait à l’origine l’idée d’un “<strong>repos</strong>” semblable à celui apporté par une halte accordée à la troupe en marche ou à celui offert par le sabbat aujourd’hui et par le “ciel” demain au fidèle.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Il n’est donc pas surprenant qu’il en soit vite venu à traduire les notions dérivées de <strong>rafraîchissement</strong>, d’<strong>apaisement</strong>, de <strong>tranquillité</strong>.</p>
<p>Il apparaît ainsi que l’amour de Philémon s’est notamment traduit par de louables attentions dont Paul se félicite qu’elles ont apporté aux cœurs inquiets de ses frères et sœurs le repos qu’ils réclamaient.</p>
<p>Un bel exemple de charité chrétienne authentique, donc, qu’il serait heureux que nous suivions aussi scrupuleusement que possible.</p>
<p>Quelle que soit la raison de l’inquiétude, de la crainte ou de l’angoisse troublant les compagnons de route que le Seigneur nous a donnés, nous ne pouvons faire l’économie de les <strong>aimer de cet amour qui prend pitié </strong>et, bien inspiré, trouve bientôt les mots et les gestes aptes à les <strong>réconforter</strong>, les <strong>sécuriser</strong>, les <strong>tranquilliser</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Discrètement, avec tact, en douceur.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Comme Philémon.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et, surtout, Dieu lui-même.</p>
<p>Et si, attentifs aux besoins qui nous entourent, nous cherchions à notre tour à consoler, rassurer, encourager comme nous avons nous-mêmes été apaisés, reposés et relevés par le Seigneur&#0160;!</p>
<p><strong>Heureux celui dont la présence tranquillisante rafraîchit les cœurs&#0160;</strong>!</p>
<hr />
<p>* <span style=”font-size: 8pt;”>Verset 5.</span></p>