<p>Philippiens 1.21 : <em>“[…] Christ est ma vie et mourir représente un gain”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202b751992f75200c-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Christ ma vie” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202b751992f75200c img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202b751992f75200c-600wi” style=”width: 600px;” title=”Christ ma vie” /></a></p>
<p>C’était il y a quelques années.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Un pasteur de renom, durement frappé par la maladie, avait été à l’article de la mort.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et puis… miracle !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>contre toute attente, il s’était rétabli.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Quelques temps après, il rendait ce témoignage devant un vaste parterre de collègues : “J’ai frôlé la mort ; j’ai cru que mon heure était venue, mais, <strong>merci Seigneur</strong>,<strong> je suis vivant aujourd’hui</strong>, bien vivant !”</p>
<p>Comment ne pas comprendre ce serviteur de Dieu ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Qui ne se réjouirait pas de ce que le Seigneur lui accorde une telle grâce ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span><strong>Personne ne souhaite mourir</strong>.</p>
<p>Personne ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span><strong>Pas sûr</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Voyez ce que confie l’apôtre Paul à ses amis philippiens* : <em>“[…] Christ est ma vie et mourir représente un gain” </em>; c’est pourquoi<em> “j’ai le désir de m’en aller et d’être avec Christ, ce qui est de beaucoup le meilleur […].”<span class=”Apple-converted-space”>  </span></em>Autrement dit, ce que ses amis considèrent comme le pire qui pourrait lui arriver, lui le voit comme le meilleur.</p>
<p>D’où son “<strong>tiraillement</strong>”**  intérieur.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>D’un côté, il aimerait que Dieu exauce les prières de ses collaborateurs, supporters et autres amis, et l’arrache à son funeste destin.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>De l’autre, il serait heureux qu’en en arrêtant sa mort, ses juges lui offrent d’aller un peu plus tôt que prévu vers son Sauveur…</p>
<p><strong>Dilemme</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Faut-il qu’il privilégie l’intérêt de ses proches, et prie Dieu de le ramener auprès d’eux ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Ou faut-il qu’il ne voie que son intérêt à lui, et prie le Seigneur de permettre sa condamnation ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Il toucherait alors le “jackpot”, si je puis dire, mais ses proches, eux,<span class=”Apple-converted-space”> s</span>eraient-ils consolables ?</p>
<p>Paul le dit : il a balancé.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et continué de balancer jusqu’à ce que Dieu, en lui révélant son projet pour lui, le persuade de “vivre” encore un peu, assez en tout cas pour contribuer au <em>“progrès”</em> et <em>“la joie dans la foi”</em> de ses frères et sœurs macédoniens.</p>
<p>Et là, je m’arrête pour nous poser la question : <strong>avons-nous, nous, connu déjà pareil embarras </strong>?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>J’aimerais le croire…<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Mais je n’en suis pas certain.</p>
<p>Nous avons tant de peine à <strong>voir la mort autrement que comme une issue redoutable</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Du coup, nous n’hésitons pas : entre vivre et mourir, nous choisissons naturellement… vivre, bien sûr.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Aussi longtemps, en tout cas, que nous n’en avons pas perdu le goût.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Comme si, pour nous, aller vers Christ était moins enviable que rester sur terre !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et être avec lui, moins désirable que demeurer parmi les hommes !</p>
<p><strong>À croire que Christ n’est pas encore notre tout</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>S’il l’était, mourir, pour nous, représenterait à coup sûr un gain, et nous en aller pour être avec lui, un rêve.</p>
<p><em>“<strong>Christ est ma vie</strong>”</em>, lance Paul, avant d’ajouter, en substance, “et vous ne pouvez savoir à quel point il me tarde de le voir enfin, de mes yeux, lui dont je peux dire sincèrement qu’il est tout pour moi.”</p>
<p>Plaise à Dieu que cette admirable confession qui —permettez que je vous livre ici un détail intime— figure depuis des lustres maintenant sur la tombe de mes chers parents, traduise notre propre sentiment : <strong>Christ</strong> ? <strong>notre bien le plus précieux</strong>, la source de notre joie, notre raison de vivre, bref, <strong>notre vie</strong>.</p>
<hr />
<p>*  <span style=”font-size: 8pt;”>Versets 21 et 23.</span>     **  <span style=”font-size: 8pt;”>Le verbe utilisé ici est très fort.<span class=”Apple-converted-space”>  “</span>[…] coloré d’une nuance de violence, il dépeint, écrit Rose-Marie Morlet, l’inconfort de l’apôtre, arrêté au carrefour de deux routes divergentes qui l’attirent toutes les deux fortement et lui font subir une égale pression” (<em>L’Épître aux Philippiens</em>, 78).</span></p>