<p>Marc 14.9 : <em>“Je vous le dis en vérité, partout où cette bonne nouvelle sera proclamée, dans le monde entier, on racontera aussi en souvenir de cette femme ce qu’elle a fait.”</em></p>
<p><em> <a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202b75197e3e1200c-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Onction” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202b75197e3e1200c img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202b75197e3e1200c-600wi” style=”width: 600px;” title=”Onction” /></a><br /></em></p>
<p>Pourquoi, dites-moi, le geste de cette femme, Marie de son prénom*, mérite-t-il aux yeux de Jésus d’être rappelé partout où l’Évangile est annoncé ?</p>
<p>Pour une raison simple : il est d’<strong>une générosité telle qu’on peut y voir comme un reflet de largesse divine</strong> à notre égard.</p>
<p>Le don d'un <em>“demi-litre”</em> de <em>“nard pur” –</em>cette huile précieuse extraite de la racine et de l’épine d’une plante himalayenne– soit, au bas mot, <strong>l’équivalent du salaire annuel d’un ouvrier agricole</strong> !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>D’où la réaction des convives : “Cette femme a perdu la raison !”</p>
<p>“Perdu la raison” ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Ils ne croient pas si bien dire.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Marie a bien “perdu la raison” ; ou, plus exactement, “le sens du raisonnable”, “le sens de la mesure”.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Pourquoi ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Mais parce qu’<strong>elle aime Jésus</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et que <strong>lorsqu’on aime vraiment, il arrive que l’on ne sache plus </strong>“<strong>calculer</strong>”.</p>
<p>Marie vient de comprendre que son Maître s’apprête à donner sa vie pour elle.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Elle est bouleversée.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Mais pas seulement : il lui faut dire à Jésus, avant qu’il ne meure, <strong>son immense reconnaissance</strong>.</p>
<p>Et elle le fait en lui offrant tout d’un coup ce qu’elle possède de plus précieux.</p>
<p>C’est Balzac qui écrivait** : “On ne peut payer une chose inestimable que par une offrande qui soit hors de prix.” <span class=”Apple-converted-space”>  </span>Marie n’a pas lu Balzac, mais elle sait que les sacrifices que Dieu agrée,<strong> les gestes qui le ravissent sont ceux qui coûtent</strong>.</p>
<p>Et nous ? Le savons-nous ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Quand, pour la dernière fois, avons-nous offert au Seigneur —à sa maison, à son service— ou aux autres —à notre frère, à notre prochain— quelque chose qui nous coûtait vraiment ?</p>
<p>Mais il y a plus.<span class=”Apple-converted-space”>  </span><strong>Marie a préparé son geste</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>La fiole d’albâtre qu’elle vide sur Jésus ne se trouve pas là par hasard.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Elle l’a apportée pour lui.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Lorsqu’elle brise le col de son flacon au-dessus de son Maître, son geste n’est donc pas de ceux qu’on regrette aussitôt après qu’on les a accomplis ; <strong>il a été réfléchi</strong> ; et s’il est “déraisonnable”, c’est qu’il a été voulu ainsi.</p>
<p>Que de promesses nous faisons, que d’engagements nous prenons devant le Seigneur, dans un moment d’exaltation intense !<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Au sortir d’une épreuve, peut-être ; ou à la suite d’une intervention particulière de Dieu ; ou encore à l’issue d’une belle prédication, que sais-je ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et combien de ces promesses, et combien de ces engagements tenons-nous réellement ?</p>
<p>On comprend peut-être mieux maintenant pourquoi Jésus tient à ce que le geste de Marie soit cité en exemple partout où l’Évangile est annoncé : <strong>à la fois incalculable et calculé, il est l’expression d’un amour qui renvoie à celui de Dieu</strong>.</p>
<p>Parce qu’il nous aimait d’un amour infini, Dieu, en effet, nous a comme “abandonné” sans en rien retenir <strong>ce qu’il avait de plus cher</strong> : <strong>son Fils</strong>, son unique, son bien-aimé…</p>
<p>Non, <strong>l’amour, le vrai, ne sait pas où est la mesure</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Et lorsqu’il donne, ou se donne, c’est toujours sans compter.</p>
<p>Pour avoir compris ce qu’était l’amour authentique, Marie, elle, a reçu de Jésus, mieux que le “Tableau d’honneur”, les “Félicitations”.</p>
<p>Et nous ?<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Quels gestes récents ont pu nous valoir, de la part du Seigneur, mieux que les “Encouragements”, un “Prix d’excellence” ?</p>
<hr />
<p>*  <span style=”font-size: 8pt;”>Voir récit parallèle en Jean 12.</span>     **  <span style=”font-size: 8pt;”><em>Épisode sous la terreur, Œuvres complètes,</em> VII, 442.</span></p>