<p>Psaume 22.3: <em>“Mon Dieu, je crie le jour, et tu ne réponds pas, la nuit, et je ne trouve pas de repos.”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202e860e6879c200b-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Désespoir” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202e860e6879c200b img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202e860e6879c200b-600wi” style=”width: 600px;” title=”Désespoir” /></a></p>
<p>Je connais des chrétiens admirables à qui il est arrivé de m’avouer se demander s’ils avaient encore la foi. Une vie d’obéissance et des détresses qui s’enchaînent. Des prières confiantes, instantes, persévérantes et des silences lourds, oppressants, choquants. Comme si Dieu n’était plus là. Comme si le ciel était vide. Comme si espérer ne rimait plus à rien.</p>
<p>Peut-être avez-vous connu vous-même pareil sentiment d’abandon. Et peut-être aussi vous êtes-vous inquiété pour votre foi. Vous réconforterai-je un peu si je vous rappelle que <strong>les fidèles les plus éminents ont connu pareil désarroi</strong>?</p>
<p>À commencer par notre poète bien-aimé, <strong>David</strong>, qui, sur la mélodie <em>Biche de l’aurore</em>, s’époumonait*: <em>“Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? Pourquoi t’éloignes-tu sans me secourir, sans écouter mes plaintes? Mon Dieu, je crie le jour, et tu ne réponds pas, la nuit, et je ne trouve pas de repos.”</em></p>
<p>C’est qu’<strong>il est inévitable que les voies divines</strong>, <strong>un jour au moins</strong>, <strong>nous troublent</strong>, nous déconcertent, nous déstabilisent. Et que les plus fervents d’entre nous en viennent à douter de leur foi.</p>
<p>Prenez <strong>Jérémie</strong> maintenant. <em>“Tu m’as enlevé la paix,</em> ose-t-il reprocher à celui dont il ne comprend pas les desseins et n’entend plus la voix**, <em>j’ai oublié ce qu’est le bonheur. Alors j’ai dit: ‘Je n’ai plus d’avenir, je n’ai plus d’espérance en l’Éternel!’”</em></p>
<p><strong>Il n’y a pas de honte</strong>, croyez-moi, <strong>à avouer notre détresse</strong> lorsque nous avons beau <em>“crier et implorer du secours”</em>, Dieu <em>“tient notre prière enfermée” </em>***. Le voile entourant sa personne n’a été que partiellement ôté par son Fils, et c’est peu dire que nombre des desseins qu’il nourrit resteront longtemps proprement indéchiffrables.</p>
<p><strong>Que faire alors</strong>, lorsque nous troublent au point que notre foi vacille ses silences?</p>
<p>Commencer peut-être par nous rappeler — pardon d’être un peu brutal — qu’il ne nous doit rien, pas même une explication.</p>
<p><strong>Nous remettre ensuite en mémoire celles de ses perfections les plus à même de nous réconforter.</strong> Comme la puissance, la bienveillance et la sagesse. Trois attributs qui lui sont indissociables et qui nous autorisent à attendre de lui qu’il réalise parfaitement tout ce qui, il le sait, concourra finalement à notre bien.</p>
<p><strong>Et nous abandonner à lui</strong>. Simplement. Attendant en silence son secours. Parce que nous nous serons laissés convaincre d’espérer, fut-ce contre toute espérance, en sa loyauté absolue.</p>
<p><strong>N’a-t-il pas avoué un jour qu’il nous aimait d’un amour éternel</strong>? Qu’il avait gravé notre nom sur les paumes de ses mains et qu’il ne nous quittait pas des yeux, veillant en permanence à ce que rien —rien! ne nous sépare jamais de son amour insondable, inaltérable, inextinguible?****</p>
<p><strong>Ayons donc foi en lui</strong>! Qui sait? Peut-être est-il sur le point de rompre son silence. Comme il a fini par répondre à David, lui inspirant une seconde partie de psaume proprement lumineuse, à chanter encore et toujours sur la mélodie <em>Biche de l’aurore</em>.</p>
<hr />
<p>* <span style=”font-size: 8pt;”>Psaume 22.2-3.</span>     ** <span style=”font-size: 8pt;”>Lamentations 3.17-18.</span>     *** <span style=”font-size: 8pt;”>Voir Lamentations 3.8.</span>     **** <span style=”font-size: 8pt;”>Voir Jérémie 31.3; Ésaïe 49.14-16; Romains 8.37-39.</span></p>