Le temps aboli

<p>1 Corinthiens 15.52b (NFC) : <em>“[…] les morts ressusciteront pour ne plus mourir […].”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3a12065200c-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Anesthésie” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202c8d3a12065200c img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3a12065200c-600wi” style=”width: 600px;” title=”Anesthésie” /></a></p>
<p>Les <strong>anesthésies générales</strong>, moi, j’aime…</p>
<p>On vous allonge sur une table, vous demande de vous détendre, vous introduit une aiguille dans le bras.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Une personne à l’air compétent scrute un écran où défilent les signes de votre vie.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Elle est satisfaite et vous le dit.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Des gestes furtifs, admirablement réglés, finissent de mettre de l’ordre dans le bloc.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Puis, soudain, une main prend la vôtre.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Un visage masqué se penche sur vous, vous observe un instant, vous sourit, vous rassure…<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et, pfuittt, vous n’êtes plus là.</p>
<p>La durée de votre absence&#0160;?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Vous n’en avez aucune idée.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Ce que l’on fait subir à votre corps pendant ce temps&#0160;?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Vous l’ignorez totalement.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Heureusement.</p>
<p>On vous intube, vous perfuse, vous oxygène, vous ouvre, vous écarte, vous coupe, vous scie, vous râpe, vous ampute, vous libère, vous allège, vous vous répare, vous redresse, vous cautérise, vous recoud, vous bande…<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et vous, <strong>vous ne sentez rien</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Rien du tout.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>Vous n’êtes pas là</strong>.</p>
<p><strong>Le temps passe</strong>&#0160;: une, deux, trois, cinq, huit heures, mais sans vous.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>Vous n’êtes toujours pas là</strong>.</p>
<p>Jusqu’au moment où vous ouvrez les yeux et découvrez un nouveau visage, également souriant et penché sur vous, qui vous annonce d’une voix douce : “Vous êtes en salle de réveil.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Tout s’est bien passé.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Respirez.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Respirez, s’il vous plaît…<span class=”Apple-converted-space”>&#0160;&#0160;</span>Parfait !”</p>
<p>Vos esprits, alors, vous reviennent peu à peu et vous demandez l’heure.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; “</span>Dix-huit heures trente&#0160;?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Non, ce n’est pas possible !”<span class=”Apple-converted-space”>&#0160;&#0160;</span>Vous êtes incrédule.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Il vous faut vérifier.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Vous repérez une pendule et là, vous abdiquez&#0160;: rien à dire, c’est bien le soir. <span class=”Apple-converted-space”>&#0160; “</span>C’est drôle, il me semblait pourtant que je venais tout juste de m’allonger sur la table…”</p>
<p><strong>Magie de l’anesthésie générale qui</strong>, en même temps qu’elle nous épargne moult souffrances, <strong>nous prive d’un coup de la notion même du temps</strong>.</p>
<p>Et si nous tenions là une image de notre destin&#0160;?</p>
<p>La Bible aime à parler de <strong>notre mort</strong> comme d’<strong>un</strong> “<strong>endormissement</strong>”.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et de <strong>notre résurrection</strong> comme d’un “<strong>réveil</strong>”.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Est-ce un hasard&#0160;?</p>
<p>Dites-moi…</p>
<p>Et si, au moment de notre mort, Dieu œuvrait à la manière d’un grand anesthésiste&#0160;?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>S’il nous endormait, tout simplement&#0160;?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Pour que notre corps reste insensible aux outrages de la corruption et ignore tout de la longue attente du jour du grand renouvellement&#0160;?</p>
<p><strong>Et si, pour nous, l’</strong>“<strong>instant d’après</strong>”<strong> était le moment choisi par Dieu pour nous </strong>“<strong>réveiller</strong>” &#0160;—“Ouvrez les yeux&#0160;!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Respirez !”—, et nous accorder alors le bonheur, proprement indicible, de découvrir son visage rayonnant et de l’entendre nous souhaiter la bienvenue dans la vie nouvelle&#0160;?</p>
<p>Je vois la scène : Ève, Abraham, Moïse, Ruth, Samuel, David, Osée, Esther, Marie, Pierre, Jean, Étienne, Paul, Luc et les autres… et ma mère, mon père… et vous, moi… entendant cette voix : “Réveillez-vous&#0160;!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Respirez !”, et ouvrant les yeux… pour les refermer aussitôt, éblouis que nous serons alors par l’éclat sans pareil de notre divin “réanimateur”&#0160;!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et <strong>nous étonnant bientôt tout haut que les années pour les uns, les siècles pour les autres nous aient paru n’avoir duré que le temps d’un clin d’œil</strong>…</p>
<p>Dites-moi, mes amis…<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et si nous tenions dans cette anesthésie générale un signe de ce qui nous attend&#0160;?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>Endormis en Christ et, l’instant d’après, réveillés par lui pour la vie qui ne meurt plus</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Difficile d’imaginer plus belle espérance, non&#0160;?</p>