Le goût de l’Évangile

<p>Apocalypse 10.9b: <em>“[…] il sera amer dans ton ventre, mais dans ta bouche, il sera doux comme du miel.”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3c2811d200c-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Doux-amer” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202c8d3c2811d200c img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3c2811d200c-600wi” style=”width: 600px;” title=”Doux-amer” /></a></p>
<p>Encore <strong>une scène étrange</strong>, que celle-ci, décrite par Jean.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Un ange dont le visage est <em>“comme le soleil”</em> et les jambes <em>“comme des colonnes de feu”</em> lui est apparu, tenant dans sa main <em>“un petit livre ouvert”</em>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et voici qu’une voix, entendue une première fois un peu plus tôt, lui intime l’ordre de prendre l’ouvrage et de l’avaler.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>L’apôtre est interloqué.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Mais il s’exécute.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et constate aussitôt que la voix a dit vrai: le petit livre, dans sa bouche, est doux comme le miel, mais dans son ventre, douloureusement amer.</p>
<p>Que peut bien signifier cette étrange “mise en scène”?</p>
<p>La clé de compréhension se trouve à n’en point douter dans <strong>la nature du</strong> “<strong>petit livre ouvert</strong>”.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Contrairement au document que nul autre que “l’Agneau” ne pouvait ouvrir*, ce modeste volume, lui, est <strong>lisible par tous</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Il ne peut donc s’agir que de <strong>l’Évangile</strong>, par lequel il nous faut entendre tout ce que Dieu a souhaité porter à la connaissance des hommes pour qu’ils sachent comment orienter leur vie.</p>
<p>Ainsi s’explique l’ordre intimé à Jean d’en <em>“avaler”</em>&#0160;le précieux contenu.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Une manière pour la voix de nous indiquer <strong>ce que Dieu attend de nous</strong>, destinataires du message: <strong>que nous nous en emparions pour nous en</strong> “nourrir”; que nous l’ingérions régulièrement et le mastiquions soigneusement.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>L’occasion pour nous de nous interroger.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>La Parole de Dieu figure-t-elle sur notre menu de chaque jour</strong>?</p>
<p>Mais il nous faut en venir maintenant au “goût” de ce “recueil” de la pensée divine: comme l’annonçait la voix céleste, <strong>un goût contrasté</strong>. <span class=”Apple-converted-space”>&#0160;</span></p>
<p><strong>Doux d’abord</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><em>“Doux comme le miel”</em>, écrit l’apôtre.</p>
<p>Doux pourquoi?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>Parce que porteur d’un heureux dévoilement</strong>: celui d’un Dieu qui nous aimait tant qu’il donna un jour son Fils unique afin qu’il suffise désormais que nous croyions en lui pour recevoir aussitôt l’assurance absolue de ne pas périr, mais d’avoir la vie éternelle.</p>
<p>Agréable, donc, parce que révélation d’une grâce divine proprement éblouissante.</p>
<p>Délicieux, parce que chemin nous ramenant des ténèbres à la lumière, du désespoir à l’espérance, de la mort à la vie, des larmes aux rires.</p>
<p><strong>Amer ensuite</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><em>“Quand je l’eus avalé, témoigne Jean, mon ventre fut rempli d’amertume.”</em></p>
<p>Amer pourquoi?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>Parce que sombre prophétie d’un terrible jugement à venir</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Comment ses allusions répétées au grand jour de la colère divine, pour ne citer qu’elles, ne nous retourneraient-elles pas?</p>
<p>Amer, donc, parce qu’annonciateur de douleurs que nous ne souhaitons à personne, mais auxquelles n’échappera, hélas! aucun de ceux qui auront dédaigné jusqu’à la fin le si grand salut qui leur était offert en Jésus-Christ.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Amer, parce que pessimiste quant au sort de notre génération, assombrissant ainsi, reconnaissons-le, au moins un peu, notre joie.</p>
<p>Ah! si l’Évangile n’était que miel!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Mais il est amertume aussi.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>En sorte que notre bonheur, en le lisant, n’est jamais sans lacune et notre plaisir, en le proclamant, jamais sans partage.</p>
<hr />
<p>* <span style=”font-size: 8pt;”>Voir notre billet du 24 octobre 2021.</span></p>