Il est à moi, je suis à lui

<p>Cantique des cantiques 2.16:<em> “Mon bien-aimé est à moi, et moi je suis à lui. Il conduit son troupeau parmi les lis.”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3d29913200c-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Lis” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202c8d3d29913200c img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3d29913200c-600wi” style=”width: 600px;” title=”Lis” /></a></p>
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<p>Comment ne pas goûter le <strong>génie poétique</strong> de celui* à qui nous devons le Cantique par excellence? Comment ne pas tomber sous le charme d’une strophe comme, par exemple, la huitième**, d’où notre texte est extrait?</p>
<p><strong>C’est le printemps</strong>. <em>“[…] l’hiver est passé,/ la pluie a cessé, elle s’en est allée./ Les fleurs apparaissent dans le pays,/ le temps de chanter est arrivé/ et l’on entend le roucoulement de la tourterelle dans notre pays./ Le figuier embaume par ses fruits/ et les vignes en fleur répandent leur parfum parfum.”</em> ***</p>
<p>Le printemps, ou <strong>la saison de ceux qui s’aiment</strong>.</p>
<p><strong>Comme ce beau berger</strong> <em>“qui arrive, sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines […] pareil à la gazelle ou au jeune cerf”</em>, et qui brûle d’entraîner sa belle vers les hauteurs embaumées où il pourra lui dévoiler sa passion débordante.</p>
<p>Et <strong>cette éblouissante amie</strong>, <em>“malade d’amour”</em>, avoue-t-elle, qui ne rêve que d’une chose: retrouver celui qu’aime son cœur, courir vers lui et, aussitôt après qu’elle l’aura embrassé, s’abandonner à lui.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160;</span></p>
<p>Oui, le printemps, la saison de ceux qui, parce qu’ils s’aiment, savent<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>qu’<strong>ils ne se possèdent plus eux-mêmes</strong>, <strong>mais s’appartiennent l’un à l’autre</strong>. Pour toujours. <em>“Mon bien-aimé est à moi, et moi je suis à lui”</em>, exulte la belle demoiselle, qui n’a plus qu’un souhait: pouvoir “ouvrir son jardin” à son élu pour qu’il y fasse “paître son troupeau parmi les lis”.</p>
<p>Les formules sont osées, j’en conviens. Mais, dès lors que nous les croyons divinement inspirées, il est de notre devoir de les accueillir comme <strong>autant d’invitations adressées aux époux à s’abandonner</strong>, <strong>littéralement</strong>, <strong>l’un à l’autre</strong>. Et à jouir pleinement et exclusivement l’un de l’autre, faisant ainsi de leur complicité <strong>un printemps sans fin</strong>.</p>
<p>Cela dit, <strong>ne nous figurons pas avoir épuisé là la richesse de notre citation</strong>. S’il est clair qu’elle évoque d’abord la relation intime de deux jeunes tourtereaux, il n’est pas contestable qu’<strong>elle laisse nettement entrevoir une autre liaison</strong>, également exclusive, profonde et éternelle: <strong>celle qui s’est installée entre Christ et nous</strong>.</p>
<p>Comme notre berger venu chercher sa fiancée et l’inviter à le rejoindre, <strong>Christ est paru parmi nous</strong>, <strong>plein de grâce et de vérité</strong>, <strong>pour nous appeler à nous rapprocher de lui et à le suivre</strong>.</p>
<p>Avec tous ceux parmi nous qui ont entendu sa voix et accepté de se lancer à sa suite, il dit: “<strong>Je suis votre bon berger.</strong> J’ai donné ma vie pour vous et maintenant, je vous connais. Et vous-mêmes me connaissez et me suivez. <strong>Je suis à vous et vous êtes à moi</strong>. Nous nous appartenons mutuellement. Je vous ai donné la vie éternelle et vous ne périrez pas. Jamais. Personne, vous m’entendez? <strong>personne ne pourra jamais vous arracher à ma main</strong>!”****&#0160;</p>
<p>Amis lecteurs, êtes-vous de ceux qui peuvent chanter aujourd’hui “Mon Berger bien-aimé est à moi, et moi je suis à lui”? Avez-vous trouvé votre place dans le troupeau qu’il conduit “parmi les lis”? Sinon, sachez qu’il vous attend. Et qu’<strong>il brûle</strong>, <strong>lui aussi</strong>, <strong>de vous accueillir dans le jardin d’amour et de joie qu’un autre jardin, celui de Gethsémané, a rendu possible</strong>.</p>
<hr />
<p>* <span style=”font-size: 8pt;”>Salomon? Peut-être, mais pas sûr. Car il est possible que l’en-tête du Cantique désigne le destinataire plutôt que l’auteur.</span> &#0160; &#0160; ** <span style=”font-size: 8pt;”>Cantique des cantiques 2.8-17.</span> &#0160; &#0160; *** <span style=”font-size: 8pt;”>Versets 11 à 13a.</span> &#0160; &#0160; **** <span style=”font-size: 8pt;”>Voir Jean 10.11, 14, 27-28.</span></p>