Et lui, alors ?

<p>Jean 21.21b: <em>“Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il?”</em></p>
</p><a class=”asset-img-link” style=”display: inline;” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202e86100d020200d-pi”><img class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202e86100d020200d img-responsive” style=”width: 600px; ” alt=”Et lui?” title=”Et lui?” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202e86100d020200d-600wi” /></a><br />
<p>Des douze apôtres, <strong>Pierre</strong> est probablement celui qui nous ressemble le plus. Tenez, encore un exemple!</p>
<p>Peu de temps après qu’il est ressuscité, Jésus retrouve ses disciples sur les rives du lac de Tibériade. Une longue nuit de pêche sans prises les a épuisés. Aucun ne fait attention à lui. Pas même lorsqu’il les presse de jeter à nouveau leur nasse et que, ô surprise! ils s’exécutent. Ce n’est qu’après qu’ils ont constaté leur pêche miraculeuse que Jean, enfin! le reconnaît et crie: <em>“C’est le Seigneur!”</em>.</p>
<p>Et l’on connaît la suite. Pierre se jette à l’eau, les disciples tirent leur filet plein à craquer et passent à table, si je puis dire, le temps de partager avec leur Maître les délicieuses grillades qu’il leur a préparées.</p>
<p>C’est alors que <strong>Jésus</strong>,<strong> dans sa grâce</strong>,<strong> offre à Pierre de recouvrir lui-même ses trois reniements par trois confessions de son amour pour lui</strong>. Et surprend tout le monde en confiant à son disciple repentant <strong>la plus noble des missions</strong>: <strong>être</strong> “<strong>le pasteur de ses brebis</strong>”.</p>
<p>On imagine le ravissement de notre ami. Sauf que c’est <strong>le moment choisi par son divin Maître pour lui annoncer le martyre qui l’attend</strong>! Et l’euphorie retombe. Pierre, alors, se retourne et ayant aperçu Jean demande: <em>“Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il?”</em></p>
<p>Et là, je marque une pause et demande&nbsp;s’il nous est possible de ne pas nous reconnaître en lui. Nous qui ne pouvons nous retenir de <strong>comparer notre sort à celui des autres</strong>. Surtout lorsque le premier nous paraît moins enviable. Parce qu’il ne nous paraît pas juste que nous pâtissions alors qu’ils prospèrent.</p>
<p><strong>Qui d’entre nous n’a jamais questionné le Seigneur</strong>? Qui ne lui a jamais demandé s’il était juste que tout sourie à notre frère tandis que nous allions, nous, d’épreuve en épreuve? Qui n’a jamais dû réprimer en lui le sentiment que Dieu<span class=”Apple-converted-space”>&nbsp; </span>pouvait se montrer injuste? Qu’il avait ses préférés? Comme Jean. Et que nous n’en faisions décidément pas partie? Qui? Pas moi, en tout cas.</p>
<p>Arrêtons-nous donc maintenant sur <strong>la réponse faite à Pierre</strong>. <em>“Si je veux qu’il vive jusqu’à ce que je revienne, en quoi cela te concerne-t-il? Toi, suis-moi.”</em> Que nous dit-elle?</p>
<p>D’abord, que <strong>le Seigneur est à jamais libre de nous traiter comme il l’entend</strong>. Qu’il ne nous appartient donc pas de discuter les projets qu’il nourrit à notre égard. Non plus d’ailleurs qu’à l’égard des autres.</p>
<p>Ensuite, et de manière générale, qu’<strong>il vaudrait mieux que nous nous occupions de nos propres affaires</strong> sans nous inquiéter trop de celles des autres.</p>
<p>Enfin, que <strong>notre vocation est de le suivre</strong>, un point c’est tout. Autrement dit, d’accepter le chemin qu’il nous trace, fut-il plus étroit, plus rocailleux, plus raide que celui de notre voisin.</p>
<p>Point de place, donc, dans nos vies pour les récriminations amères et les comparaisons stériles!</p>
<p>Mais <strong>une conviction intime et solide</strong>: celle de suivre un souverain Berger dont nous savons depuis au moins trois millénaires qu’il conduit sûrement chacune de ses brebis.<span class=”Apple-converted-space”>&nbsp;</span></p>
<p>Et <strong>une ambition impatiente et forte</strong>: celle d’apprendre à glorifier le Seigneur, quel que soit le lot qui nous est échu. En d’autres termes, rechercher en toutes circonstances à lui être agréables et lui rendre honneur. Vivre chacune de nos journées, jusqu’aux plus sombres, de telle sorte qu’il soit fier de nous. Comme Pierre, dont la mort, a compris Jean*, <em>“révélerait la gloire de Dieu.”</em></p>
<hr />
<p>* <span style=”font-size: 8pt;”>Jean 21.19.</span></p>