Quand Dieu souffre

<p>Ésaïe 63.9: <em>“Dans toutes leurs détresses, il a souffert avec eux […].”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202e861071089200d-pi” style=”display: inline;”><img alt=”277-Dieu souffrant” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202e861071089200d img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202e861071089200d-600wi” style=”width: 600px;” title=”277-Dieu souffrant” /></a></p>
<p>Je me souviens encore de ce jour avec émotion. J’avais été insupportable. Je méritais une correction. C’est ma mère qui me l’infligea.</p>
<p>Mais à peine avait-elle exécuté la sentence qu’elle me prit dans ses bras en pleurant. Je compris alors que, des deux, <strong>c’était elle qui avait le plus souffert</strong> du châtiment appliqué. <strong>Parce qu’elle m’aimait</strong>.</p>
<p>À la manière de Dieu.</p>
<p>C’est un chrétien irakien qui dit un jour: “Quand j’ai lu la Bible pour la première fois, j’ai pleuré à cause de la beauté de ses paroles.”</p>
<p>Notre texte est l’un de ceux qui devraient nous arracher au moins une larme.</p>
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<p><strong>Le contexte</strong> d’abord. Le prophète Ésaïe intercède en faveur de son peuple. Pourquoi? Parce qu’<strong>il sait les siens visés par la rancœur de son Dieu</strong>. L’Éternel s’était voulu leur sauveur; ils se sont révoltés contre lui. Il avait rêvé de les choyer; ils ont <em>“attristé son Esprit saint”</em>. De sorte, lisons-nous au verset 10, qu’<em>“il s’est transformé pour eux en ennemi, il a lui-même combattu contre eux”</em>.</p>
<p>Ésaïe ouvre donc sa supplique en rappelant la manière dont l’Éternel est intervenu par le passé. Il récapitule les paroles et les actes par lesquels son Dieu a manifesté jadis la profondeur de sa tendresse et la richesse de sa bonté à l’égard de ses enfants alors même qu’ils le défiaient. Histoire d’apaiser sa colère. Histoire d’obtenir leur grâce.</p>
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<p><strong>La perle</strong> maintenant.</p>
<p>En pleine remémoration des faveurs divines dont a bénéficié son peuple retors, le prophète insère ce trait divin, proprement bouleversant: dans toutes les détresses que les siens ont connues pour s’être révélés désespérément rétifs, <strong>l’Éternel souffrait avec eux</strong>!</p>
<p>Étonnant, non? Un Dieu, notre Dieu, dont la compassion est telle qu’<strong>il lui est impossible d’affliger sans être lui-même affligé</strong>! Comme s’il ressentait lui-même les souffrances que sa justice lui interdisait de nous épargner! Comme si nos douleurs ne pouvaient pas ne pas être les siennes aussi!</p>
<p><strong>Infiniment</strong> “<strong>miséricordieux</strong>”, tel est celui que nous adorons! Dont le cœur ne peut rester insensible à notre détresse, pas même lorsque notre malheur est mérité.</p>
<p><strong>Intimement touché</strong> par notre souffrance, il ne saurait nous y abandonner. Pas même un instant. Mystérieusement proche de nous dans les épreuves quelles qu’elles soient que nous traversons, il n’a point de repos qu’il ne nous ait soit convaincus de revenir à lui, soit assurés de son soutien indéfectible, soit égayés en nous rappelant le fabuleux héritage qui nous est promis.</p>
<p>Nous figurer, au motif que nous sommes durement malmenés, que Dieu nous a abandonnés serait donc le méconnaître gravement.</p>
<p><strong>Célébrons-le </strong>plutô<strong>t</strong>, comme Ésaïe, <strong>pour l’infinie richesse de sa grâce</strong>! Lui qui, alors même que nous l’accablions par nos fautes, choisit d’en payer lui-même, à <strong>la Croix</strong>, l’effroyable prix! Lui qui, après qu’il se fut laissé toucher par nos souffrances, nous a rejoints pour les porter avec nous! Lui enfin qui, bouleversé par nos larmes d’aujourd’hui, nous promet pour demain un nouvel Éden où plus une larme, si ce n’est de joie, ne coulera!</p>