“Je ne ressens rien !”

<p>Jean 15.14&#0160;: “<em>Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e20282e156460c200b-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Obéissance” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e20282e156460c200b img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e20282e156460c200b-600wi” style=”width: 600px;” title=”Obéissance” /></a></p>
<p>Il n’est pas impossible que mon dernier billet ait alarmé certains de mes lecteurs.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Parce qu’ils n’ont jamais éprouvé à l’égard de Dieu un amour pareil à celui de notre “petit bonhomme” de quatre ans.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Lui l’aimait tant qu’il avait besoin de “lui faire un câlin”&#0160;*.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Eux, non.</p>
<p>Je songe alors, avec émotion, à <strong>Olga</strong>, une paroissienne des plus fidèles&#0160;: près de soixante-dix années au service de son Maître.</p>
<p>Un jour, pourtant, elle demande à me voir.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Au ton de sa voix, je devine que l’affaire est urgente.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Je la reçois le jour même.</p>
<p>Une larme coule sur sa joue.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Puis une autre.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; “</span>Paul, finit-elle par me dire, j’ai peur.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Peur de mourir.”</p>
<p>Je lui demande pourquoi.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; “</span>Parce que je crains de ne pas aimer Jésus.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>En tout cas pas comme je le devrais.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>J’essaie, pourtant.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et comment&#0160;!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Mais je ne ressens rien.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Je lis sa Parole, je prie&#0160;; je lis encore, je prie de nouveau… Et rien&#0160;!”</p>
<p>Je l’invite à préciser&#0160;: “<strong>Aucun frisson</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Vous savez&#0160;?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Comme quand on aime vraiment…”</p>
<p>…</p>
<p>Qui n’a jamais connu ce sentiment ni partagé cette crainte&#0160;?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Pas moi en tout cas.</p>
<p>Mais n’est-ce pas oublier cette parole de Jésus —Jean 15.14&#0160;: <em>“Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.”</em></p>
<p>Il ne serait certainement pas anormal que notre amour pour Dieu, Père, Fils et Esprit nous inspire, de temps à autre au moins, quelques élans semblables à ceux de notre “petit bonhomme”.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et que nos cœurs s’embrasent lorsque nous reviennent en mémoire et sa beauté et sa bonté.</p>
<p>Pour autant, ne perdons pas de vue que pour Jésus, <strong>l’amour qui est attendu de nous</strong>, avant d’être un sentiment, forcément fluctuant, est <strong>une ferme résolution&#0160;</strong>: celle de <strong>rechercher en tout la volonté divine pour l’accomplir</strong>.</p>
<p>Notre premier souci ne devrait donc pas être&#0160;: “Suis-je “amoureux” de lui&#0160;?”, mais plutôt&#0160;: “Mon ambition de chaque jour est-elle de <strong>marcher d’une manière digne de lui et de lui plaire entièrement&#0160;</strong>**?”</p>
<p>Car ceux qui s’efforcent quotidiennement de faire ce qu’il commande sont ceux qui ont commencé de l’aimer comme il voudrait être aimé.</p>
<p>Leur cœur ne battra peut-être pas la chamade chaque fois qu’ils entendront prononcé le nom du Père, ou du Fils ou de l’Esprit, mais personne ne pourra leur reprocher de ne pas aimer.</p>
<p><em>Obedient, ergo amant</em>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>Ils obéissent, donc ils aiment</strong>.</p>
<p>Pour nous, donc, suivons simplement la voie qu’il nous trace, et nous aurons alors l’assurance que nous l’aimons, quel que soit notre ressenti.</p>
<p>Surtout, <strong>nous saurons que Dieu est notre ami</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Or, y a-t-il bonheur plus grand que celui-ci&#0160;: se savoir ses amis&#0160;?</p>
<p>Et qui sait si, en cheminant quotidiennement avec cet ami incomparable, nous ne finirons pas nous aussi par nous éprendre d’une grande tendresse pour lui&#0160;?</p>
<hr />
<p>* &#0160;<span style=”font-size: 8pt;”>Se reporter au billet précédent.</span> &#0160;** &#0160;<span style=”font-size: 8pt;”>Voir Colossiens 1.10.</span></p>