Gare aux bons sentiments !

<p>Matthieu 16.21-23: <em>“Dès ce moment, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il devait aller à Jérusalem, beaucoup souffrir de la part des anciens, des chefs des prêtres et des spécialistes de la loi, être mis à mort et ressusciter le troisième jour. Alors Pierre le prit à part et se mit à le reprendre en disant: ‘Que Dieu t’en garde, Seigneur! Cela ne t’arrivera pas.’ Mais Jésus se retourna et dit à Pierre: ‘Arrière, Satan, tu es un piège pour moi, car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celle des hommes.’”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202e860eb3615200b-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Non” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202e860eb3615200b img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202e860eb3615200b-600wi” style=”width: 600px;” title=”Non” /></a></p>
<p>Ils sont nombreux, hélas! ceux qui ne vous écoutent qu’à moitié. Vous n’avez pas prononcé deux mots que, déjà, ils ont sondé votre pensée et compris votre message. C’est au point qu’ils pourraient très bien conclure pour vous votre phrase et qu’ils font ce qu’il faut pour que vous le sachiez.</p>
<p>Il en est un à qui il est arrivé au moins une fois de pointer dans cette catégorie: <strong>Pierre</strong>.</p>
<p>Pierre, <strong>notre semblable</strong>, notre compagnon, notre ami.</p>
<p><strong>Ah</strong>! <strong>s’ił avait écouté Jésus jusqu’au bout</strong>! S’il ne s’était pas laissé arrêter par ses premiers mots! S’il l’avait entendu annoncer le triomphe à venir, non pas de la mort, mais de la vie!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160;</span></p>
<p><strong>Peut-être se serait-il fort heureusement dispensé de le</strong> “<strong>prendre à part</strong>” <strong>pour le</strong> “<strong>reprendre</strong>”.</p>
<p>Vous imaginez la scène? Le disciple qui tire délicatement le Maître par la manche! Et qui l’invite à se ressaisir! À faire acte de foi! À reprendre courage! “Tu déprimes, mais t’inquiète! Seigneur, cela ne t’arrivera pas.”</p>
<p>Mais <strong>peut-être aussi se serait-il salutairement épargné la brûlure d’une réprimande bien sentie</strong>.</p>
<p>Vous figurez-vous son émoi, sa confusion, son désarroi après que Jésus l’a publiquement sermonné comme il l’a fait?</p>
<p>Mais au fait, <strong>de quelle faute</strong> autre que celle de s’être cru un instant plus avisé que son Maître, <strong>Pierre s’est-il rendu coupable</strong>, qui justifiait pareille admonestation?</p>
<p>Très clairement: <strong>celle d’avoir</strong> “<strong>tenté</strong>” <strong>Jésus</strong>. Celle d’avoir été, un instant au moins, l’instrument de Satan pour le détourner de sa mission.</p>
<p>En ne souffrant pas que son Maître s’inquiétât de son sort, <strong>Pierre</strong>, <strong>sans le savoir</strong>, <strong>faisait le jeu de l’ennemi de nos âmes</strong>. <strong>Il inclinait Jésus à refuser le martyre ultime</strong>: la Croix, par laquelle seule les hommes devaient être arrachés à l’empire du péché et de la mort.</p>
<p>L’occasion pour nous de nous rappeler que <strong>toutes les bonnes intentions ne sont pas louables</strong>.</p>
<p>Il est heureux que, soucieux des autres, nous cherchions à les épargner, les préserver, les rassurer, les apaiser. Mais faut-il pour autant que nous excluions qu’ils puissent être éprouvés? Que Dieu veuille tester leur foi, <em>“beaucoup plus précieuse que l’or, qui est périssable et que l’on soumet pourtant à l’épreuve du feu”</em> *? Qu’il juge opportun de les placer dans une situation où il leur sera possible de prouver tout à la fois leur patience, leur fidélité, leur espérance et leur persévérance? Qu’il les teste pour leur offrir l’occasion de le glorifier devant les hommes par leur résilience?</p>
<p><strong>Et si nous le laissions enfin décider seul de ce qui est le meilleur pour chacun</strong>?</p>
<p>Revenons maintenant à Pierre. Nul doute qu’il fut profondément affecté par la remontrance de son Maître. Mais voyez comment il en a tiré profit: lorsque, un peu plus tard, Jésus lui annoncera par quelle mort il révélerait la gloire de Dieu, <strong>il s’interdira de protester</strong>. Et là, je dis: “<strong>Pierre</strong>, <strong>respect</strong>!”</p>
<hr />
<p>* <span style=”font-size: 8pt;”>1 Pierre 1.7.</span></p>