<p>Ésaïe 29.13b: <em>“[…] la crainte qu’il a de moi n’est qu’un commandement humain, une leçon apprise.”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202e860ee4153200b-pi” style=”display: inline;”><img alt=”273-Leçon apprise” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202e860ee4153200b img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202e860ee4153200b-600wi” style=”width: 600px;” title=”273-Leçon apprise” /></a></p>
<p><strong>Il arrive que Dieu aussi soit dépité</strong>. Comme cette fois, du vivant du prophète Ésaïe. Jérusalem, qu’il chérit, l’insupporte. <em>“Ce peuple”</em>, dit-il, une pointe de dégoût dans la voix. <em>“Ce peuple”</em>…</p>
<p><strong>Mais que fait-il donc</strong>, “<strong>ce peuple</strong>”, qui expliquerait pareil désappointement, pareil dépit, pareille amertume chez son bienfaiteur de toujours?</p>
<p>La parole est à l’Éternel. Il <em>“s’approche de moi”</em>, mais <em>“<strong>il m’honore de la bouche et des lèvres</strong>”</em> seulement. Il se rend au sanctuaire, offre ses sacrifices, chante mes louanges, mais uniquement par habitude, machinalement.</p>
<p> <em>“[…] son cœur est éloigné de moi”</em>. <strong>Son culte est un culte froid</strong>. Aucun sentiment, aucun enthousiasme. Pas la moindre trace de vraie reconnaissance et d’amour sincère.</p>
<p>Quant à <em>“la crainte qu’il a de moi”</em>, elle<em> “n’est qu’un commandement humain, <strong>une leçon apprise</strong>.”</em> Cela fait longtemps que son hommage sonne faux. Longtemps qu’il n’est que l’insupportable répétition de gestes et de mots vides. Longtemps qu’il n’est plus que l’ennuyeuse récitation d’<em>“une leçon apprise”</em> et qu’il faut bien resservir.</p>
<p><strong>On comprend la lassitude de l’Éternel</strong>.</p>
<p><strong>Et, pour finir, sa colère</strong>. <em>“[…] je continuerai à étonner ce peuple par des merveilles et des miracles,</em> annonce-t-il, <em>de sorte que la sagesse de ses sages disparaîtra et l’intelligence de ses hommes intelligents devra se cacher.” </em>Comprenons: “je veillerai à ce que les élites en qui il se confie se fourvoient et le conduisent au désastre en le pressant de compter sur Égypte pour le sauver de l’envahisseur assyrien”.</p>
<p>Et <strong>voici venu le moment de nous interroger sur notre propre culte</strong>. Le culte que le Seigneur est seul à pouvoir apprécier à sa juste valeur. <strong>Est-il de ceux qui font sa joie</strong>?</p>
<p>C’est peu probable si, comme Jérusalem, nous ne l’adorons que du bout des lèvres. Avec des mots justes peut-être, mais si souvent ressassés qu’ils ne signifient plus rien.</p>
<p>Ou si, comme celui de Jérusalem, notre hommage ne jaillit pas librement d’un cœur authentiquement ému. D’un cœur bouleversé par la grâce divine. D’un cœur éperdu de reconnaissance. D’un cœur qui brûle. D’un cœur qui aime. <strong>Dieu n’a que faire d’une révérence sans flamme</strong>.</p>
<p>Ou encore si, comme Jérusalem toujours, nous nous contentons de répéter <em>“une leçon apprise”</em>, plus préoccupés que nous sommes de rassurer les autres sur notre compte que de réjouir le cœur de Dieu. Gestes contraints, formules attendues, voire prières convenues ne sont d’aucune valeur à ses yeux.</p>
<p>À l’inverse, il ne fait aucun de doute qu’<strong>il ne restera pas insensible au culte que nous lui rendons s’il perçoit en lui l’expression spontanée et personnelle d’une gratitude</strong>,<strong> d’une vénération et d’un attachement sincères</strong>.</p>
<p><strong>Il est donc temps pour nous d’évaluer honnêtement ce que nous offrons au Seigneur</strong> en réponse à l’appel qui nous est adressé à le louer, lui, l’infiniment grand et généreux.</p>
<p>Pour ne pas encourir à notre tour son juste courroux.</p>
<p>Mais, surtout, <strong>pour pouvoir nous le représenter souriant</strong>. Souriant parce que célébré par des êtres anxieux de lui témoigner leur amour grandissant par des mots et des gestes spontanés, libres et, pourquoi pas? inédits.</p>