Dans la tempête

<p>Psaume 89.22a: “<em>Ma main le soutiendra […].”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e20263e944b408200b-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Main” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e20263e944b408200b img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e20263e944b408200b-600wi” style=”width: 600px;” title=”Main” /></a></p>
<p>Je devais avoir six ou sept ans.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Nous dînions encore lorsque mon père me dit: “Ce soir, Paul, nous allons marcher ensemble.”</p>
<p>Stupeur d’abord.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Mon père n’était pas du genre à se promener.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Bonheur ensuite.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Il me proposait, à moi, de sortir seul avec lui.</p>
<p>Il faisait nuit sur la moraine.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Nuit comme à la campagne.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Vraiment nuit.&#0160;Et le vent soufflait.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Soufflait très fort.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Si fort que le bois des poteaux électriques sifflait.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Un sifflement sinistre.</p>
<p>J’avais peur.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et cette peur grandissait à mesure que nous nous enfoncions dans la tempête.</p>
<p>C’est alors que, sans un mot, mon père prit ma petite main dans la sienne.</p>
<p>Ah! cette main!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Soixante ans après, j’en sens encore et la rugosité et la puissance.</p>
<p>La bise hurlait toujours, mais l’effroi, lui, s’était dissipé.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>Que pouvait la tourmente contre moi?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Papa me tenait par la main!</strong></p>
<p>Sa main, hélas! n’est plus là pour me rassurer.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Mais il est une autre main, qui, depuis, a saisi la mienne.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et la vôtre aussi.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et cette main-là, incomparable, ne lâchera jamais la nôtre.</p>
<p>Le vent pourra souffler, les flots se déchaîner, elle sera toujours là pour nous soutenir, nous rassurer et ramener la paix dans nos esprits inquiets.</p>
<p>Une seule condition: que nous répondions Oui à celui qui nous invite à marcher chaque jour avec lui et qu’avec le poète*, nous le priions:</p>
<p style=”padding-left: 40px;”>Tiens dans ta main mon cœur plein de faiblesse./ Sans ton secours je ne puis faire un pas./ Écoute-moi, regarde ma tristesse,/ Viens, secours-moi, ne m’abandonne pas!</p>
<p style=”padding-left: 40px;”>Tiens dans ta main, ma main parfois tremblante./ Quand vient l’épreuve et ses jours de douleur,/ Donne à ma foi, souvent si chancelante,/ Plus de douceur, de paix et de ferveur!</p>
<p style=”padding-left: 40px;”>Tiens dans ta main mon âme tout entière,/&#0160;Révèle-moi, Jésus, tout ton amour./ Sois mon rocher, mon ancre, ma lumière,/&#0160;Mon roi, mon maître, ô Jésus, chaque jour!</p>
<hr />
<p><span style=”font-size: 8pt;”>* Rillet, L.-E. (Sur les ailes de la foi, n° 206, str. 3, 4, 5).</span></p>