Rappel à l’ordre

<p>Jean 2.3-4a: “<em>Comme le vin venait à manquer, la mère de Jésus lui dit: ‘Ils n’ont plus de vin.’<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Jésus lui répondit: ‘Que me veux-tu, femme?’”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e2027880239a1a200d-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Rappel à l&#39;ordre” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e2027880239a1a200d img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e2027880239a1a200d-600wi” style=”width: 600px;” title=”Rappel à l&#39;ordre” /></a></p>
<p>Étrange, non?</p>
<p>Marie, qui doit avoir eu sa part de responsabilité dans la préparation du banquet, s’approche de son fils et, discrètement, l’informe: <em>“Ils n’ont plus de vin.”</em><span class=”Apple-converted-space”>&#0160;&#0160;</span>Sous-entendu: “À toi de jouer!”</p>
<p>Et son Fils bien-aimé de nous surprendre en lui répliquant brutalement: <em>“Que me veux-tu, femme?”</em></p>
<p>Sous le choc de cette apostrophe pour le moins inattendue, nous avons besoin de comprendre.</p>
<p>Si l’appellation <em>“femme”</em>, plutôt que “mère”, ne contient ici aucune nuance d’irrespect, elle introduit à l’évidence une certaine distance entre Jésus et Marie.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Une distance que souligne la question qui suit –surprenante de vigueur: <em>“Que me veux-tu?”</em><span class=”Apple-converted-space”><em>&#0160;</em>&#0160;</span>Ou, autre traduction, “<strong>De quoi te mêles-tu?</strong>”.</p>
<p>Maintenant, que signifie cette interpellation?</p>
<p>Reconnaissons qu’il n’est pas aussi aisé qu’il y paraît d’en saisir immédiatement toute la portée.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Mais s’il est une chose qu’elle traduit clairement, c’est bien celle-là: Jésus est profondément contrarié par l’intervention de sa mère, dont la requête est inopportune, déplacée, sinon fâcheuse.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et il tient à le lui faire savoir.</p>
<p>Mais qu’est-ce qui, dans la prière de Marie, a bien pu le contrarier à ce point?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et d’où vient qu’il semble faire si peu de cas ici de la grande confiance en lui que sa mère vient tout juste de démontrer?</p>
<p>La <em>Bible en français courant</em> nous met, je crois, sur la bonne piste lorsqu’elle rend ainsi le propos de Jésus: “Femme, <strong>est-ce à toi de me dire ce que j’ai à faire?</strong>”</p>
<p>Par sa requête, Marie, sans forcément en être consciente, dictait à Jésus sa conduite.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et celui-ci l’a immédiatement perçu.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>D’où sa réaction, plutôt véhémente –en substance :&#0160;“Qui es-tu pour vouloir remplir toi-même mon agenda?”</p>
<p>Et l’incident est intéressant.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Une femme prie –avec foi; et le Seigneur est comme agacé.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Pourquoi?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Parce que dans cette prière, il a discerné plus qu’une simple suggestion, <strong>une forme d’ordre</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et c’est ce précisément qu’il ne peut accepter sans réagir vivement.</p>
<p>Non, <strong>ce n’est pas à nous de lui dire ce qu’il a à faire</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>Lui seul sait</strong>, non seulement ce qu’il convient de faire, mais encore quand et comment il vaut mieux le faire.</p>
<p>La tentation, c’est vrai, est parfois irrésistible: parce que tout nous paraît tellement évident, nous nous risquons d’abord à lui donner quelques idées –des fois qu’il en manquerait!– avant de lui dicter carrément ce que nous attendons de lui.</p>
<p>Nous avons besoin de <strong>réapprendre à prier</strong>.</p>
<p>Prier, faut-il le rappeler? ce n’est pas tenter d’imposer sa propre volonté au Seigneur. &#0160;Prier, c’est, au contraire, s’approcher de lui et <strong>se mettre à son écoute</strong> pour discerner sa volonté, de façon à pouvoir ensuite ne plus lui demander que ce qu’il sera trop heureux de nous accorder à l’“heure” de son choix.</p>
<p>Et s’il garde le silence, <strong>nous soumettre d’avance</strong> à son “bon” vouloir dont on ne dira jamais assez qu’il est à jamais le meilleur.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>En toute confiance</strong>, donc.</p>