Assez sobres pour prier

<p>1 Pierre 4.7&#0160;: <em>“[…] soyez […] sobres afin de vous livrer à la prière.”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202ae7b07d64d200b-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Priorités” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202ae7b07d64d200b img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202ae7b07d64d200b-600wi” style=”width: 600px;” title=”Priorités” /></a></p>
<p>Pourquoi prions-nous si peu, quand nous prions encore&#0160;?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>C’est la question que je posais dans mon dernier billet.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Oui, pourquoi&#0160;?</p>
<p>Pierre proposait une première réponse&#0160;: parce que nous manquons de sagesse.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Il en suggère maintenant une seconde&#0160;: parce que <strong>nous ne sommes pas assez sobres</strong>.</p>
<p>Après nous avoir conviés à bien ordonner notre vie de manière que nous respections les priorités que Dieu nous indique en attendant <em>“la fin de toutes choses”,</em> Pierre souhaite nous inviter à “<strong>désencombrer</strong>” <strong>nos</strong> <strong>journées</strong>&#0160;de sorte que nous puissions consacrer à notre relation avec Dieu le temps qu’elle réclame pour porter tout son fruit.</p>
<p>Il va donc un peu plus loin, laissant clairement entendre cette fois que si nous ne prions pas suffisamment, ce n’est pas seulement parce que nous sommes “trop” occupés, c’est aussi parce que nous sommes pour la plupart “<strong>inutilement</strong>” <strong>surchargés</strong>.</p>
<p>Et l’apôtre ici de mettre le doigt sur un problème bien concret que, plus encore que ses premiers lecteurs, nous connaissons aujourd’hui&#0160;: celui d’<strong>un emploi du temps encombré d’occupations vaines</strong>.</p>
<p>Quand je pense qu’il est des “retraités” qui n’ont pas le temps de prier&#0160;!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Mais loin de moi l’intention de leur jeter la pierre&#0160;: nous avons tous plus ou moins laissé s’introduire dans notre vie <strong>des activités</strong> “<strong>parasites</strong>” qui “mangent” indûment nos journées, au point que nous n’avons <strong>plus de temps pour réjouir le cœur de Dieu et nous faire du bien</strong>, nous restaurer au sens le plus fort du terme en nous présentant simplement devant lui afin de goûter tranquillement et dans la reconnaissance aux joies de sa compagnie.</p>
<p>L’appel, ici, est donc à <strong>une vie plus simple</strong>, plus dépouillée que celle que nous vivons.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Une fois encore, soyons honnêtes&#0160;: tout ce qui fait nos jours et entrave notre vie de prière est-il bien utile&#0160;?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Bienfaisant&#0160;?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Édifiant&#0160;?</p>
<p>La société de consommation dans laquelle nous vivons rend difficile le choix d’une vie sobre.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Tout y est conçu pour nous persuader que le bonheur est dans le “plus”, jamais dans le “moins”.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et parce que nous aussi nous laissons leurrer, nous accumulons les gadgets, dont nous usons jusqu’à nous laisser parfois asservir par eux.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Qui osera prétendre qu’aucun outil —à commencer par le téléphone, la télévision ou l’ordinateur—, aucun loisir —sport, lecture, cinéma, voyage…— ne l’a jamais “distrait” de l’essentiel, savoir… la conversation avec Dieu&#0160;?</p>
<p>L’invitation de l’apôtre, on le voit, est à <strong>une certaine forme d’ascèse</strong>, de dépouillement.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>De sacrifice, donc.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Non pour ôter ses couleurs à notre vie —ce que certains penseront peut-être—, mais pour l’éclairer, au contraire, l’enrichir, l’embellir.</p>
<p><strong>L’</strong>“<strong>ivresse</strong>”, dans la Bible, représente ce qui fait oublier jusqu’aux réalités les plus profondes&#0160;; <strong>ce qui</strong> “<strong>distrait</strong>” —nous y revenons— <strong>de l’essentiel, savoir Dieu</strong>, sa personne et ses commandements, et sa communion, dans l’espérance de son apparition en Jésus-Christ au moment, tout proche désormais, de la “fin”* .</p>
<p>Saurons-nous répondre à cette autre invitation du Seigneur&#0160;?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et <strong>nous défaire énergiquement d’assez d’œuvres parasites</strong> pour rendre à notre vie la “simplicité” qui n’aurait jamais dû cesser de la caractériser&#0160;?</p>
<hr />
<p>* &#0160;<span style=”font-size: 8pt;”>Voir Paul Beauchamp, “Ivresse”, et&#0160;Marcel Didier, “Veiller”,&#0160;<em>Vocabulaire de Théologie Biblique </em>(Éditions du Cerf&#0160;: Paris, 1970), 580-581 et 1321-1324.</span></p>