La leçon de Lady Di

<p>Marc 1.41&#0160;: <em>“Ému, il tendit la main, le toucha et dit&#0160;: Je le veux, sois pur.”</em></p>
<p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202b75195d227200c-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Lady Di” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202b75195d227200c img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202b75195d227200c-600wi” style=”width: 600px;” title=”Lady Di” /></a></p>
<p>Au risque de faire froncer quelques sourcils, je l’avoue&#0160;: j’ai toujours eu un brin d’admiration pour <strong>Lady Diana Spencer</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Non pas que la princesse au destin tragique fût irréprochable, non&#0160;; mais parce qu’elle savait d’instinct comment toucher les cœurs.</p>
<p>Je me souviens encore du service religieux organisé à Londres à l’occasion du dixième anniversaire de sa mort.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Une célébration admirable, tout à la fois solennelle, recueillie, émouvante, paisible et lumineuse.</p>
<p>L’occasion surtout, pour <strong>Richard Chartres</strong>, archevêque anglican de Londres, de nous livrer son témoignage.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Son souvenir le plus marquant&#0160;: le jour où Diana, qui n’avait encore que vingt-six ans, osa toucher <strong>un malade du sida</strong>.</p>
<p>Dicté par une profonde empathie, ce <strong>geste de compassion</strong> sans précédent du côté de la famille royale ramenait soudain un exclu au sein de la communauté des hommes.</p>
<p>Impossible de ne pas songer aussitôt au <strong>geste de Jésus</strong> à l’égard d&#39;<strong>un lépreux</strong> désespéré venu à sa rencontre.</p>
<p><strong>Un lépreux</strong>, à l’époque, c’est le paria par excellence.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Considéré comme frappé par Dieu, il est <strong>méprisé</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Défini comme impur, il est <strong>condamné à l’isolement</strong>.</p>
<p>En touchant celui dont tous restaient soigneusement à l’écart, Jésus fait deux choses&#0160;: primo, <strong>il le rassure quant à son rapport à Dieu</strong>, et secundo, <strong>il le réintègre dans la société humaine</strong>.</p>
<p><strong>Un geste hautement symbolique</strong>, qui illustre à merveille le projet du Seigneur&#0160;: <strong>s’approcher de nous</strong>, que notre péché a rendus impurs et donc infréquentables, <strong>jusqu’à s’identifier à nous</strong> pour, d’une part, <strong>nous rétablir dans l’amour de Dieu</strong> et, d’autre part, nous <strong>introduire dans une communion nouvelle</strong>, celle de tous les saints.</p>
<p>Mais <strong>un geste exemplaire aussi</strong>, qui nous invite à faire preuve, à notre tour, d’assez d’empathie et de compassion pour vouloir <strong>aller à la rencontre de ceux que le monde a abandonnés</strong> le long du chemin et leur signifier, en leur donnant la main, l’amour divin, qui brûle de les relever et les accueillir.</p>
<p>C’est Lady Di elle-même qui dit un jour&#0160;: “La maladie la plus grave, aujourd’hui, n’est ni la lèpre ni la tuberculose, mais <strong>le sentiment de ne plus compter pour personne</strong>.”</p>
<p>Des hommes et des femmes qui souffrent de ce mal, il y en a chaque jour davantage.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Non seulement “là-bas”, au loin, mais ici également.</p>
<p>Combien de temps devront-ils encore attendre avant que, émus, nous leur tendions la main et les touchions, leur apportant d’un coup réconfort et présence&#0160;?</p>