<p class=”p5″>« Tu dors avec ? »<span class=”Apple-converted-space”>  </span>C’est l’impertinente question qu’un ami, si le terme convient, me posa un jour.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Le fait est qu’il ne m’avait jamais vu autrement que soigneusement cravaté.</p>
<p class=”p4″><span class=”s1″> S’il est un accessoire qui, de tout temps, m’a valu les remarques les plus insolites, c’est bien la cravate que j’aime à porter depuis ma jeunesse.</span></p>
<p class=”p4″><span class=”s1″> D’abord, comme un dandy controuvé : ma façon dérisoire de me démarquer de mes camarades de classe.</span></p>
<p class=”p4″><span class=”s1″> Plus tard, parce que l’ornement était obligatoire si l’on souhaitait être admis en cours et obtenir son diplôme.</span></p>
<p class=”p4″><span class=”s1″> Aujourd’hui, par choix.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>C’est que je n’ai pas trouvé de moyen plus simple et agréable d’exprimer à celle ou celui que je rencontre l’immense respect que je lui dois et lui porte.</span></p>
<p class=”p4″><span class=”s1″> Tous ne comprennent pas ce parti.<span class=”Apple-converted-space”>  </span>Qu’importe, pourvu que chacun trouve sa façon de dire à l’autre sa considération.</span></p>
<p class=”p4″><span class=”s1″> Cela dit, je ne saurais nier un goût prononcé pour la cravate elle-même qui, en même temps qu’elle est message, est à peu près le seul ornement dont l’homme dispose encore pour traduire élégamment sa différence.</span></p>
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<p class=”p4″><span style=”font-size: 8pt;”><span class=”s1″>On rapporte que le père du grand Aldo Ciccolini, pianiste inspiré s’il en est, gardait sa cravate devant ses enfants car, disait-il, l’enlever « eût été leur manquer d’égards » (</span>Olivier Bellamy, <em>Dictionnaire amoureux du piano</em>, 138).</span></p>
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“C” comme Cravate