Catégorie : Méditation

  • “N’aimez pas le monde”

    <p>1 Jean 2.15(-16)*: <em>“N’aimez pas le monde ni ce qui est dans le monde.”</em></p>
    <p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202dad0c28488200d-pi” style=”display: inline;”><img alt=”N&#39;aimez pas” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202dad0c28488200d img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202dad0c28488200d-600wi” style=”width: 600px;” title=”N&#39;aimez pas” /></a></p>
    <p>Mais… dites-moi, <strong>Dieu n’a-t-il pas aimé le monde</strong>, lui? &#0160;Au point même de donner son Fils unique, afin qui quiconque croit en lui ne périsse point, mais ait la vie éternelle?</p>
    <p>Vous avez raison.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Mais le mot “<strong>monde</strong>” n’a évidemment pas le même sens ici.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Il ne renvoie pas au genre humain, qu’il nous faut aimer comme Dieu l’aime, mais à <strong>une façon de penser et d’agir contraire au vouloir de l’Être suprême</strong>.</p>
    <p>Ce ne sont donc pas des individus, mais la tournure d’esprit et le style de vie prônés par les forces hostiles à Dieu qu’en tant que chrétiens nous devons non seulement nous interdire d’aimer, mais encore apprendre à haïr.</p>
    <p>Cela dit, <strong>quelques exemples concrets</strong> de ce qu’il convient que nous rejetions nous seraient utiles.</p>
    <p>L’apôtre Jean l’a bien compris, qui, en bon praticien qu’il est, nous livre trois échantillons de ce mode de pensée et d’action qu’il sait incompatible avec la crainte de Dieu.</p>
    <p>&#0160;</p>
    <p><em>“<strong>La convoitise de la chair</strong>”</em>, d’abord.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Entendons par là l’incapacité de tenir ses inclinations naturelles en bride; la capitulation devant les exigences de ses instincts marqués au coin du mal.</p>
    <p>En ce sens, ne pas aimer le monde consistera pour nous à <strong>refuser de nous laisser dominer par nos penchants naturels</strong>, mais à les régler plutôt, dussions-nous pour cela nous traiter nous-mêmes durement.</p>
    <p><em>“Si vous vivez en vous conformant à votre nature propre</em>, avertissait déjà Paul**, <em>vous allez mourir, mais si par l’Esprit vous faites mourir les manières d’agir du corps, vous vivrez.”</em></p>
    <p>&#0160;</p>
    <p><em>“<strong>La convoitise des yeux</strong>”</em>, ensuite.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Par quoi nous comprenons un désir impérieux qui assaille non plus de l’intérieur, mais de l’extérieur: le besoin irrépressible de posséder tout ce que l’on voit.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>La tendance à se laisser séduire par l’apparence extérieure des choses sans s’inquiéter de leur valeur réelle.</p>
    <p>Ici, ne pas aimer le monde signifiera donc pour nous, <strong>non pas nous accommoder de notre cupidité naturelle, mais à la traiter, au contraire, avec la plus grande sévérité</strong>, histoire qu’elle ne fasse pas de nous ses esclaves et ne nous mène à croquer à notre tour le fruit défendu.</p>
    <p>&#0160;</p>
    <p><em>“La confiance orgueilleuse dans les biens”</em>, enfin.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Autrement dit, l’insolente satisfaction que l’on tire de sa prospérité, qui pousse à croire que l’on n’a plus besoin de se confier en Dieu et autorise que l’on parade, se pavane, se rengorge. <span class=”Apple-converted-space”>&#0160;</span></p>
    <p>Ne pas aimer le monde, cette fois, reviendra pour nous à <strong>nous interdire de fonder notre assurance sur autre chose que Dieu</strong>, mais à nous en remettre encore et toujours à lui et à sa grâce pour pourvoir amplement à tous nos vrais besoins.</p>
    <p>Et à ne jamais oublier que nous ne possédons rien que nous n’ayons reçu&#0160;.</p>
    <p>&#0160;</p>
    <p>À l’amour du monde, <strong>préférons toujours l’amour de Dieu</strong>.</p>
    <hr />
    <p>* <span style=”font-size: 8pt;”>Traduction TOB.</span> &#0160; &#0160; ** <span style=”font-size: 8pt;”>Lire Romains 8.13.</span> &#0160; &#0160; *** <span style=”font-size: 8pt;”>Relire 1 Corinthiens 4.7.</span></p>

  • L’amour

    <p style=”text-align: center;”><span style=”font-size: 18pt;”><strong>L&#39;amour </strong><span style=”font-size: 10pt;”>*</span></span></p>
    <p style=”text-align: center;”>&#0160;</p>
    <p style=”text-align: center;”><span style=”font-size: 8pt;”><em>“Il n&#39;y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis</em></span></p>
    <p style=”text-align: center;”><span style=”font-size: 8pt;”>Jean 15.13</span></p>
    <p style=”text-align: center;”>—</p>
    <p style=”text-align: center;”>&#0160;</p>
    <p style=”text-align: center;”>On ne possède pas l’amour, on le donne;</p>
    <p style=”text-align: center;”>on ne le trouve que lorsqu’on le possède.</p>
    <p style=”text-align: center;”>On se donne à l’autre mais ne lui appartient pas;</p>
    <p style=”text-align: center;”>on ne doit rien à l’autre mais lui donne tout.</p>
    <p style=”text-align: center;”>&#0160;</p>
    <p style=”text-align: center;”>L’amour n’est pas un don unique dans le temps;</p>
    <p style=”text-align: center;”>il ne vit pas de la promesse d’un jour.</p>
    <p style=”text-align: center;”>Librement, totalement, il s’offre à chaque instant,</p>
    <p style=”text-align: center;”>il se meurt s’il n’est neuf en chacun de ses gestes.</p>
    <p style=”text-align: center;”>&#0160;</p>
    <p style=”text-align: center;”>La fidélité n’est pas la permanence du don;</p>
    <p style=”text-align: center;”>elle n’est pas non plus la répétition du geste initial,</p>
    <p style=”text-align: center;”>mais le mystérieux jaillissement toujours nouveau</p>
    <p style=”text-align: center;”>que nourrit la perpétuelle découverte de l’autre.</p>
    <p style=”text-align: center;”>&#0160;</p>
    <p style=”text-align: center;”>La foi, un jour donnée, se renouvelle</p>
    <p style=”text-align: center;”>en union toujours parfaite mais jamais ultime,</p>
    <p style=”text-align: center;”>dans une recherche, sans cesse stimulée par le désir,</p>
    <p style=”text-align: center;”>des richesses insoupçonnées de son âme.</p>
    <p style=”text-align: center;”>&#0160;</p>
    <p style=”text-align: center;”>&#0160;</p>
    <p style=”text-align: center;”><span style=”font-size: 24pt;”>℘</span></p>
    <p style=”text-align: center;”>&#0160;</p>
    <p style=”text-align: center;”>&#0160;</p>
    <hr />
    <p style=”text-align: center;”><span style=”font-size: 8pt;”>Poème de Guy Appéré, extrait de <em>Jaillissements, Saisissements</em> (Éditions Grâce et Vérité)</span></p>

  • Comme il est parti

    <p>Actes 1.11b: <em>“Ce Jésus, qui vous a été enlevé pour aller au ciel, reviendra de la même manière que vous l’avez vu partir.”</em></p>
    <p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202dad0c09db6200d-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Ascension” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202dad0c09db6200d img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202dad0c09db6200d-600wi” style=”width: 600px;” title=”Ascension” /></a></p>
    <p>De toutes les fêtes chrétiennes, celle-ci est peut-être la plus discrète: “<strong>L’Ascension</strong>”.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Son message, pourtant, est de première importance et vaut à coup sûr que nous y revenions régulièrement, et pas seulement un jeudi par an.</p>
    <p>Tout est dans la parole laissée aux disciples de Jésus par deux hommes simplement décrits par Luc comme “<em>habillés en blanc</em>”.</p>
    <p>Rappelons <strong>le contexte</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Cela fait six semaines que Jésus, ressuscité, multiplie les rencontres avec ceux qu’il s’apprête à envoyer de par le monde proclamer l’heureuse nouvelle d’un salut offert gratuitement à quiconque voudra bien mettre sa foi en lui.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>L’heure de les “quitter” est arrivée.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Il les convoque sur le mont des Oliviers et c’est là que les Onze*, soudain, le voient s’élever dans les airs et disparaître, caché par une nuée.</p>
    <p>C’est alors que nos deux hommes en blanc apparaissent et, après qu’ils ont invité les disciples à cesser de scruter l’espace, leur laisse la parole qui nous occupe.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160;</span></p>
    <p><strong>Une parole importante</strong> à plus d’un titre.</p>
    <p>D’abord, <strong>elle annonce un</strong> “<strong>retour</strong>”** <strong>prochain du Christ</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; “</span><em>[Il] reviendra</em>”, affirment en chœur nos deux témoins célestes.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Ainsi <strong>notre espérance se trouve conforté</strong>e: celui qui a disparu quelque temps seulement après être revenu à la vie, <strong>notre Sauveur et Seigneur</strong>, <strong>ne manquera pas de</strong>&#0160;“<strong>reparaître</strong>”.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Alors, parce qu’il nous aura été rendu, notre bonheur, à son côté, sera sans limite.</p>
    <p>Ensuite, <strong>elle nous renseigne sur la nature précise de cet heureux événement</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Plus que du retour, il s’agira du “<strong>dévoilement</strong>”, <strong>au sens propre</strong>, <strong>de Jésus</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Car ce que nous attendons désormais est le symétrique de l’Ascension: une dissipation soudaine de cette nuée qui, jadis, le déroba à nos yeux, le lever d’un voile millénaire laissant subitement apparaître une présence qui ne nous aura jamais manqué, mais qui, jusqu’à ce moment précis, sera restée invisible.</p>
    <p>Enfin, <strong>elle nous laisse entrevoir la manière de cette sorte d’</strong>“<strong>apocalypse</strong>” <strong>christique</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Celui que nous attendons, depuis qu’il a été enlevé pour “aller au ciel”, sera vu “descendant du ciel”.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Comme lors de son premier avènement, donc, c’est “de la demeure de son Père” qu’il viendra à notre rencontre.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Plus apparent que réel, ce mouvement exprimera alors<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>son intention de nous “rejoindre” là où nous sommes pour nous entraîner et nous établir là où il est, dans le Royaume éternel de Dieu.</p>
    <p>Ceci, cependant, sera nouveau: <strong>cette ultime</strong> “<strong>épiphanie</strong>” <strong>sera infiniment glorieuse</strong>, et <strong>tous en seront les témoins</strong>, <strong>les uns éblouis</strong>, <strong>les autres atterrés</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Car, faut-il le rappeler, ce “dévoilement” final inaugurera une étape de jugement dont l’issue sera la distinction fatale entre le “blé” et la “mauvaise herbe”.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et tandis, annonce Jésus***, que <em>“les justes resplendiront comme le soleil”</em>, les impies, eux, découvriront hélas ! ce que c’est que d’être exposés sans défense à la colère divine.</p>
    <p>Puissions-nous, nous, faire partie de ceux qui attendent cet avènement avec confiance, sachant qu’il marquera pour nous le début d’<strong>un séjour nouveau, dans le royaume du Père</strong>, placé à jamais sous le signe du repos, de la paix et du bonheur&#0160;!</p>
    <hr />
    <p>* <span style=”font-size: 8pt;”>Les Douze moins Judas. &#0160; &#0160;</span> ** <span style=”font-size: 8pt;”>Je mets ce mot entre parenthèses parce qu’il pourrait nous faire accroire que Christ est « parti », qu’il n’est plus « présent » comme il l’avait promis (voir par exemple Matthieu 28.20). &#0160; &#0160;</span> *** <span style=”font-size: 8pt;”>Lire Matthieu 13.24-30, 36-43.</span></p>

  • Toujours joyeux ?

    <p>1 Thessaloniciens 5.16: <em>“Soyez toujours joyeux.”</em></p>
    <p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3b0564e200b-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Heureux” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202c8d3b0564e200b img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3b0564e200b-600wi” style=”width: 600px;” title=”Heureux” /></a></p>
    <p><strong>Étonnant, non</strong>?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Choquant même, peut-être.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Paul a-t-il donc si peu vécu qu’il ignore que l’épreuve n’est pas l’apanage des inconvertis? et que nous aussi pouvons être éprouvés au point que les larmes, plutôt que les rires, soient notre lot?</p>
    <p>Nous qui connaissons un peu l’apôtre ne pouvons le suspecter d’avoir de l’existence une vue idyllique, sans rapport aucun avec sa dure réalité.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>S’il en est un qui sait ce qu’est la souffrance c’est bien lui</strong>, dont la vie n’est qu’une succession de coups tous plus durs à encaisser les uns que les autres.</p>
    <p>Que veut-il dire alors, lorsqu’en termes on ne peut plus clairs, il nous ordonne, en même temps qu’aux Thessaloniciens: <em>“Soyez toujours joyeux”</em>?</p>
    <p>Certainement pas que nous nous imposions artificiellement d’afficher en toutes circonstances le même sourire,&#0160;à la manière d’un bouddha à l’air perpétuellement béat.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Encore moins que nous passions notre vie à rire.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Que deviendrait alors notre ressemblance à Christ, dont la Bible nous dit qu’il fut aussi un homme de douleur?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et que serait-il advenu de notre compassion, cette générosité de l’âme qui nous impose de faire nôtres les larmes de notre prochain? <span class=”Apple-converted-space”>&#0160;</span></p>
    <p>Non. Mais<strong>&#0160;</strong>plutôt<strong> que nous fassions ce qu’il faut pour qu’abonde toujours en nous ce fruit majeur de l’Esprit qu’est la</strong>&#0160;“<strong>joie chrétienne</strong>”.</p>
    <p>Par quoi nous entendons <strong>cette joie qu’a fait naître dans notre cœur le salut qui nous a été accordé</strong>, et que renouvelle en nous chaque jour, jusque dans les moments les plus difficiles de notre existence, l’Esprit de Dieu, en nous rappelant la ferme et glorieuse espérance qui est la nôtre en Jésus-Christ, l’inestimable autant qu’impérissable héritage qui nous est réservé dans le ciel.</p>
    <p>À ses amis philippiens, Paul écrit —Philippiens 4.4: <em>“<strong>Réjouissez-vous toujours</strong>”</em>, et il ajoute: <em>“<strong>dans le Seigneur</strong>!”</em></p>
    <p>La joie dont il parle est donc bien <strong>une joie dont le sujet premier et dernier est à jamais le Seigneur</strong>: <strong>sa personne</strong>, d’abord —grave et lumineuse à la fois, <strong>son œuvre</strong>, ensuite, passée, présente et à venir —parfaite et décisive.</p>
    <p>D’où l’importance, pour nous qui voulons accomplir pleinement la volonté de Dieu en étant joyeux, toujours, de <strong>retourner régulièrement à lui</strong>, Christ, <strong>source unique de la joie qui, jamais, ne meurt</strong>: à la fois pour nous laisser aller à nouveau à la contemplation recueillie de ses perfections éblouissantes, et pour prendre le temps de nous remémorer patiemment, toutes les grâces qui nous ont été accordées en lui: élection, rédemption, justification, adoption, glorification… et j’en passe&#0160;</p>
    <p><strong>Afin que</strong>, <strong>quoi qu’il nous arrive</strong>, <strong>notre joie demeure</strong>; cette joie proprement “surnaturelle” que le monde ne connaît pas, mais que l’Esprit fait resurgir en permanence en nous tous qui avons fait l’heureuse expérience de l’amour de Dieu en Christ.</p>
    <p>Nous pourrons chanter alors ces beaux couplets de César Malan*:</p>
    <p style=”padding-left: 40px;”>Je la connais cette joie excellente/ Que ton Esprit, Jésus, met dans un cœur;/ Je suis heureux, oui, mon âme est contente,/ Puisque je sais qu’en toi j’ai mon Sauveur.</p>
    <p style=”padding-left: 40px;”>Que puis-je donc désirer sur la terre,/ Puisque je suis l’objet de ton amour?/ Puisque ta grâce, ô Sauveur débonnaire,/ Dès le matin me prévient chaque jour?</p>
    <hr />
    <p>* <span style=”font-size: 8pt;”>César Malan (1787-1864), <em>Sur les Ailes de la foi</em>, 376. &#0160;Petites précisions lexicologiques : “débonnaire” et “prévient” sont des termes anciens qu&#39;il convient de traduire ici par “d&#39;une extrême bonté” et “entoure d&#39;égards”.</span></p>

  • “M’aimes-tu ?”

    <p>Jean 21.17: <em>“Il [Jésus] lui dit, la troisième fois: ‘Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu?’ […]”</em></p>
    <p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3b04152200b-pi” style=”display: inline;”><img alt=”M&#39;aimes-tu” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202c8d3b04152200b img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3b04152200b-600wi” style=”width: 600px;” title=”M&#39;aimes-tu” /></a></p>
    <p>Pourquoi revenir une troisième fois* à ce sublime échange?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Parce que le vieux pécheur que je suis éprouve à nouveau le besoin impérieux d’entendre mon Sauveur m’assurer de sa voix douce qu’il m’a pardonné?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Peut-être.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Sans doute.</p>
    <p>Mais il est une autre raison, supérieure à n’en point douter, à ce retour: le fait que <strong>je ne connais pas d’entretien qui dévoile en si peu de mots la grâce proprement éblouissante du Seigneur</strong>.</p>
    <p>Particulièrement éloquent, ici, est le fait que <strong>Jésus pose trois fois la question</strong>: <em>“Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu?”</em><span class=”Apple-converted-space”>&#0160;&#0160;</span>Pas une fois, ni deux, mais bien trois.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>Pourquoi</strong>?</p>
    <p>Jean, je crois, nous met sur la piste lorsqu’il précise qu’après que Jésus lui a demandé pour la troisième fois <em>“m’aimes-tu?”</em>, Pierre est envahi par une grande tristesse**.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Parce que, cette fois, il comprend!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>L’intention de Jésus</strong>?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Le ramener, gentiment, mais fermement, au moment sombre de son reniement coupable.</p>
    <p>Alors, lui reviennent en mémoire jusqu’aux détails les plus infimes de sa tragique défaillance.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et il est accablé…<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Naturellement accablé : comment, en effet, le souvenir brutalement ravivé de sa trahison ne le terrasserait-il pas?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Oui, <strong>Pierre comprend</strong>…</p>
    <p><strong>Sauf que</strong>, <strong>s’il avait vraiment compris le projet de son Maître, ce n’est pas la tristesse qui l’aurait envahi, mais le bonheur</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Car <strong>que fait Jésus ici</strong>, en réalité? Une chose bouleversante: en posant par trois fois la même question à Pierre, il lui offre <strong>l’occasion inespérée d’effacer à jamais son triple reniement par une triple protestation de son amour bien réel pour son Seigneur</strong>!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Parce que seuls trois “Je t’aime”, venus du fond de son cœur, étaient à même de couvrir, jusqu’à les faire définitivement oublier, ses trois malheureux “Je ne te connais pas”.</p>
    <p><strong>Ah</strong>!<strong> l’immensité de la richesse de la grâce divine</strong>!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Qui s’exprime déjà dans le projet de Jésus d’accorder à Pierre lui-même le soin d’ensevelir à jamais sa triple trahison sous une triple déclaration de son amour pour lui.</p>
    <p>Mais une grâce qui se manifeste encore lorsque <strong>tout ce que Jésus demande à Pierre est qu’il lui dise simplement</strong>: “<strong>Je t’aime</strong>”!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160;&#0160;</span>Non pas: “Simon, fils de Jonas, regrettes-tu ce que tu as fait?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Simon, fils de Jonas, promets-tu de ne jamais recommencer?”<span class=”Apple-converted-space”>&#0160;&#0160;</span>Non.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Tout cela viendra, naturellement, si l’amour est là.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Mais juste:<em> “<strong>M’aimes-tu</strong>?”</em></p>
    <p>Parce que <strong>l’amour pour lui est ce qui compte&#0160;</strong><strong>par-dessus tout</strong>.</p>
    <p>Sa manière, donc, de nous rappeler ce qu’il recherche en nous après que nous avons gravement péché contre lui: avant les regrets sincères et les solides résolutions, <strong>un cœur qui l’aime vraiment</strong>,<strong> et qui ne s’en cache pas</strong>.</p>
    <p>Amis lecteurs, qui ployez aujourd’hui sous le poids d’une lourde faute —ancienne pour les uns, récente pour les autres—, comment vous faire entendre <strong>la bonne nouvelle</strong>?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>À celui qui l’a si terriblement désappointé en le désavouant publiquement par trois fois, <strong>Jésus, finalement</strong>, <strong>ne demande qu’une chose</strong>: <em>“Simon, fils de Jonas, <strong>m’aimes-tu</strong>?”</em>…</p>
    <p>Et le dévoilement par Jésus d’une telle grâce, à jamais surabondante, nous ne nous émerveillerait pas?</p>
    <hr />
    <p>* <span style=”font-size: 8pt;”>Voir nos billets des 15 mai et 18 septembre 2022.</span> &#0160; &#0160; ** <span style=”font-size: 8pt;”>21.17: le verbe utilisé pour décrire ce qu’éprouve Pierre éprouve suggère une immense tristesse, un chagrin poignant, une affliction profonde.</span></p>

  • Accrochons-nous!

    <p>Hébreux 10.25b: <em>“[…] encourageons-nous mutuellement […] d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour.”</em></p>
    <p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3b02e1b200d-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Cyclistes” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202c8d3b02e1b200d img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3b02e1b200d-600wi” style=”width: 600px;” title=”Cyclistes” /></a></p>
    <p>Nous vivons <strong>un moment difficile</strong>?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>“Regardez, nous dit l’auteur de la Lettre aux Hébreux: les signes, tous les signes ne sont-ils pas là aujourd’hui, devant nos yeux, qui disent l’<strong>imminence du Jour par excellence</strong>, celui de la formidable apparition de Christ?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et, donc, de <strong>notre entrée dans le doux repos éternel qui nous a été promis</strong> comme prix de notre foi?</p>
    <p>”Avouez que <strong>ce serait vraiment trop bête que nous craquions maintenant</strong>, si près du but!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et que, ce faisant, nous nous privions brutalement du fruit, infiniment enviable, de tous les efforts par nous consentis jusqu’ici pour rester fidèles à notre bien-aimé Sauveur et Maître!”</p>
    <p><em>“[…] encourageons-nous</em>, donc,<em> mutuellement […] d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour.”</em></p>
    <p>L’exhortation s’adresse à nous en particulier, qui sommes tentés de tout plaquer.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Parce que les temps sont trop rudes.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Parce que Dieu nous a déçus.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Parce que notre confiance s’est brisée.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Parce que notre amour s’est usé.</p>
    <p>Mes amis, <strong>courage</strong>!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Le terme de notre course, la fin de notre épreuve est là, toute proche!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Ce n’est donc pas le moment de renoncer, de lâcher prise, de craquer!</p>
    <p>Allons! allons! <strong>encore un effort</strong>! <strong>un dernier</strong>!</p>
    <p>Et nous recevrons notre récompense: le <strong>repos</strong> —un repos céleste— et la <strong>gloire</strong> —une gloire à laquelle, nous dit Paul*, il est tout simplement impossible de comparer nos souffrances du moment présent.</p>
    <p>Certains connaissent mon goût pour le vélo.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et pour les côtes en particulier.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>D’où, en vacances, ces heures interminables passées sur les pentes alpines ou cévenoles à transpirer, souffrir, gémir!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Que de fois, tout près de défaillir, j’ai été tenté d’abandonner, de mettre pied à terre, d’expédier ma bicyclette dans le fossé et d’attendre qu’un automobiliste charitable vienne à ma rescousse!</p>
    <p>La raison pour laquelle je n’ai jamais cédé?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Toujours la même: <strong>le refus</strong>, <strong>si près du sommet</strong>, <strong>de laisser filer ma récompense</strong>: une mousse bien fraîche, savourée à petites gorgées, sous un soleil d’été redevenu tendre…</p>
    <p>Oui, amis qui me lisez, <strong>le jour de Christ est proche</strong>!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Jour de gloire, de beauté et de lumière.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Jour de délivrance, de réconfort et de paix.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Jour de joie sans mélange, jour d’ineffable félicité.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>Levons les yeux</strong>!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Son aube, déjà, commence d&#39;éclairer notre nuit et le soleil divin d’embraser notre ciel.</p>
    <p>Alors, surtout, surtout, <strong>ne mettons pas le pied à terre</strong>!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Ce n’est vraiment pas le moment.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Dressons-nous sur les pédales, au contraire, et tirons fort sur le guidon!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Serrons les dents s’il le faut et arc-boutons-nous!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et, <strong>ne cessant de nous encourager mutuellement</strong>, <strong>courons ensemble vers le pays de la gloire éternelle</strong>.</p>
    <p>Car c’est à ce prix que <strong>nous obtiendrons ce qui nous a été promis</strong> et que nous espérons depuis: <strong>une paix sans égale et un bonheur parfait</strong> dans la douce et chaleureuse présence de celui qui, ô miracle de la grâce! nous aura accueillis comme des vainqueurs.</p>
    <hr />
    <p>* <span style=”font-size: 8pt;”>Voir Romains 8.18.</span></p>

  • Pour un changement de perspective

    <p>Matthieu 5.39a: “<em>Mais moi je vous dis de ne pas résister au méchant”.</em></p>
    <p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3af0f59200b-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Perspective” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202c8d3af0f59200b img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3af0f59200b-600wi” style=”width: 600px;” title=”Perspective” /></a></p>
    <p>Plutôt inattendue, non? cette injonction de Jésus!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160;&#0160;</span>Mais est-ce vraiment la première fois que le Maître nous étonne en paraissant prendre le contre-pied de ce que nous estimions raisonnable?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Non, bien sûr.</p>
    <p>Reste à découvrir <strong>quelle leçon nous est administrée ici</strong>.</p>
    <p>Devinant notre perplexité, Jésus nous propose <strong>quatre illustrations</strong>: la gifle flanquée, la chemise réclamée, la corvée exigée et l’emprunt sollicité.</p>
    <p><strong>Quatre situations</strong> dans lesquelles chacun peut se retrouver à tout moment et qui ont ceci en commun qu’elles nous paraissent <strong>toutes</strong>,<strong> bien qu’à des degrés divers</strong>,<strong> singulièrement désagréables</strong>.</p>
    <p>Qui aime qu’on le frappe?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Ou qu’on le dépouille d’un bien?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Ou qu’on le contraigne de rendre un service?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Ou qu’on le tape de ses économies?</p>
    <p>Pas moi, en tout cas!</p>
    <p>Que n’avons-nous pas pensé, sinon dit?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>Jésus nous reprend maintenant, doucement, mais fermement</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; “</span>À qui vous frappe sur une joue, tendez l’autre!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>À qui vous demande votre chemise, donnez aussi votre manteau!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>À qui vous impose un service, offrez de lui en rendre un autre!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>À qui vous réclame un crédit, accordez-le-lui!”</p>
    <p>Comment comprendre son propos?</p>
    <p>S’agit-il pour nous, chrétiens, non seulement de nous aplatir devant l’indélicat, le fâcheux, le culotté ou l’impudent, mais encore de dépasser joyeusement son attente?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et d’encourager ainsi le projet du <em>“méchant”</em>?</p>
    <p>L’exemple de Jésus s’indignant après qu’on l’eut giflé* suffit à nous convaincre que tel n’est pas le sens de son discours ici.</p>
    <p>Quel est-il alors?</p>
    <p>N’oublions pas que <strong>le Maître s’adresse ici à ses disciples</strong> et à travers eux, <strong>à l’ensemble des croyants</strong>; à nous, donc, aussi qui, également habités par son Esprit, sommes <strong>appelés à vivre comme lui-même a vécu</strong> afin d’offrir au monde l’exemple d’<strong>un style de vie radicalement différent</strong>, préfigurant au sens premier celui qui s’imposera définitivement dans le Royaume des cieux.</p>
    <p>Et que trouvons-nous au cœur de ce comportement à la fois nouveau et prophétique?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Entre autre, l&#39;<strong>aptitude surnaturelle à faire passer le bien de l’autre</strong>,<strong> quel qu’il soit</strong>,<strong> avant le sien propre</strong>.</p>
    <p>Et à ne refuser aucun inconfort, aucune incommodité, aucun dérangement, voire aucun sacrifice susceptible de contribuer à ce bien, qu’il s’agisse de son salut, de son renouveau ou de son progrès.</p>
    <p>Ne pas toujours chercher, donc, à se protéger, soi et ses biens, mais, face à l’agresseur ou l’importun, se poser la question: <strong>quelle attitude lui opposer</strong>,<strong> la plus à même de le surprendre</strong>,<strong> l’interroger</strong>,<strong> l’éclairer</strong>,<strong> sinon le convertir</strong>?</p>
    <p>Sachant qu’il est des cas, à l’évidence nombreux, où résister s’imposera comme la meilleure manière de servir l’intérêt de l’indélicat.</p>
    <p>À nous par conséquent de <strong>demander à Dieu de nous accorder en temps utile la sagesse nécessaire pour discerner quand faire front plutôt que céder</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et de le prier de nous aider alors à résister au <em>“méchant”</em> non pour préserver à tout prix notre zone de confort, mais <strong>avec l’espoir, même ténu</strong>,<strong> que cette fermeté le dessillera sur lui-même et</strong>,<strong> qui sait</strong>?<strong> l’ouvrira à la grâce</strong>.</p>
    <hr />
    <p>*<span style=”font-size: 8pt;”>Lire Jean 18.19-23.</span></p>

  • L’agneau debout

    <p>Apocalypse 5.6: <em>“Puis je vis, au milieu du trône et des quatre êtres vivants et au milieu des anciens, un agneau debout comme offert en sacrifice</em>. <em>Il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre.”</em></p>
    <p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3ae74d2200b-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Agneau” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202c8d3ae74d2200b img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3ae74d2200b-600wi” style=”width: 600px;” title=”Agneau” /></a></p>
    <p>La scène est proprement ahurissante.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>L’on vient de nous annoncer l’avènement d’un <em>“lion”</em>*&#0160; et voici que c’est <strong>un</strong> <em>“<strong>agneau</strong>”</em> <strong>qui surgit</strong>!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>Pour figurer Jésus</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Jésus, le Christ, au moment choisi par son Père pour lui confier son “ordre de mission” pour les siècles à venir**!</p>
    <p>Un agneau, donc.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>Et quel agneau</strong>!</p>
    <p>&#0160;</p>
    <p><strong>Un agneau</strong><em> “<strong>comme offert en sacrifice</strong>”</em>&#0160;d’abord.</p>
    <p>Ainsi présenté en victime, il ne peut s’agir que de <strong>l’</strong><em>“<strong>Agneau de Dieu</strong>” </em>dont le prophète Ésaïe disait déjà*** qu’il ne protesterait pas lorsqu’on commencerait à le maltraiter, mais se laisserait blesser et briser.</p>
    <p>C’est <strong>la</strong> “<strong>brebis</strong>” <strong>qui s’est laissée clouer à la croix afin d’expier à jamais toutes nos fautes</strong> et nous replacer ainsi, définitivement, sur le chemin de la vie, celle qui ne finit pas.</p>
    <p>Cette saisissante révélation, on le voit, nous renvoie d’emblée au <strong>Christ crucifié</strong>; à celui qui a été, très précisément<em>« “comme offert en sacrifice”</em> afin que par son sang versé, nous —et tant d’autres avec nous— fussions à jamais rachetés, pardonnés, purifiés, réconciliés, justifiés et sanctifiés.</p>
    <p>&#0160;</p>
    <p><strong>Un agneau</strong> <em>“<strong>debout</strong>”</em>&#0160;ensuite.</p>
    <p><strong>Un agneau vivant</strong>, <strong>donc</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Parce qu’après avoir été offert en sacrifice, il a été <strong>ramené à la vie</strong> par la seule force capable de réaliser pareil prodige: la puissance proprement phénoménale de Dieu.</p>
    <p>Du coup, nous voici face, en même temps qu’au Crucifié, au <strong>Ressuscité</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Au Christ vivant.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et ce, afin que personne n’ignore plus que <strong>celui qui, avant-hier, était mort pour nos péchés, aujourd’hui, vit</strong>.</p>
    <p><em>“Après avoir subi tant de peines, […] mon serviteur</em> <em>jouira de la vie”,</em> avait dit le Père, avant d’ajouter: <em>“C’est lui qui fera aboutir le projet du Seigneur »</em>****&#0160; —comprenez: “qui réalisera tous ses desseins”.</p>
    <p>&#0160;</p>
    <p><strong>Un agneau portant</strong> “<em><strong>sept cornes et sept yeux</strong>”</em>&#0160;enfin.</p>
    <p>Ne cherchez pas à vous figurer l’animal!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Ces <em>“sept cornes”</em> et <em>“sept yeux”</em>&#0160;sont des symboles.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Qui nous parlent, les uns —les sept cornes— de la <strong>plénitude de puissance</strong>, et les autres —les sept yeux— de la <strong>plénitude de connaissance</strong> qui caractérisent le Christ vivant.</p>
    <p>D’où nous concluons qu’<strong>il est pleinement capable de réaliser sans peine ni faute aucune l’intégralité des projets de Dieu</strong>, qu’ils soient de salut ou de jugement.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>De sorte que <strong>le dénouement de toute chose sera parfaitement conforme au vouloir divin</strong>.</p>
    <p>&#0160;</p>
    <p>Reste pour nous à réagir devant une telle vision.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et si, suivant l’exemple donné bientôt par <em>“les quatre êtres vivants”</em> et <em>“les anciens”</em>*****, nous commencions par dire “<strong>Amen!</strong>” avant de nous prosterner nous aussi et d’adorer?</p>
    <hr />
    <p>* <span style=”font-size: 8pt;”>Voir verset 5. &#0160; &#0160;</span> ** &#0160;<span style=”font-size: 8pt;”>Voir billet du 1er janvier 2023. &#0160; &#0160;</span> *** <span style=”font-size: 8pt;”>Voir Ésaïe 53. &#0160; &#0160;</span> **** <span style=”font-size: 8pt;”>Voir Ésaïe 53. &#0160; &#0160;</span> ***** <span style=”font-size: 8pt;”>Voir verset 14.</span></p>

  • “Mon ami…”

    <p>Matthieu 26.50a: <em>“Jésus lui dit : ‘Mon ami […]’.”</em></p>
    <p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3aa75fa200c-pi” style=”display: inline;”><img alt=”Mon ami” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202c8d3aa75fa200c img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3aa75fa200c-600wi” style=”width: 600px;” title=”Mon ami” /></a></p>
    <p>À qui Jésus peut-il bien s’adresser de manière aussi tendre —<em>“Mon ami”</em>— alors qu’une foule nombreuse armée de glaives et de bâtons s’approche pour l’arrêter?</p>
    <p>À <strong>Judas</strong>!</p>
    <p>Judas, celui de ses disciples qui vient tout juste de conclure avec ses ennemis jurés le plus vil des marchés: son maître contre le prix dérisoire d’un esclave.</p>
    <p><em>“Mon ami”</em>, lui dit Jésus.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; “</span>Mon compagnon”, “mon camarade”, “<strong>mon ami</strong>”.</p>
    <p>Mais comment celui qui n’ignore rien, ni des sentiments ni des agissements des hommes peut-il s’adresser en ces termes au félon surgi des ténèbres pour lui donner le baiser de la mort?</p>
    <p>Permettez-moi d’oser suggérer ici <strong>deux hypothèses</strong> complémentaires fondées l’une et l’autre sur <strong>ce que nous croyons savoir de son </strong>“<strong>cœur</strong>”.</p>
    <p>&#0160;</p>
    <p><strong>Jésus a aimé, et il continue d’aimer son jeune élève et commensal</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et sans doute souffre-t-il terriblement de le voir, cette nuit-là, devenu à son insu l’instrument malheureux de son plus farouche ennemi.</p>
    <p>Trois ans de compagnonnage auraient dû convaincre l’Iscariot non seulement de placer sa confiance en son maître, mais encore de s’abandonner entièrement à son infinie miséricorde.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Comme ses camarades.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Ce ne fut pas le cas.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et l’on ne peut pas ne pas percevoir dans le <em>“Mon ami”</em>&#0160;de Jésus u<strong>n trouble profond</strong>, <strong>une peine immense</strong>, en même temps qu’<strong>une pitié douloureuse</strong>.</p>
    <p>Ma prière: qu’aucun d’entre nous, qui avons été appelés et enseignés par lui, ne l’afflige jamais pareillement en se détournant de lui!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>Ne péchons pas, nous, contre l’amour dont nous avons été et sommes toujours aimés</strong>!</p>
    <p>&#0160;</p>
    <p><strong>Jésus espère contre toute espérance que cette adresse tellement affectueuse</strong> —<em>“<strong>Mon ami</strong>”</em>— <strong>ravagera la conscience de Judas</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et qu’après qu’il aura fondu en larmes amères, il se repentira.</p>
    <p>Mystère d’un Dieu qui sait et, pourtant, voudrait croire encore!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>Parce qu’il est amour et que l’amour</strong>… <strong>espère tout</strong>.</p>
    <p>Judas ne se reprendra pas, hélas!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et plutôt que de saisir la grâce offerte, il se laissera dévorer par les remords et mettra fin à ses jours.</p>
    <p>Mais <strong>revenons au </strong>“<strong>cœur</strong>”<strong> de Jésus</strong> tel qu’il se donne à voir en cette funeste circonstance.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>Un cœur si grand qu’il ne peut se résoudre à abandonner ceux qui ont marché un temps avec lui à leur égarement malheureux</strong>.</p>
    <p>Une leçon pour nous.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Il peut arriver que nous aussi trahissions notre maître.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>En le reniant par exemple, comme Pierre dans la cour du grand-prêtre. Et que notre conscience, bientôt, nous tourmente au point de nous faire perdre tout espoir de salut.</p>
    <p>Plutôt que de sombrer alors dans une déréliction extrême, <strong>tendons l’oreille et entendons Jésus nous souffler doucement, tendrement</strong>: <em>“<strong>Mon ami</strong>”</em>…</p>
    <p>Parce que son amour pour nous, lui, n’a pas varié et que son bonheur le plus grand serait de pouvoir effacer dans l’instant notre infidélité.</p>
    <p><strong>À condition qu’à sa question:</strong> <em>“<strong>M’aimes-tu?</strong>”</em>, <strong>nous répondions</strong> comme Pierre sur les rives du lac de Tibériade: <em>“<strong>Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t’aime</strong>”</em>.</p>

  • Leçon d’un pique-nique

    <p>Luc 9.13, 14, 16-17: <em>“Mais Jésus leur dit: ‘Donnez-leur vous-mêmes à manger!’ […] il y avait environ 5000 hommes.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>[…]<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux vers le ciel et les bénit.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Puis il les rompit et les donna à ses disciples afin qu’ils les distribuent à la foule.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient.”</em></p>
    <p><a class=”asset-img-link” href=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3a97aaf200b-pi” style=”display: inline;”><img alt=”5 pains 2 poissons” class=”asset asset-image at-xid-6a00d834520cc969e202c8d3a97aaf200b img-responsive” src=”https://appaul.typepad.com/.a/6a00d834520cc969e202c8d3a97aaf200b-600wi” style=”width: 600px;” title=”5 pains 2 poissons” /></a></p>
    <p>La fonction du miracle, dans les évangiles en particulier, est de mettre en lumière celles des perfections divines qui nous ont été données à découvrir en Jésus.</p>
    <p>Outre sa toute-puissance, la multiplication des pains et des poissons par Jésus, nous dévoile trois qualités parmi les plus émouvantes de Dieu.</p>
    <p>&#0160;</p>
    <p>Sa <strong>compassion</strong>, d’abord.</p>
    <p>Alors qu’au terme d’une nouvelle journée épuisante, le jour commence à baisser, les disciples proposent à Jésus de le débarrasser d’une foule devenue encombrante. &#0160;L’on s’attend à ce que Jésus les remercie de se soucier comme ils le font de son bien-être —et du leur, probablement, par la même occasion.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et c’est le moment qu’il choisit pour les inviter à se préparer à nourrir son auditoire!</p>
    <p>Pourquoi?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Parce qu’ils doivent savoir que <strong>le bien-être des hommes lui importera toujours davantage que son propre confort</strong>.</p>
    <p>Aussi, sensible aux besoins immédiats de ceux qui l’entourent plutôt qu’aux siens, choisit-il ici de renoncer à un repos pourtant bien mérité pour restaurer une multitude.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et ce faisant,<strong> il témoigne clairement de cette immense compassion caractéristique de l’être divin</strong> dont nous profitons chaque jour largement.</p>
    <p>&#0160;</p>
    <p>Sa <strong>bonté</strong>, ensuite.</p>
    <p>Jésus a-t-il besoin de ses disciples pour apaiser la faim qui tenaille désormais ces milliers d’hommes, de femmes et d’enfants se pressant autour de lui?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Non, bien sûr.</p>
    <p>Il les convoque pourtant pour <strong>faire d’eux ses collaborateur</strong>s. &#0160;C’est eux qui lui fourniront les premiers éléments du gigantesque pique-nique qu’il s’apprête à offrir à la foule restée avec lui. &#0160;C’est eux encore qui veilleront à ce que chacun soit en place pour recevoir son casse-croûte. &#0160;C’est eux enfin qui feront passer les pains et les poissons dans les rangs.</p>
    <p>En agissant ainsi, <strong>Jésus nous éclaire sur une intention bienveillante propre à Dieu : nous associer, nous, serviteurs inutiles, à son œuvre de grâce</strong> pour que nous en partagions non seulement les peines, mais encore, et surtout, les joies.</p>
    <p>&#0160;</p>
    <p>Sa <strong>générosité</strong>, enfin.</p>
    <p><em>“Douze paniers”</em> de restes !<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Jésus ne sait-il pas compter?<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Ou n’a-t-il n’a jamais entendu parler de l’objectif “Zéro déchet”? &#0160;Un petit “en-cas” suffisait à coup sûr à calmer l’appétit de la multitude.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>Et l’on aurait pu se passer des corbeilles.</p>
    <p><strong>Mais Jésus n’est pas du genre à mesurer ses dons</strong>.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>C’est décidé!<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span>La nourriture qu’il produit sera si abondante que tous seront repus et qu’il y aura des restes à ne pas savoir qu’en faire.</p>
    <p>Par ce geste, Jésus dévoile pour nous cette autre vertu divine qui, si souvent déjà, nous a confondus: <strong>la générosité</strong>. &#0160;<em>“Tu fais déborder ma coupe”</em>, chantait déjà le psalmiste*.<span class=”Apple-converted-space”>&#0160; </span><strong>Notre Dieu est un Dieu qui aime à donner</strong>, donner encore, donner toujours, et si <strong>largement</strong>, qu’une fois comblés nous-mêmes, nous pouvons donner aux autres de notre surabondance.</p>
    <p>Quel Dieu merveilleux nous avons!</p>
    <hr />
    <p>* <span style=”font-size: 8pt;”>Psaume 23.5.</span></p>